TROISIÈME PARTIE
EXPLORATION DE l'eSTOMAC
L'exploration physique et l'exploration chimique de l'estomac fournissent des renseignements si importants que bien souvent ils règlent le diagnostic. Nous rappellerons ici rapidement les principes essentiels de ces examens tels qu'ils doivent être connus de tous.
Inspfxtion. — C'est dans le décubitus dorsal, les jambes étendues, la respiration calme que l'on examine le malade. On regarde d'abord l'aspect du creux épigastrique, sa disparition pouvant témoigner de l'agrandissement ou de la distention de la cavité stomacale, son exagération, la rétraction stomacale que l'on observe par exemple dans les crises douloureuses des gastropathes.
Une constatation de grande importance relève directement de la simple inspection, c'est le péristaltisme . Il consiste dans la progression d'une véritable onde qui se dirige du grand cul-desac avec le pylore, on voit la voussure se propager lentement d'une extrémité de l'estomac à l'autre. Si on applique la main à sa surface on sent l'estomac se durcir au moment de cette contraction. Le froid, un simple attouchement de la paroi le provoquant. Il est le plus souvent le témoignage de la lutte des parois gastriques contre un obstacle py torique mais on peut le
rencontrer exceptionnellement chez certains névropathes sans lésions.
Interrogatoire du malade. — L'examen du malade doit commencer par l'histoire de sa maladie et des troubles qu'il a ressentis et ressent encore ; on fera préciser avec soin depuis combien de temps dure l'afTcclion, si elle a commencé d'une fa<;on progressive et régulière ou si la marche a été coui)ée de rémissions; si les sympt<^mes ont présenté le nn^me caractère depuis le début. Il est important de savoir s'il y a eu de l'amaifçrissemenl ou augmentation de poids et si celte dernière a marché progressivement.
Appétit. — Y a-t-il eu perte d'uppélit?
L'appétit vient-il lorsque le malade commence ù, manger?
Disparaît-il lorsqu'il a pris quelque nourriture?
Eprouve t-il une profonde aversion pour lus aliments qu'on lui présente ? pour les(iuols ?
Soif. — Le malade éprouve-t-il souvent le besoin de boire ?
A-t-il plus ou moins soif (jue d'ordinaire?
Les sensations gustalives sont-elles normales ou non?
Sont-elles amères, acides?
A quel moment principalement se produisent ces sensations anormales ?
Déglutition. — Les aliments passent-ils sans difllculté dans l'estomac ?
S'il y a difficulté est-ce après l'absorption d'un corps solide ou d'un liquide ?
Sensations anormales. — Le malade éprouve-t-il après les repas une sensation de plénitude ou de dépression au niveau de la région stomacale ?
Se sent-il assoupi?
Eprouve-t-il des vertiges ?
Combien de temps durent-ils ?
Eructations. — Le malade a-t-il des renvois fréquents ?
A quels moments surviennent-ils ?
Est-ce après ses repas ou bien aussi lorsqu'il est à jeun?
Ces éructations vont-elles jusqu'à le gôner en société ?
Ont-elles mauvaise odeur ou sont-elles inodores ?
Régurgitations. — A-t-il des régurgitations.'.Sont-elles acides ou non?
Sont-elles fréquentes, se produisent-elles longtemps après le repas ?
Pyi'osis. — Eprouve-t-il une sensation de brûlure au creux de l'estomac ? A quel moment surtout ? Est-ce après ses repas ou trois ou quatre heures après ?
Combien de temps dure cette sensation ?
Douleurs. — A quel moment précis apparaissent les douleurs ?
IN révèle la présence d'une induraHon ou d'une tumeur Épigastrique. Quel est son siège? Si elle est franchement méitiine il y a les plus grandes chances pour qu'elle appartienne à l'estumac,' immobile malgré la respiration [k moins d'adhérences hépatiques) sonore à la percussion, de position et de so-
u trois lieiiresvide on sont-
Survietiuunt-elles aussitôt après le repas ou deu après ï
t.e maîade les ressent-il loraipio son estomac c eWvs calmées par l'iogestion d'aliments f
Combien de temps durent-elles ■(
ti(int-flli;s ou non indépendantes des aliments absorbés 1 Li]rsi[u'rltu3 suivent l'ingestion des aliments sont-e lies pi us intenses
La iluiileur est-elle circonscrite ou seteiid-e!Ie à tonte la région
S'irra<lie-t-elle dans le dos. entre les omoplates ? Vient-elle subitement ou augmente-t-elle de fa^on graduelle ? Nausées. — Lus nausées ontrelles liuu le malin ou après chaque repas i iiont-elles provoquées par certains aliments, la viande par exemple? VomiiseineTils. — La malade vomit-il ?
