‹ Chinoiseries, turqueries et autres maroquinadesChapitre 2 sur 4 · LES BIENFAITS DE LA CIVILISATION EN CHINE · texte numérisé non relu

LES BIENFAITS DE LA CIVILISATION EN CHINE

l’empereur de la chine. — Ali! mon Dieu ! comme les voilà fagotées, mes sujettes! Quels diables de jupons ! Que c’est donc laid la civilisation !

— La civilisation interdit aux Chinois de manger désormais du chien !

— La belle avance, si la civilisation leur apprend à manger du chat.

— Mon brave Chinois, je viens te souhaiter la bonne année de la part de ton portier, ton facteur, ton frotteur, ton porteur d’eau , etc., etc. C’est moi qui touche pour eux cette année-ci.

l empereur de la chine. — Quelle horreur! Que signifie ce marécage sur la place de mon palais?

— Sire, c’est une importation d'Europe; vous jouissez des bienfaits du macadam.

— Votre majesté congédie son coiffeur?

— Oui, mon ami, oui, il y a monsieur qui me fait la queue 1

l’empereur de la chine. — Vous m’avez construit une Bourse. Où est l’entrée? où est la sortie?

l’architecte.— C’est bien simple: là où vous voyez les mains pleines, c’est l’entrée; là où vous voyez les mains vides, c’est la sortie.

— La civilisation ne m’imposera jamais cet instrument-là! Rendez-moi mon tam-tam! Rendez-moi mon tam-tam !

l’empereur de la chine. — Vingt-cinq mille œufs d’autruche ! Qu'esl-ce que cela signifie? La moitié de ma bonne ville de Pékin qui brûle!

— Sire, la civilisation vient de doter la Chine d’allumettes chimiques; votre capitale jouit des résultats de ce bienfait.

Legrand-vizir envoyant chercher le docteur Dancel pour savoir s’il ne pourrait pas, grâce a son procédé, faire maigrir le budget turc.

L’état des finances turques amenant tôt ou tard une catastrophe.

Offrant une tirelire à la sultane favorite pour essayer de lui donner le goût de l’économie.

— Allons, pas moyen de faire des économies au sérail... Voilà que cette année nous allons être ruinés en frais de nourrices !

— Saprelote ! cette note là est encore plus forte que toutes les autres. Qui est-ce qui a dépensé cela?,

— C’est la dépense de l’économe du sérail.

— Comment ! c’est encore pour faire des économies que je vous surprends avec un militaire?

— Oui, j’apprends à fumer le caporal; c’est meilleur marché.

—Sultane, le grand séraskier vous prie d’économiser la bougie.

— Tiens, c’est juste; moi qui oubliais d’utiliser l’autre bout. Je vais maintenant l’allumer par les deux bouts , ce sera bienjplus économique !

— Vous ne craignez pas de laisser ainsi la clef à votre porte?

— Ma foi non! je n’ai pas le sou chez moi.

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