IV. — LES MUTILATIONS SECONDAIRES
Après cet exposé, un peu long et pourtant bien succinct, des moyens que nous devons employer pour assurer la conservation des membres en même temps que celle de la vie, je me vois obligé d’ajouter que leur puissance n’est pas illimitée.
Quelque perfection qu’on ait apportée à l’exécution de l’intervention prophylactique de l’infection, il y a encore et il y aura toujours des cas où elle manquera son but et pour lesquels nous serons conduits à la nécessité inéluctable d’une amputation ou d'une désarticulation secondaire.
Certaines infections sont si virulentes, septicémie gazeuse ou septicémie tout court, qu’elles continuent à évoluer en dépit d’une intervention désinfectante et conservatrice dont on escomptait le meilleur effet.
V amputation secondaire précoce est le moyen héroïque qui pourra sauver la vie en sacrifiant le membre, à condition qu’on ne laisse pas passer le moment opportun de la pratiquer.
Il y a aussi des blessés chez lesquels, quoi qu’on fasse, la suppuration se prolonge indéfiniment, la septicémie passe à l’état chronique, des eschares apparaissent : une amputation secondaire tardive devient inévitable et il faut savoir ne pas pousser trop loin les limites de la conservation.