MONTPELLIER
IMPRIMERIE DE RICARD FRERES, PLAN d’eNCIVADE , 3.
MSAO
•biAm
ET
MOYENS DE RESTREINDRE L’UTILITÉ
I NTllOIt UCTIOTV.
La chirurgie conservatrice veut sacrifier rarement les parties du corps, en retrancher le moins possible, pratiquer peu d’opérations majeures , substituer à celles-ci des opérations légères ou des moyens médicamenteux. Elle
exige surtout des connaissances médicales profondes , un diagnostic sévère et complet; elle recherche enfin la qualification de médecine opérante. Toujours vigilante à montrer l’abus journalier de la main armée ou non d’un instrument, cette chirurgie signale les causes ordinaires de ces abus, afin d’apprendre à les prévenir ; elle trace les règles et les principes qui permettent d’éviter les ressources mécaniques, les sacrifices douloureux ; enfin, elle enseigne avec bonheur les moyens propres à restreindre l’utilité de chacune des opérations. Tel est l’esprit de la chirurgie conservatrice , celui qui doit animer ce travail ; telle est l’impulsion que nous désirerions imprimer à notre art ; telles sont les questions dont nous avons à nous occuper successivement.
A ceux qui prétendraient que la chirurgie actuelle n’abuse pas de ses ressources sanglantes , nous répondrons par des faits nombreux , récents et puisés en des lieux divers. Cette espèce d’inventaire est, en outre, indispensable pour prouver l’importance et l’opportunité du beau sujet que nous allons exposer. Jamais peut-être matière n'a demandé une association plus étendue et plus intime de la pratique à la théorie. Aussi , pour atteindre ce but , l’auteur s’est efforcé de vérifier au lit des malades , et par * le contrôle accessoire des expériences, les inductions théoriques et les succès thérapeutiques chaque jour publiés. Ainsi il s’est enquis des moyens propres à guérir la cataracte sans opération, les calculeux sans taille ni lithotritie, les maladies cancéreuses sans extirpation , etc. Les irrigations froides , les frictions mercurielles , le tartre stibié, l’ipécacuanha et d’autres remèdes capables de prévenir ou de combattre l’inflammation et ses graves effets, et une foule d’autres ressources propres à restreindre l’utilité des
opérations chirurgicales , ont été soumis à l’épreuve clinique. Ce travail est le fruit d’une impulsion reçue, depuis bien des années , par la fréquentation des plus grands hôpitaux de France, la pratique particulière, et les leçons de maîtres habiles.
Les faits et les preuves que j’apporterai à l’appui de mon sentiment seront souvent empruntés à la pratique ou aux ouvrages des chirurgiens les plus justement estimés de nos jours. Ainsi mes conclusions acquerront plus de poids, et se trouveront, à plus forte raison, applicables aux médecins bien moins élevés dans la science et dans l’estime générale. D’ailleurs, cette manière d’agir est juste et nécessaire, et doit montrer en moi le désir de donner à cette œuvre des fondements solides, et nullement l’envie déplacée d’exercer une déplorable critique envers des hommes dont plusieurs ont été mes maîtres, et la plupart des modèles respectés.
• ■■ ‘ ■ - 1 - ’ • ■■■■•■ ül t SV ! : i fl '