LE CRANE PEUT-IL CÉDER A L'ACTION CONSTANTE DE LA VOLONTÉ
Pour nous, cela ne fait pas de doute.
Au moyen de cet aspir et de ce respir continuels, l'électricité attirée par les pointes des cheveux et des cils, et pénétrant par les tubes capillaires et la porosité du diploé , peut, lorsqu'elle est appelée plus spécialement sur un organe ou le lobe qui le représente, par la volonté qui est le principal mobile, la force la plus efficace du corps humain, faire céder le crâne à cette action continuelle et puissante ; car si l'on peut nier la force d'impulsion du cerveau , il est impossible de nier celle de l'électricité dont nous avons la preuve tous les jours.
Et alors se trouve expliqué le développement de certaines parties du crâne excitées par l'exercice ; développement naturel, et que l'on remarque dans les muscles du bras exercés par un travail manuel de tous les jours. Nous concevons que le cerveau ne prenne pas un développement comme les muscles qui sont destinés à agir.
Que l'électricité, attirée plus fréquemment vers un point du crâne, laisse, en le développant, des traces de son passage continuel, cela peut et cela doit être;
la matière doit agir, mais le cerveau qui est le siège de Fâme, partie immatérielle de l'homme, ne subit pas les mêmes lois : l'intelligence n'agit pas, elle fait agir ; elle ne s'use pas, c'est le corps qui s'use ; elle pense et laisse à ses agents le soin d'exécuter sa pensée ; elle reste entière, calme, immuable ; et c'est ainsi que nous devons nous représenter la puissance divine dont elle est un reflet, une image.
Seulement, selon les décisions mystérieuses de la Providence, elle rayonne plus ou moins, et de ces rayonnements divers jaillissent des aptitudes inégales, qui occasionnent un appel plus ou moins abondant du fluide céleste, et l'aptitude est plus ou moins grande, selon que le fluide se précipite avec plus ou moins d'énergie.
Les adversaires de la phrénologie et des sciences occultes ont beau faire, ils perdent du terrain chaque jour. Ils ont pour eux les paradoxes, et Dieu sait s'ils en usent; mais ils ont contre eux la preuve. Une science plus ou moins clairement expliquée est incontestable, lorsqu'elle s'appuie sur des faits sans cesse renouvelés, et la phrénologie en est là maintenant; mais les douteurs quand même sont nécessaires. Ils sont ce que l'ombre est au soleil. Par cela même qu'elle ne la reçoit pas, elle prouve la lumière.