S'il vomit est-ce tous les jours on une seule fois toutes les deux
Est-ce au milieu de la nuit 7
Les vomissements sont-lis abondants?
Sont-ils alimentaires ou aqueui el acides?
Contiennent-ils des aliments absorbés les jours pri!
Sonl-ilE biliaires î
Sont-ils l'étides ou acides et d'un goût désagréable 1
Cou tiennent -ils du sang ?
Les vomissements sont-iis pénibles ou laciles 1
Sont-ils pii^céiiés de douleurs qui disparaissent ii après?
intalim. — Le malade va-Uil à. la selle tous les je
Est-il constipé?
DoiUl provoquer ses évacuations ut comment?
Y a-t-il de la Uiarrhée î
Dans ce cas quelle est la nature dos selles?
Sont-elles très liquiiles ou coDliennont-ellus du sang, des matières noires ?
La diarrbéu apparallrelle après le repas?
Allerne-t-elle avec les périodes de constipation?
CHIBimSIK DE LKSMIUC
Qortlé variable suivant l'état de réplélion et de vacuité de l'estomac, géuéralemeDt mobile transversalement, ditficilement mobilisable dausleseasverticaltelasontkscaractères habituels. Les tumeurs du foie sont mates et cette matitc se continue avec
f\ jf
Jy'
YS
-^EJ^ y
Fig. Ji.
Palpatioa de l'esloinac.
I la matitë hi^patique, elles suivent les mouvements respiratoires;
I la vésicule biliaire augmentéede volume peut cependant accuser sur ses bords une sonorité qui peut faire errer le diagnostic' Les tumeurs du cùlon traTisverse prfitentfacilementà l'erreur — situation un peu au-dessous de l'épigastre, abaisseraent par
' la distension de l'estomac — modifications dans la sonorité parla répléliou gazeuse du gros intestin. Les tumeurs du rein
SXAHXK DE L S
sont mobiles et arrondies, réductibles dans ta fosse lombaive) sonores eu avant. Mais à côté de ces faits généranx, que d'exceptions et que de difficultés fréquentes. Sans vouiuir les énumérer et prétendre à la solution de tous les problèmes, je dois exposer ici la palpation dans les lésions de l'estomac; c'est le moyen d'exploration auquel le chirurgien a tous les droits, puisqu'il ne relève que de la maiu !
Cetle pnlpation méthodiquement pratiquée donne de précieux renseigaements, le malad-e doit être étendu à plat, la tête légèrement relevée, les cuisses en eifensiou modérée, la première sensation révélée au plat des doigts est une induration des régions médiane ou latérale de l'épigastre, et le premier soin doit être de localiser anatomiquemeitl sou siège. Bile peut être pariétale ou intra-abdomioale, il semble que la différenciation soitfacileetilest classique de dire et d'enseigner qu'une induration siège dans la paroi lorsque, mobile pendant la flaccidité du muscle, elle s'immobilise dans la contraction musculaire. Dites au malade de s'asseoir et empêchez-le d'exécuter ce mouvement en lui faisant maintenir la tète étendue, le grand droit se contractant lèvera tous les doutes. En réalité la localisation n'est pas aussi simple. Dans la région épisastrique l'induration musculaire superlicielle est généralement due à une contracture des digitations supérieures des muscles grands droits de l'abdomen, exceptionnellement c'est une tumeur profonde adhérente ou envahissante de la paroi. La coiUracture muscuiaiTe se reconnaît à sa situation exactement limiléa à la largeur d'un ou de dirux grands droits — lorsque sous une pression lente, quand vous avez capté la confiance du muscle, sa contraction cède brusquement, le diagnostic est fait, mais lorsque sa rigidité persiste, le doute est permis. En général il faut se défier de ces contractures, elles protègent généralement une lésion souS'Jacente, Dans certains ulcères et dans quelques cancers gastriques, elle peut constituer un des premiers symptômes. Je sais que rien n'est plus simple que de trancher la question par l'anesthésie chlorotomée, mais j'ai toujours éloigné ce mode d'esploration qui est en somme dangereux, puisqu'avec nos perfectionnements
