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TUMEURS ORGANISÉES

Les tumeurs organisées sont produites par. une véritable végétation, soit que celle-ci s’élève des tissus mêmes, soit qu’elle provienne de leurs interstices. Cette végétation est de bonne ou de mauvaise nature. Dans ce dernier cas, la tumeur tend à dégénérer ou à se décomposer, comme quelques champignons, c’est-à-dire qu’au bout d’un certain temps elle tombe en putrilage et donne lieu à une absorption qui infecte toute l’économie. Les tumeurs de bonne nature reproduisent certains tissus normaux, comme les tissus cellulaire, fibreux, graisseux, osseux, vasculaire. Elles n’occasionnent d’autres troubles que ceux qui résultent de leur volume et de leur poids. On peut les enlever impunément sans crainte de récidivé. 11 n’en est pas de même des tumeurs de mauvaise nature, comme les cancers.

Cancer.

Le cancer peut être considéré comme une véritable hydre qui envahit et ronge les parties où il se développe. 11 se présente sous deux formes : à l’état mou ou médullaire ; à l’étal dur ou squirreux. Ce qui le caractérise, ce sont les douleurs lancinantes dont il est traversé. Le cancer dur ou squirreux peut rester stationnaire quand aucune cause ne vient l’irriter. C’est une raison de le laisser tranquille et de s’abstenir des moyens résolutifs, tels que les onguents, avec lesquels on tente vainement de le faire disparaître. Le cancer mou exige plus de précautions encore, parce que, d’une consistance moindre, il est plus sujet à se décomposer. Nous nous sommes déjà expliqué sur la nature de cette terrible maladie (page 25). Les personnes qui ont le malheur de porter un cancer doivent bien se persuader qu’en se soumettant à l’opération elles sont loin d’être garanties contre la récidive, et que mieux vaut porter le mal que de s’exposer à le voir reparaître dans une région où il peut être plus nuisible que dans celle où il a été extirpé. Une longue expérience nous a démontré qu’il est infiniment plus avantageux de s’en tenir à de

simples palliatifs, en écartant de la tumeur toute cause d’irritation, et en la dégorgeant de temps à autre par les sangsues. Le cancer est dû à un état morbide général : de là sa tendance à se reproduire. Malheureusement l’art n’est pas parvenu à neutraliser cette disposition ou à la combattre.

Tubercules.

Les tubercules constituent des productions morbides dues à des matières non transformées ou crues, qui infiltrent les tissus ou s’y déposent en masses plus ou moins considérables. On les observe chez les personnes d’une constitution molle ou lymphatique. Dans les villes, surtout dans les centres manufacturiers, ces champs de bataille où se déciment les populations modernes, les tubercules tendent singulièrement à se multiplier. C’est là en effet que se réunissent toutes les causes de dégénération.

C’est aux tubercules qu’est due la phthisie pulmonaire. Ils peuvent envahir d’autres organes que les poumons, et donner lieu à la même fièvre de consomption. Les os en sont particulièrement atteints.

Le germe des tubercules, pas plus que celui du cancer, ne peut être extirpé. Cependant, en observant les prescriptions de l’hygiène, on diminuera la fréquence. Quand on réfléchit à la manière de vivre des classes inférieures, on n’est pas surpris de la détérioration croissante qu’elles présentent. Tout, en effet, conspire contre elles : Absence d’air et de lumière, habitations humides ou infectes, nourriture insuffisante ou malsaine, fatigues précoces, débauches, etc. Il faut espérer que les efforts du gouvernement et des communes parviendront à diminuer cette lèpre qui fait la honte de notre société. (Voir la Diététique et la Thérapeutique.)

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