NOTRE SYSTÈME
Après ce préambule, qu'on nous permette de résumer un peu et de nous répéter, par conséquent, pour nous faire mieux comprendre.
La lumière nous l'avons vu, est la grande chaîne sympathique qui lie entre eux tous les mondes, et l'homme par conséquent.
Selon les kabbalistes, il y a trois mondes. INous en trouvons le symbole dans les mains; nous l'avons trouvé dans la chirognomonie, nous le retrouverons tout à l'heure dans la phrénologie et dans la physiognomonie.
Il y a trois personnes en nous : le mens, le corps sidéral, le corps matériel.
Le corps matériel est le seul qui soit pour nous certain, palpable.
Les autres corps sont nécessairement, du moment qu'on les admet en parfaite analogie avec le corps matériel.
*Le corps matériel respire ; donc les autres respirent aussi.
Chacun d'eux a sa respiration particulière.
Le mens aspire et respire par les cils, les cheveux, les mains et les pieds.
1. Il est bien entendu (et ceci est dit ponr les étrangers) que nous vent toujours dire je, et que notre système ici, c'est mon système.
Le corps astral aspire et respire par le nombril et les parties génitales.
Nous savons comment respire le corps matériel.
De ces respirations diverses, nous donnerons encore des probabilités, sinon des preuves, à notre article sur la phrénologie, afin de ne pas fatiguer maintenant le lecteur.
La communication directe des nerfs avec le cerveau se fait , on le sait , par l'intermédiaire des nerfs cérébraux.
C'est par les nerfs que les mains (esclaves de la pensée) communiquent directement avec le cerveau.
L'aspir céleste, émission, vibration ou fluide, arrive donc aux mains (puisque nous nous occupons de chiromancie), y porte l'influence extérieure et en rejette les impressions comme un miroir qui reçoit et réfléchit presque en même temps la lumière du soleil ; c'est un aspir et un respir, un échange, une conversation spontanée, car si les idées dorment confuses en nous, elles ont besoin, pour s'élancer du chaos, d'un motif, d'une cause apportés par le son, la vue ou le toucher, les sens enfin, comme le feu a besoin du choc de l'acier pour jaillir du caillou.
Si le fluide ou la vibration (nous adoptons le mot fluide), si donc le fluide n'éprouve aucun obstacle, il vole directement au cerveau, et l'impression est spontanée.
C'est ce qui arrive lorsque les doigts pointus à l'extrémité appellent l'électricité comme les pointes aimantées
des paratonnerres.
Si les doigts pointus sont lisses et offrent ainsi un conduit facile et sans obstacle, l'impression est immédiate.
De là viennent les inspirations hautes, les illuminations, les inventions parties du ciel sans s'allier, vu leur spontanéité, à un mélange terrestre.
Les voyants, les inventeurs métaphysiques, les rêveurs, les poètes, ont les doigts pointus.
Mais comme rien n'est parfait sur la terre, comme le bien crée le mal qui n'existerait pas sans le bien, comme la lumière crée l'ombre qui n'existe pas sans la lumière, la lumière divine a besoin, vu l'imperfection de nos organes, d'être contre-balancée par la raison humaine ; il faut que les inspirations soient contrôlées par la logique ; il faut que l'humanité pose l'empreinte de son cachet sur les impulsions venues d'en haut, parce que l'homme ne peut être un Dieu ni un ange, et que ce qui doit habiter la terre doit porter la livrée de la terre.
Aussi les doigts lisses et pointus ont-ils des extases qui ne sont pas en rapport avec leur corps terrestre ; ils sont, lorsque la logique leur manque, tout excès; ils ne vivent pas avec les hommes, ils sont poètes, portés au lyrisme, et s'ils ont les qualités des poètes, ils en ont les défauts ; ils sont exagérés, quelquefois menteurs , parce qu'ils croient avoir vu ce qu'ils racontent ; leurs mouvements mêmes, par suite de l'harmonie entre le physique et le moral, sont en rapport avec l'exagération de leur esprit ; ils posent et se manièrent.
Mais aussi ce sont les doigts pointus et lisses qui donnent les prêtres à extase , les vrais croyants, les gens
convaincus, les prédicateurs sublimes, car là ils sont dans leur rôle, ils sont l'intermédiaire entre la terre et le ciel. Ce sont eux qui nous ont donné les poètes inspirés: Milton, Shakspeare, Schiller, Goethe, Swedenborg, Chateaubriand, Victor Hugo, George Sand.
Le doigt carré, par sa forme large, arrête un moment le fluide et laisse à la partie sublime de l'humanité, la raison, le temps de peser les inspirations et de les comprendre. Aussi les doigts carrés et lisses représentent-ils le monde abstractif dans l'art et la poésie. Molière, Regnard, La Fontaine, Voltaire, le Poussin, Louis XIV, Turenne, Vauban, avaient les doigts carrés.
Les doigts spatules, par leur largeur offrent un obstacle plus grand encore.
Non-seulement ici le raisonnement apporte ses lumières, mais dans le débat l'humanité a l'avantage, la matière l'emporte sur la pensée.
Cependant, si les doigts soit pointus, soit carrés, soit en spatule, sont sans nœuds, le fluide reprend son cours sans obstacle, comme un fleuve qui traverse une plaine, et alors l'impressionnabilité est toujours vive, seulement à des degrés différents.