^R CfltBDROtfl DK L'BSTOKAC
Rd'inlervetitioD moderne, je ne sais vraiment ce qui est le plus ^^ave de l'anesthésie ou Ue l'acte opératoire. H Règle générale, les tumeurs intra-paHèlales sont mperfidelles, Esn les prend à pleines mains et oo peut les éloigner, les e;iii- Koltier due platts profonds, en les attirant au dehors, ou en pla- ■gantle malade « à quatre pattes u, elles sont mobiles tranversa- - Uemeut comme le muscle lui-même et dans la même étendue. Kl-orsque rtiésitation est permise, il est rare qu'elle ne soil ■pas levée par la manœuvre suivante. La tumeur étant limitée B& l'étendue des muscles grands droits, palpez lentement et ■profondément en dehors de cette zone, et de dehors en dedans, Bi'il n'existe pas de tumeur profonda, vous arrivereï à passer ■au-dessous de la xone indurée. Si au contraire il existe une ■lésion intra-abdominale vous serez arrêté à ce nireau par une ■tumeur dont vous apprécierez la forme, le volume et la consis- ■fsnce et peut-être la mobilité sur la paroi. Cette exploration Kassez facile chei les sujets maigres, devient particulièrement ■diilicile et donne des résultats aléatoires chei les obèses. H Une erreur inverse consiste à regarder comme intra-puriétale Lutic tumeur de siige profond. Là encore on penserait que la Ksimple contraction musculaire jugera la question; souvent en ■effet, il suDit de faire faire au malade un mouvement de Qexlon Ben avant pour sentir le muacle durcir en avant de la tumeur, fcuais J'ai vu plusieurs malades chei lesquels aucune trace de Bjaiiscle n'apparaissait ainsi, seule la tumeur s'immobilisail par Hla contraction des muscles droits, et cependant elle n'élailpas ■pariétale. L'immobilisation est due non pas à son adhérence, ■ mais à son étranglement entre les parois antérieure et poslé- ■rieure de l'abdomen. Dans ces cas, son volume la rend en uénérat facilemenlappréciable.
m Les adhérence» pariétales d'une tumeur gastrique peuvent Bétre de diagnostic Facile, la paroi musculaire reldchée et com- K|)laisante permet de sentir une induration qui fait corps avec nie muscle, se mobilise avec lui et s'immobilise par sa conlracftition.Mais à côté de celte tumeur de simplicité enviable. J'ai ■bien souvent rencontré des adhérences pariétales que rien ne ^n'avait fait soupçonner. 11 est évident qu'il n'existait pas alors
BXAMBN DE L*E8T0MAG 73
de véritable fusion entre Testomac et la paroi, mais des adhérences péritonéales s'étendant entre les deux régions.
La tumeur est gastrique, quelle région occupe-t-elle? Son siège sur la petite courbure est de diagnostic à peu près impossible, cette région se cachant sous le foie et sous les fausses côtes, est inaccessible ; au contraire V envahissement de la grande courbure donne à la tumeur un siège et une mobilité exceptionnels qui la font reconnaître. Mais la localisation à la face antérieure ou postérieure de l'estomac est plus difficile, si on se contente du palper simple, le plus souvent j'ai recours alors à rinsuiilation de l'estomac ou au développement spontané de gaz dans la cavité au moyen d'ingestion d'acide tartrique et de bicarbonate de soude. On sent alors nettement la tumeur se rapprocher de la paroi si elle est à la face antérieure, s'éloigner au contraire et être remplacée par une sonorité bien nette, quand elle siège à sa face postérieure. Dans ce dernier cas, une tumeur de l'arrière-cavité des épiploons et surtout du pancréas peut être facilement prise pour un néoplasme gastrique. J'ai vu un cas fort curieux dans lequel un kyste hydatique du volume du poing et partant de la face inférieure du lobe de Spiegel était venu adhérer à la face postérieure de la petite courbure de l'estomac simulant, et par sa consistance et par les troubles fonctionnels qu'il provoquait, un néoplasme à siège gastropj'lorique.
