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DE L’OPÉRATEUR

d’agir comme en tâtonnant. La lenteur pourrait bien être de l’incertitude. Certaines opérations exigent une grande prudence; mais celle-ci n’exclut pas la précision. Ce qui serait fatal, ce serait le manque de sang-froid ou l’inadvertance. La responsabilité de l’opérateur se conçoit, du reste, quand on songe que la vie du malade est au bout de son bistouri.

L’opération terminée, le sang arrêté par la ligature ou la torsion des artères, la plaie bien lavée et délergée, le chirurgien procède au pansement d’une main légère, afin de n’occasionner aucune douleur. Il fait ensuite transporter l’opéré dans son lit, et lui administre une potion calmante. S’il y a eu beaucoup de sang perdu, il donne quelques excitants, avec mesure, en attendant que le régime puisse réparer ces pertes. Pendant les premiers jours qui suivent l’opération, le malade doit être maintenu dans une tranquillité morale et physique absolue.

Trop souvent des visites et des félicitations inopportunes donnent lieu à une excitation nuisible. 11 ne faut pas perdre de vue que toute opération est suivie d’une fièvre qui, au delà de certaines limites, se traduit en inflammations graves.

Le régime de l’opéré doit être rafraîchissant et n’exigeant pas de digestions complètes. Des bouillies, des laitages, des fruits bien cuits, de l’eau bien pure ou du vin coupé en feront la base. Plus tard, on arrive aux albumineux et aux viandes blanches. Les goûts particuliers du patient peuvent être satisfaits, quand ils ne sont pas de nature à nuire. On remarque, en effet, que les aliments les plus appétés sont le plus facilement assimilés.

Il est nécessaire que le blessé reste isolé tant que la plaie n’a pas bourgeonné. Avant ce temps, les vaisseaux, n’étant pas entièrement fermés, peuvent donner lieu à des absorptions extrêmement dangereuses. Il faut également empêcher le pus de stagner, et pour cela donner à la plaie une position déclive et humecter de temps en temps les pièces du pansement d’eau tiède chlorurée. Le moignon reposera sur un coussin garni de taffetas gommé, afin que les liquides ne pénètrent point la literie. De préférence, il faut employer pour le premier pansement des bandes de flanelle comme étant plus élastiques et conservant mieux la chaleur. On enveloppera le moignon d’une vessie de porc

malaxée dans de l’huile, et dans le fond de laquelle sera placée une éponge qu’on aura soin d’exprimer quand elle sera imbibée et qu’on lavera chaque fois dans de l’eau vinaigrée.

Grâce à ces précautions, on préviendra l’inflammation du moignon ou de ses vaisseaux.

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