« Les doigts sans nœuds, dit M. d'Arpentigny, portent en eux le germe des arts. Si positif que soit le but vers lequel leur intérêt les pousse, ils procéderont toujours par l'inspiration plutôt que par le raisonnement, par la fantaisie et le sentiment plutôt que par la connaissance. »
Ajoutons, cependant, qu'outre la différence des instincts qui résultent de leurs formes pointues, carrées ou en
spatule, la longueur plus ou moins grande des doigts viendra encore introduire une modification.
Les mains courtes, chez lesquelles le fluide a inoins d'espace à parcourir, ne verront que les masses; les doigts longs, à travers lesquels le fluide circule plus longtemps, s'occuperont principalement des détails.
Et remarquez que, dans notre système, nous ne sommes nullement en désaccord avec la médecine, puisque Millier, dans sa physiologie, après avoir parlé de la rapidité d'action du fluide impondérable, ajoute :
« On regarde comme très-probable que la rapidité de l'action nerveuse varie suivant les régions du système nerveux, ou même selon les individus, comme le prouve le résultat des expériences communiquées à rassemblée générale des naturalistes, à Heidelberg. par Treviranus, et Nicolaï, directeur de l'Observatoire de Mannheim1. »
Cela seul suffirait pour donner raison à la plus ou moins grande rapidité de l'infiltration du principe impondérable favorisée ou retardée par les doigts pointus ou spatules.
Ainsi, les hommes à doigts pointus et lisses seront poètes, artistes, aptes à l'inspiration, à la divination même : il- seront amants des beaux-arts, ils auront le goût de la forme et de l'élégance.
Dans la vie. toujours entraînés du côté du roman, ils seront poètes, artistes d'imagination: mais ils ne prendront jamais pour guide la vérité ou la nature. lisseront
t. Minier, Physiologie, page 581.
enthousiastes, et, tout en voulant et croyant être sincères, ils habilleront la vérité; ils auront du goût, mais jusqu'à la recherche, et en arriveront parfois à la manière, mais souvent de bonne foi et sans s'en douter.
En un mot, ils ne vivront pas de la vie réelle.
Les gens à doigts lisses et carrés auront le goût des sciences morales, politiques, sociales, philosophiques. Ils aimeront les arts à cause des doigts lisses, mais plutôt les arts basés sur la nature et la. vérité que sur l'imagination ; ils auront l'amour de la forme littéraire, du rhythme, de la symétrie, de l'arrangement; ils auront des vues plutôt justes que grandes, le génie des affaires,-des idées positives, l'esprit de conduite ; ils auront peu d'enthousiasme, à cause des instincts raisonnables de la forme carrée; mais ils auront l'inspiration, à cause des doigts lisses, et alors elle sera toujours accompagnée de la raison. Ces gens, dans l'excellence de leur type, seront ce qu'on appelle des hommes forts.
Les gens à doigts spatules et lisses aimeront les choses par le côté utile et physiquement sensible ; ils auront l'intelligence instinctive de la vie réelle, et le besoin impérieux de mouvement et d'activité, d'agitation corporelle, de locomotion et très-généralement d'occupations manuelles ; ils aimeront les chevaux, les chiens, la chasse, la navigation, la guerre, l'agriculture, le commerce, le génie du calcul, des arts mécaniques, l'administration, le droit, le positivisme.
M. d'Arpentigny dit :
« La confiance qu'ont en eux les hommes aux doigts
spatules est extrême ; l'abondance est leur but. Ils possèdent d'instinct et au plus haut degré le sentiment de la vie positive, et ils régnent par l'intelligence qu'ils en ont sur le monde des choses et des intérêts matériels. Voués au travail manuel, à l'action, et doués par conséquent de sens plus actifs que délicats, la constance en amour leur est plus facile qu'aux cœurs tournés vers la poésie, et qu'influence plus que le devoir et l'habitude, l'attrait charmant de la jeunesse et de la beauté. »
Parles doigts lisses, ils auront la passion, l'inspiration, l'instinct ; ils aimeront et mettront le mouvement dans l'art, soit peinture, soit musique, soit littérature; mais leurs œuvres brilleront plus par l'adresse que par l'âme ; ils entendront les affaires et seront sujets à l'égoïsme.
Tous les doigts lisses : pointus, carrés ou en spatule, jugent les hommes et les choses par l'inspiration et à première vue; leur première idée est toujours la meilleure (en rapport avec la puissance de leurs facultés) ; la réflexion ne leur donne rien ; ils sentent, ils devinent d'intuition.
Mais, à cause de ces qualités spontanées, l'ordre manquera à ces trois genres, avec les doigts lisses et à cause des doigts lisses, à des degrés différents.
Les doigts pointus n'auront pas d'ordre.
Les doigts carrés aimeront le spectacle de l'ordre, mais n'auront pas d'ordre ; ils rangeront pour l'œil, mais il ne faudra pas regarder dans leurs armoires.
Les doigts spatules feront un compromis entre l'ordre et le spectacle de l'ordre; ils rangeront quand ils auront
le temps, souvent par amour ou besoin de mouvement.
En peinture, les doigts pointas donneront Raphaël, Pérugin, Fiesole, Gorrége, et les peintres d'imagination.
Les doigts carrés donneront Holbein, Albert Durer, le Poussin, Léopolcl Robert, et les peintres vrais.
Les doigts spatules donneront Rubens, Rembrandt, Jordaens, et les Flamands, peintres matériels de figures charnues.