Les indurations de siège pylorique se reconnaissent à la palpation par des signes variables avec le siège et la mobilité du pylore. En général, c'est immédiatement à droite de la ligne médiane sous les fausses côtes qu'elles apparaissent, il est rare qu'on puisse en préciser les limites, leur extrémité supérieure se cache souvent sous le foie, et comme elles n'ont qu'un volume restreint quand elles sont d'ordre chirurgical, elles peuvent être méconnues. C'est plutôt Vautre du pylore que le pylore lui-même que la palpation révèle. Ces indurations étendues et diffuses revêtent les mêmes caractères qu'elles soient dues à un ulcère ou à un cancer. Cependant ceâ dernières peuvent affecter une forme mamelonnée irrégulière,
CBiaU&GlB DB l'estomac 5
veriliiljle tumeur, différente de l'inJuiaLion en nappe de l'uicère. A r-ôté de ces distinclions l'aciles, il est rare que la palpatiou permette à. elle seule ud diagnostic entre' ces deux lésions gastriques. La conrusion est plus facile encore dans région pylurique que dans Jes autres régions de l'estomac.
Une sensation que révèle souvent la palpation et qu'il faut bien connaître, est celle des batlements épigastnques. Vous les rencontrerez dans un grand nombre d'ectasies gastriques avec ptôse chez les hy.stériques, chez les neurasthéniques, chei > tous ceux qui présentent cette infériorité physiologique des' tissus sur laquelle j'ai insisté. Us sont isochrones au pouls, soulèvent brusquement la main, et comme dans les anévrysmes ce sont des mouvements d'expansion. Ils sont dus à l'aorte n maie ou légèrement incurvée. On. les perçoit de l'épigastrie jusqu'au détroit supérieur. Leur pathogénie a donné lieu a maintes controverses, je crois qu'ils sont surtout liés t foitne du Ikorax el de l'abdomen. Une cambrure spéciale de la région dorao-lombaire rétrécit la distance qui sépare la colonne vertébrale de la paroi antérieure de l'abdomen f rend l'aorte facilement accessible. Volkow et Delitzimb ont bien décrit la forme de la cavité abdominale dans ces cas. battements n'ont aucune autre valeur séméiologlque que cells qui a'attaclie à l'état neuropatliique. Ils peuvent être asseï rarement perous par les malades eux-uiéraes. Je les ai constatés dans un cas frustre de maladie de Gasedow.
A cûté de ces battements aortiques, la palpation peut faire ,:on9tater un vérilahle soulÈvetnenl de toute la région épigastrique. 11 acquiert alors une valeur nosologique, et témoignent d'une tumeur préaoriique et te plus souvetit itontacalef les pulsations sont transmises à la main par le plastron rigide qui lui est superposé. Kufln, dans un seul cas. j'ai vu une tumeur cancéreuse dont le développement léiangieclaaique était tel qu'on aurait pu songer à un anévrysme si la forme et la consistance ferme en certains points de la tumeur n'eût écarté celte liypollièse.
la I
I appliquée
rl.a r
épigastrique et lui iropri-
mant une légère secousse peut donner de suite la sensation de clapotage produit d'une collision des liquides et des gasç insuffisamment comprimés dans l'estomac. Cette constatation, sur laquelle on a tant discuté, indique cette insuffisance de compression et rien de plus. Le diagnostic est tout entier daos la recherche de la cause de cette compression insuffisante : Atonie primitive ou secondaire du muscle, ectasie simple ou symptomatique.
La palpation est donc pratiquée à plat, large^ lente, progressive et profonde. Elle apprécie l'épaisseur de la paroi, la résistance des muscles, la sensibilité de l'organe ; elle révèle la présence d'une tumeur, en apprécie l'importance, les limites ou la diffusion, la mobilité ou l'adhérence; il est indispensable de la prolonger en palpant les organes de voisinage*. La palpation permet d'apprécier la sensibilité de l'organe, elle permet donc de distinguer de la sensibilité cutanée, les douleurs localisées ou points épigastriques dont les auteurs anciens parmi lesquels Gruveilher, Brinton voulaient faire un signe palhognomonique de l'ulcère. L'importance de ce signe ne saurait être si ejrande car on le trouve chez
*M. J. Knapp a publié un procédé très simple pour déterminer la situation de l'estomac : ce procédé consiste tout simplement à faire absorber au patient un verre d'eau froide, à attendre une demiminute environ et à appliquer ensuite la main sur l'abdomen mis à nu : on aperçoit ainsi une région froide qui correspond à l'estomac.
