DE L’OPÉRATEUR
Le chirurgien a un rôle important à remplir avant, pendant et après l’opération. Avant, il doit préparer le moral du malade, l’encourager par sa propre tranquillité et par l’espoir d’une prompte guérison. Tout à tous, il donne les instructions à ses aides, leur assigne à chacun leur poste, et s’assure que rien ne manque à l’appareil opératoire. C’est un général qui se prépare à l’action et se ménage par tous les moyens une bonne réussite. Avant de commencer, il a donc dû tout prévoir.
Pendant l’opération, il faut qu’il règne autour de lui un silence absolu. Sa voix doit être seule entendue. Son commandement est bref et obéi aussitôt. Si, pour des circonstances particulières, le malade n’a pu être chloroformé, l’opérateur le soutient par des paroles à la fois fermes et consolantes, ou, s’il est pusillanime, il lui impose par une certaine dureté. Mais cette dureté n’est que dans l’apparence. Une douce aménité y succède bientôt.
Parlerons-nous maintenant du sang-froid du chirurgien, de la rapidité avec laquelle il sait parer à tous les accidents, de la décence de sa tenue, de l’élégance et de la précision de ses mouvements, de sa main dont nulle agitation ne trahit l’incertitude ou la crainte? On pourrait croire que c’est là un portrait idéal ; et cependant telles sont les qualités que tout chirurgien doit posséder.
Un proverbe latin dit que les opérations doivent être conduites tnt o et jucitncle. On a objecté que c’était scit cito si sat b ne. Nous dirons à notre tour qu’il y a un moyen terme. Certes, nous ne priserions pas un chirurgien qui aurait l’air