‹ ChirurgieChapitre 27 sur 48 · OPÉRATION DU TRÉPAN · texte numérisé non relu

OPÉRATION DU TRÉPAN

du pus, etc. On distingue le trépan primitif et le consécutif, c’est-à-dire celui qu’on pratique au moment même de l’accident, et celui institué quand les symptômes de compression se sont déclarés. Quant à ces symptômes, ce sont ceux de l’apoplexie, tels que la perte de connaissance, un état stertoreux ou une respiration profonde avec ronflement, la lenteur et la dureté du pouls, etc.

Quand la compression a été produite primitivement, par une esquille, un épanchement circonscrit, on peut tout espérer du résultat de l’opération, surtout si le cerveau n’a pas été atteint. En enlevant le corps étranger, le malade revient à luimême, et les symptômes graves ne tardent pas à disparaître. Nous citerons ici le cas d’une femme qui avait une large perforation de l’os frontal. Lorsqu’à travers cette ouverture on comprimait le cerveau, la malade tombait dans un assoupissement profond. Elle s’arrêtait au milieu d’une phrase, d’un mot. Quand on cessait de comprimer, elle reprenait la conversation, sans avoir aucune connaissance de l’expérience à laquelle on venait de la soumettre. Quand elle dormait paisiblement, on voyait le cerveau s’affaisser. Si elle s’animait et parlait avec chaleur, l’organe éprouvait une turgescence et des oscillations très-prononcées. Cette observation extrêmement remarquable, due à M. le docteur Pierquin, fait voir quel est l’état ou le jeu du cerveau dans l’exercice de la pensée. Elle explique également ce qui arrive dans la compression cérébrale par une chute, un coup, et la possibilité de faire cesser cet état par l’opération du trépan.

Le trépan consécutif présente infiniment moins de chances que le trépan primitif, par la raison que l’inflammation s’est développée. Aussi, quand l’opération est indiquée, il vaut mieux la pratiquer de suite. Le blessé étant hors de connaissance, elle a lieu à son insu, et d’ailleurs elle ne peut aggraver en rien sa situation.

Nous devons prévenir qu’on n’est pas certain de tomber sur le siège de l’épanchement. Souvent plusieurs couronnes de trépan doivent être appliquées. La substance cérébrale elle-même peut avoir été contusée sous la violence du coup. On comprend les

conséquences mortelles de cette lésion, quoiqu’elles ne soient pas immédiates. Un individu reçoit à la tête un coup de sabre. Pendant cinq à six jours, il ne présente aucun symptôme grave. A partir de cette époque, il se plaint d’une douleur sourde dans la tête ; la fièvre s’allume, et il tombe dans un état léthargique profond pendant lequel il meurt. L’ouverture du crâne fît voir qu’une inflammation du cerveau avait eu lieu à l’endroit du coup de sabre. Cet exemple prouve combien les plaies de tête sont dangereuses. Aussi le chirurgien doit-il être constamment appelé, et le blessé être soumis à la surveillance la plus sévère.

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