Pour la bonne réussite de l'exploration, le malade doit se tenir debout ou assis, débarrassé de ses vêtements, mais sans que le ventre soit mis à nu avant le moment où l'on procède à l'examen, faute de quoi toute la région abdominale risquerait de se refroidir et on n'obtiendrait alors aucun renseignement utile sur la situation de l'estomac. D'autre part, la main du médecin ne doit pas être froide. Enfin, s'il importe d'attendre une trentaine de secondes afin de permettre au froid de se propager de l'estomac aux téguments sus-jac«nts, il est non moins important — l'eau froide une fois ingurgitée — de ne pas trop retarder l'examen, caria région froide, qui d'abord ne correspond qu'à l'estomac, ne tarde pas à s'étendre déplus en plus pendant que dans la cavité gastrique l'eau s'échauffe assez rapidement.
' lé CHnttmŒfB DK l'bbtouac
beaacDQp de malades sans ulcères et chez les ulcéreux douleur souvent n'est pas en rapport avec la situation de la lésion. Il n'en reste pas moias nécessaire de rechercher s gneusement ces points, leurs irradiations. Des instruments ont été construits k cet égard, ce sont les eslkétimètrei ou algéniniètres composés d'une pelote qui, glissant dans cylindre, y comprime un ressort. Normalement le plex cœliaque .supporte uue pression de !j kilogrammes, tandis qu'à l't^tut pathologique sa sensibilité est augmentée, La douleur qui, dans les lissions organiques, survient à une pression moyenne augmente ensuite progressivement tandis que dans les algies purement nerveuses elle survient avec une pression faible et n'augmente guère. Le point douloureux le plus constant dans les alTections non néoplusiques de l'organe est k deux travers de doigt au-dessous du sommet de l'angle formé par les fausses côtes droites et par le bord droit de l'appendice xypho'ide.
On pourra encore apprécier la quantité de liquide contenu dans l'estomac en imprimant au tronc que Ion saisit au niveau des dernières cdtes des secousses un peu fortes, c'est là le bruit dit de succussion.
Quelques auteurs suivant les conseils de Gcmpfrê ont employé la palpation dite passive de l'estomac : elle est pratiquée de la façon suivante : l'on fait avaler 60 grammes d'eau au malade couché et l'on suit alors avec la main à plat l'onde que provoque le déplacem,Bnt du liquide vers la grande courbure; lorsque seul le bord des doigts la perçoit, l'on peut penser qu'ils répondent à la partie inférieure de l'organe. Il m'a semblé meilleur de pratiquer dans ce même but la palpation d'une sonde ampullaire introduite dans l'estomac, la moindre pression à son niveau se transmettant ft un appareil enregistreur posé à 50a eilrémité libre.
La pbrcussiuk de l'estoma-c pratiquée classiquement permet
< de préciser les conlours de l'organe. On peut délimiter faci'
lement le segment llioraciqiie dont l'analomie nous a montré
la valeur et uù le son pulmonaire est remplacé par le
BXAMBN DE l'BSTOMAG 77
son stomacal tympanique ; c'est la région de l'espace de Traubb. En bas les limites sont plus difAciles à préciser car il faut apprécier à ce niveau des différences variables de sonorité entre Testomac et l'intestin. Dans ces cas j'ai recours à la distension artificielle de Festomac par les procédés que nous décrivons à propos de l'insufflation.
L'auscultation dans quelques cas peut fournir d'utiles renseignements. Normalement la déglutition d'un liquide produit un bruit pharyngien puis, après un instant de repos un bruit cardiaque, bruit de glouglou qui dans les cas de rétrécissement de l'œsophage est prolongé et retardé. L'auscultation au phonendoscope permet de constater sur toute la surface de projection de l'estomac le bruit provoqué par de légères frictions à son niveau et permet quand on a l'habitude de Tinstrument de déterminer les dimensions de l'estomac avec une grande précision.
