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Fénelon, Œuvres philosophiques, t. II

Quand le sommeil ferme les yeux du corps, le cerveau cesse de penser. C'est toujours ce principe unique, subdivisé à l'infini, qui les vivifie l'un et l'autre.

La lumière (mouvement), en pénétrant en nous, fait rayonner notre personnalité, comme le soleil fait rayonner les parfums divers du calice des diverses fleurs, et en même temps elle aspim par la vue, par le toucher, par les cinq sens enfin, les sensations qu'elle prend au monde qui l'entoure et qui mettent en mouvement, selon leurs propriétés et leurs vertus, les touches correspondantes du clavier du cerveau ; et, en échange des sensations, elle respire à l'aide de la parole, des yeux et du geste, des idées qui, semblables à des notes, sont plus ou moins mélodieuses, plus ou moins énergiques, plus ou moins sonores, selon la perfection plus ou moins grande de l'instrument qui les fait vibrer. Cet aspir et ce respir sont donc toujours enharmonie avec notre personnalité.

Nous reviendrons plusieurs fois sur ce sujet; voyons si Bichat et les physiologistes admettent ce principe vital.

« Il y a un organe, dit Bichat, où siège la cause du sentiment; cet organe transmet au cerveau les modifications qu'il éprouve dans ses forces vitales, mais nous ignorons complètement le moyen de communication de l'un avec l'autre l. »

Selon nous, le moyen de communication c'est la lumière.

i. Bichat, p. 172. Anatomie générale (1801).

Mais où Bichat plaçait-il cet organe, cause du sentiment, qui transmet les modifications qu'il éprouve au cerveau , qui les transmettra à son tour au grand sympathique ?

« Le siège des sensations, dit Mûller, n'est ni dans les nerfs qui portent au cerveau les courants du système nerveux nécessaires pour les produire, ni dans la moelle épinière, qui n'a non plus d'autre rôle que de conduire ces effets au sensorium commune '. »

Mais, encore une fois, où le place-t-on, et qu'est-ce que ce sensorium commune?

« Le sensorium commune est la partie du cerveau soumise aux opérations de l'âme2. »

Et l'âme?

L'âme est, sans aucun doute, la cause du sentiment dont parle Bichat. Selon nous, la lumière.

« Les idées, dit Charles Bonnet, ne sont que des vibrations, des changements survenus en nous par une impression extérieure, transmise par les nerfs aux fibres cérébrales3. »

Nous prenons note de cette impression extérieure; et maintenant quelle est cette vibration? Qu'est-ce qui vibre? la lumière, n'est-ce pas? Elle vibre par une impression extérieure. Eh bien ! la lumière, c'est le mouvement, c'est la vie ; la lumière, c'est la parcelle divine qui

i. Mûller, page 696. Physiologie.

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