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OPÉRATION DU STRABISME

ment une difformité, mais une irrégularité et un affaiblissement notable de la vision. Quand le strabisme dépend d’une inégalité d’action des muscles, on peut corriger cette dernière par l’exercice. Un des moyens employés, surtout chez les jeunes enfants, est de mettre 'au-devant des yeux des opercules percés d’un trou central correspondant aux pupilles, de manière que la vue ne puisse avoir lieu qu’en ligne droite. On parvient ainsi à rétablir l’équilibre musculaire. Ce résultat suppose que les muscles ne sont pas raccourcis. Dans ce cas, il faut nécessairement recourir à la section du tendon du muscle qui tiraille l’œil, ainsi qu’on le fait dans la ténotomie en général.

Pour mieux apprécier celte opération, qui a joui dans ces derniers temps d’une grande vogue et qu’on aurait tort de vouloir abandonner, nous donnons ici la disposition des muscles entourant le globe oculaire, et pouvant le porter en haut, en bas, en dehors, en dedans, ou le faire rouler sur lui-même en dedans ou en dehors (fig. 9).

Fig. 9.

Dans l’état physiologique ou normal, il existe entre les deux yeux une harmonie parfaite ou une corrélation de mouvements qui fait que les deux impressions se confondent dans une sensation commune. Ainsi que nous l’avons dit, c’est la perte de cette harmonie qui constitue l’essence du strabisme. Celui-ci peut être permanent ou momentané. Dans le premier cas, c’est le

muscle du côté où la déviation existe qui est raccourci ou rétracté. Dans le second cas, il y a simplement désharmonie ou inégalité dans l’action des muscles ou dans la sensibilité des yeux, ou bien une lésion nerveuse, cérébrale ou autre.

A l’origine, le strabisme permanent a eu pour cause l’une ou l’autre de ces circonstances. Plus tard la contraction musculaire s’est en quelque sorte immobilisée sous l’action continue de ces causes.

L’opération du strabisme consiste à glisser de petits ciseaux ténotomes sous le muscle rétracté, et à couper son tendon à son point d’insertion au globe oculaire (fig. 10).

Cette opération ne laisse presque aucune trace. Bien conduite par un médecin à la fois physiologiste et opérateur, elle est couronnée d’un succès constant, parce qu’elle est pratiquée alors dans les conditions voulues. L’opération a d’ailleurs une importance plus grande que celle de corriger une difformité. Ainsi que nous en avons fait la remarque, elle rétablit l’équilibre des forces visuelles et fait cesser les troubles résultant d’un défaut d’harmonie.

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