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PÉRIODE ÉGYPTIENNE

Chez les Égyptiens, l’on retrouve, à côté de certaines pratiques qui ressemblent à celles de la préhistoire, quelques

peintures remontant à vingt-cinq siècles avant J.-C. et représentant des scènes de la circoncision.

Hérodote nous apprend à propos de la médecine égyptienne : <( L’art de la médecine est ainsi divisé chez eux : tout le pays abonde en médecins ; quelques-uns soignent les yeux, les autres la tête, d’autres les dents, d’autres les intestins, d’autres les maladies invisibles. » (Hérodote, II, 84.)

La pratique des embaumements mérite d’être décrite. Voici ce qu’en dit Paul Lecène : « La pratique des embaumements a été très bien décrite par Hérodote et Diodore de Sicile : l’emploi d’un couteau de pierre qui servait à inciser l’abdomen, faite par le « parachiste », permet de conclure que cette curieuse coutume devait remonter à l’âge néolithique, dont la haute civilisation égyptienne est d’ailleurs beaucoup plus rapprochée qu’on ne le croyait jusqu’aux remarquables découvertes de J. de Morgan. Au « parachiste » qui, une fois faite l’incision abdominale avec le couteau de pierre, se sauvait, poursuivi par les imprécations et même les cailloux de la foule (ce qui est le cas, comme on sait, dans nombre de cérémonies rituelles primitives), succédait le « tarichente » accueilli au contraire avec des marques de grand respect (autre attitude rituelle fréquente). C’est lui qui enlevait les viscères et achevait l’embaumement : l’encéphale était extrait par les fosses nasales avec un crochet de fer, puis les viscères thoraciques et abdominaux étaient enlevés, la cavité abdominale remplie de myrrhe, de casse et d’épices variées ; enfin, l’incision abdominale était soigneusement suturée, le cadavre placé pendant soixante-dix jours dans du sel marin et du carbonate de soude, et finalement enveloppé avec le plus grand soin dans des bandelettes enduites de gomme. Il est permis de croire, sans qu’on puisse cependant le savoir d’une façon précise, que ces ouvertures de cadavres faites par les Egyptiens, avaient dû leur donner des notions d’anatomie viscérale importantes ; en tout cas, nous verrons que c’est seulement au moment où elle prit pied en Egypte, à Alexandrie, que la médecine grecque acquit une anatomie humaine vraiment sérieuse, c’est-à-dire basée sur la dissection de l’homme... La maladie la plus fréquemment rencontrée (sur ces momies), c’est le rhumatisme déformant, comme d’ailleurs chez les hommes des cavernes préhistoriques. Virchow l’avait décrite sous le nom de a goutte des cavernes »... Ces autopsies à trente ou quarante siècles de distance nous prouvent que l’huma-

ni té n’a pas changé physiquement d’une façon notable depuis ces temps lointains et qu’elle était déjà, à l’époque des Pharaons, sujette aux mêmes maladies que nous rencontrons aujourd’hui ; elle n’a pas du reste beaucoup plus changé intellectuellement, ni surtout moralement, et le vernis de civilisation qui recouvre la plupart des hommes modernes n’est pas bien épais, et peut s’effriter facilement en nombre de circonstances. »

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