PANSEMENTS DES FRACTURES
Supposons une fracture de la jambe.
Le malade est là, sans pouvoir se lever. Le moindre mouvement lui arrache des cris. Il est plein d’anxiétés sur son état. Le chirurgien arrive. 11 lui adresse quelques paroles rassurantes, le tranquillise, et, se mettant aussitôt à l’oeuvre, fait faire par des aides l’extension du membre, le redresse en dirigeant les efforts de ses auxiliaires, tout en s’occupant du blessé qu’il soutient et console; puis, quand la difformité a disparu, il distribue autour du membre une couche épaisse d’ouate ou de coton cardé, applique sur cette dernière des attelles ou des pièces de carton mouillé, les serre au moyen d’une bande roulée en toile, et, en amidonnant le tout, fait une coque solide qui permet aussitôt au blessé de se lever et de se promener au moyen de béquilles. La fracture est comme non avenue et n’occasionne nonseulement plus de douleur, mais même plus de gêne.
Voilà les effets des appareils dits inamovibles, parce que dans toute la durée du traitement il ne faut plus les lever. Ces appareils s’appliquent à toutes les fractures, aux foulures, aux luxations, aux contusions, en un mot à toutes les lésions résultant d’une violence extérieure.
Dans les foulures du poignet ou du pied, les coques ouatées appliquées immédiatement après l’accident, font cesser les symptômes, et permettent aux personnes de vaquer à leurs occupations. On appréciera d’autant plus ce résultat, quand on se rappellera que le traitement de ces lésions par l’eau froide, les sangsues ou
DES PANSEMENTS
les cataplasmes exige quelquefois des mois entiers, et donne lieu à des suites tellement graves que l’amputation du membre en est souvent la conséquence.
Les pansements inamovibles, en simplifiant le traitement, constituent donc le progrès le plus réel de la chirurgie.