OPÉRATION DE LA FISTULE LACRYMALE
Nous avons déjà expliqué comment se forment les tumeurs et les fistules lacrymales, c’est-à-dire par l’obstruction ou l’oblitération dusacet du canal lacrymal et nasal. L’ouverture du sac se
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fait par le bistouri, et on introduit dans le canal une canule de métal qui permet aux larmes de reprendre leur cours (fîg. 11).
La fistule lacrymale constitue une infirmité dont les personnes désirent d’être délivrées, non-seulement à cause du larmoiement, mais de la sécheresse de la narine. L’opération n’expose à aucun danger. 11 peut se faire que la canule ne soit pas supportée. Dans ce cas, on a la ressource du séton ou de la bougie jusqu’à ce que le canal soit suffisamment dilaté.
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L’art de restaurer les organes détruits ou mutilés par une plaie, une brûlure, une ulcération, la gangrène, etc., au moyen d’un lambeau de peau pris dans le voisinage ou dans une autre
région du corps, mais toujours sur le même individu, constitue Y autoplastic (de avros-, soi-même, et n former), c’est-à-
dire l’art de réparer l’individu avec sa propre peau.
Appliquée au nez, l’autoplastie prend le nom de rhinoplastic (de p iv. pms, nez, et former). Celte opération s’exécute
d’après deux méthodes, la méthode indienne et la méthode italienne.
Dans la première, le lambeau est pris au front et renversé sur le nez, où il est fixé par de nombreux points de suture (fig. 12).
Après qu’il y a pris adhérence, on le façonne de manière à lui donner la forme la plus convenable possible. 11 paraît que dans l’Inde il y a des artistes fort habiles dans ce genre de restauration. Dans ce pays, berceau de la civilisation, une législation barbare, encore en vogue aujourd’hui, condamne, pour délits, à la mutilation du visage. De là cette industrie qui s’y montre d’autant plus ingénieuse qu’il s’agit souvent de faire disparaître les traces d’une peine infamante.
La méthode italienne consiste à prendre le lambeau dans le bras (fig. 13). Elle date de l’époque des ravages de la maladie vénérienne et de son antidote, non moins dangereux, le mercure. L’ulcération ayant endommagé un grand nombre de nez, on s’est ingénié à les refaire. Un certain Tagliacozzi obtint par ce genre
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d’opération une grande célébrité, et écrivit un ouvrage sous la dénomination singulière de Chirurgie des tailleurs ( Chirurgia sartorum) .
Envisagée dans ses résultats, la rhinoplastie est loin d’atteindre le but désiré, du moins quant à la forme. Le lambeau, faute de consistance ou d’appui, s’affaisse ou se retire sur luimême, de manière qu’après une opération longue et dangereuse le malade se trouve trompé dans son attente. 11 n’était que difforme, il est devenu ridicule. Aussi notre expérience nous a fait renoncer depuis longtemps à cette opération, et nous conseillons de porter un nez artificiel, soit en caoutchouc, soit en métal. Disons que, grâce aux progrès de la médecine, surtout dans le traitement des maladies spécifiques ou virulentes, les érosions de la face deviennent de jour en jour plus rares, et ainsi les occasions d’opérer la rhinoplastie.
Ce que nous venons de dire ne doit pas s’appliquer à la restauration des paupières, des joues et des lèvres. Ces parties sont tellement essentielles, que leur destruction donne lieu à de graves désordres auxquels le chirurgien est appelé à parer. Ainsi la perte des paupières laisse l’œil exposé au contact de l’air qui l’enflamme. On se rappelle le supplice cruel infligé à Régulus par les Carthaginois, pour se venger de ce qu’il avait détourné les Romains de traiter avec les Carthaginois. La restauration des paupières a lieu au moyen de lambeaux pris au front, à la tempe ou aux joues. C’est moins la beauté qu’on a en vue que la protection d’un organe important.
La perte des lèvres ou des joues rend le manger presque impossible et donne lieu au marasme, à cause de l’écoulement continuel de la salive. Nous avons eu le cas d’une enfant dont tout le bas du visage avait été brûlé, et qui était devenue presque transparente de maigreur. Nous avons restauré la lèvre inférieure et le bas des joues au moyen de la peau des épaules, toute celle du cou ayant été détruite, et nous avons eu la satisfaction non-seulement de corriger la difformité, mais de soustraire la malade à une mort par consomption. L’autoplastie doit donc toujours être une opération nécessaire, et non une opération de complaisance ou de fantaisie.