PLAIES VÉNÉNEUSES , VIRULENTES ET EMPOISONNÉES
Les virus sont des principes résultant d’une sécrétion morbide. Les venins résultent de sécrétions naturelles propres à
DES PANSEMENTS
certaines espèces d’animaux. Les poisons sont des substances délétères animales, végétales ou minérales.
Quelques virus sont extrêmement pénétrants, et peuvent s’introduire par la moindre gerçure de l’épiderme : tel est le virus variolique. D’autres doivent être instillés dans une plaie ou une morsure, comme le virus rabifique. Les venins et les poisons sont dans ce dernier cas.
Dans toute plaie virulente, vénéneuse ou empoisonnée, l’indication la plus pressante c’est d’extraire le venin et d’empêcher son absorption. Pour cela on serre fortement la partie au-dessus de la lésion, on la fait saigner abondamment, et on la cautérise avec un acide concentré (l’acide nitrique de préférence), ou avec un caustique (le nitrate d’argent), ou avec une pointe de feu. Les tissus, détruits instantanément, ne peuvent plus absorber, et on n’a pas à craindre les effets du principe délétère. Le signe que ce principe a été détruit, c’est que la plaie ne s’enflamme ou ne s’envenime pas. On conçoit qu’il est des venins ou des poisons tellement subtils, qu’aucun secours ne peut y porter remède. On a proposé, dans ces cas, l’amputation du membre ; mais en vain.