OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LA POITRINE
OPÉRATION DE L’EMPYÈME.
Le mot empyème (de * r, dans, et tt-jok, pus) signifie, à proprement parler, une collection purulente dans une cavité, et a été spécialement appliqué à la poitrine, où il s’entend non-seulement des collections purulentes, mais également du sang épanché dans cette cavité à la suite d’une plaie. Ces hémorragies sont promptement mortelles, quand on ne parvient point à les arrêter. Les temps anciens nous montrent Épaminondas arrachant un javelot dé sa poitrine, et expirant dans les flots de sang sortant de la plaie. Dans les temps modernes, nous voyons le duc de Berry, frappé par le fer assassin de Louvel, succomber également parce que l’hémorragie ne put être arrêtée.
Les plaies pénétrantes de la poitrine avec lésion du poumon
OPÉRATION DE l’EiMPYÈME.
doivent être fermées hermétiquement, et c’est le sang épanché qui, en se coagulant, forme un bouchon qui s’oppose à la sortie d’un sang nouveau. Au bout de quelques jours, quand toute crainte d’hémorragie est passée, on donne issue au liquide, soit en ouvrant la plaie, soit en pratiquant une ouverture nouvelle entre les côtes inférieures (fig. 17).
Il en est de même quand il s’agit d’une collection séreuse ou purulente. Ce qui fait reculer souvent devant cette opération, c’est la crainte de l’entrée de l’air et des inflammations formidables qui s’ensuivent. M. Jules Guérin a fourni le moyen d’éviter cet accident, en pratiquant l’opération par la méthode souscutanée. Au moyen d’un trois-quarts (espèce de poinçon aplati contenu dans une canule d’argent percée de différentes ouvertures à son extrémité, et dont la pointe a des bords coupants), on pénètre obliquement dans la poitrine en soulevant un pli de
la peau, et, après avoir retiré le poinçon de la canule, on adapte à cette dernière une seringue, au moyen de laquelle on aspire le liquide. Une double soupape et deux siphons, l’un appartenant à la canule, l’autre à la seringue, permettent d’aspirer successivement le liquide, et de le chasser de la seringue sans avoir besoin de retirer l’instrument. L’opération terminée, on retire la canule, en ayant soin de boucher hermétiquement l’ouverture faite à la poitrine. Grâce à cette précaution , on évite les accidents provenant de l’entrée de l’air. Dans ces conditions, l’opération de l’empyème présente au malade de grandes chances. C’est une ressource extrême, mais infiniment précieuse, quand la suffocation est imminente.