Un complément fort utile, quelquefois même indispensable de l'inspection, de la palpation et de la percussion, est fourni par la distension artificielle de Vestomac. 11 y a deux moyens d'obtenir la distension gazeuse artificielle de l'estomac, Vingestion de poudres effervescentes et l'insufflation d'air à laide de divers appareils.
L'emploi de poudres effervescentes a été conseillé par FreaiGHS. Elle consiste à faire prendre au malade une dose de bicarbonate de soude et d'acide tartrique 2 ou 3 grammes de chaque sel dissous dans un quart de verre d'eau suffisent pour déterminer une distension moyenne et suffisante.
RuNEBERCi a le premier recommandé l'introduction par la sonde d'air atmosphérique — soit en se servant de la bouche, soit plus commodément de la double poire de l'appareil de Richardson. Si même on veut connaître la capacité du viscère, on peut mesurer la quantité d'air introduite à l'aide de divers appareils. La distension gastrique, non seulement permet de mieux préciser les limites de l'organe, mais encore de juger jusqu'à un certain point de la tonicité de ses diverses
CHinimGTE DS L ESTOUAG
tuniques. C'est ainsi cpie les estomacs atoniques se disLent très facilement, tandis que restainac normal se dilate d'une fai;on moyenne et que les estomacs hypertrophiés oppo- ! grande résistance à la tension gazeuse Intérieure.
Dans certains cas, rares il est i
Zone trajisillumlnée dans l'es mal. La zone claire unLuurée d' cercle indique l'androil plus lui
l'estomac ne ie laisse pas distendre et les gaz pénètrent immédiatement dans l'intestin. Elstein regarde ce phénomène comme un signe d'insuffisance pyloi-ique.
Enfin un certain nombre de méthodes récentes pourrout dans ' les cas difficiles aider au diagnostic, — en particulier la gaatrodiaphanie et l'examen à l'aide des rayons Roentgen.
Ce proCL'dé de Iransillumination des tissus vivants fut employé par Cazbnavb, en )8t5.
MiLLOT en 1867 essaya la traDsiiluminalion de l'estomac sur des anitube de verre étroit dans
nx ; il se servit dans ce but d'u lequel se trouvaient deux fils fins de platine reliés aux électrodes d'un appareil de Hiddeldorpf.
En 1889, Mas Rjnuohn réussit ces expériences de transillumination sur des estomacs humains en se servant d'un tube souple, à l'extrémité duquel il plaça une lampe d'Edison maintenue par une monture mélnltique, il donna k cet appareil le nom de gastrodiaphane.
En plaçant une lampe électrique recouverte d'une ampoule
I DE L BSTOMAC
1 peut donc
re au bout J'uu tube de cathét^rismi fatiquor réclaîrage de l'estomac; actuellei pu disposer uue lampe entourée d'une circulation d'eau (roide, cette modilication est due à Hervng et IteicuMANN. L'on peut alors constater, îe malade étant examiné dans une pièce noire, une zone lumineuse répondantiTesloiiiac(flg. 13); à droite le foie projette uue ombre opaque oblique eo liaul et à gauche : à gauclu; la rate en projette uiif?
moins forte. Lorsqu'un;; tnmeur occupe la paroi antérieure de l'estomac elle ne se laisse pas traverser par la lumieie et on la reconiialt a une lâche obscure dan'» la zone lumineii e \uir flg. 16. (Observation personnelle, Hôpital de la Pitié).
A l'heure actuelle cette méthode que j ai em ployée plusieurs fois tt qui m'a donne de bons résultais est encore une curiosité plutôt qu une meth de Ui nique.
IlJkDioscOFiG. — L'estomac ne donnant aucune ombre sur l'écran, on a recours pour l'explorer en radiologie, à UD procédé fort simple qui consiste à le rendre opaque aux rayons X par l'introduction d'une substance d'un poids atomique élevé : le bismuili.
C'est à la radioscopie surtout qu'il convient de s elle donne dans celte exploratioa des résultats bien s
Rchultit do I& gaatroJ aphanio (hea un maloid atleml de caucer Etoma Citl La aurlBj:i; aoirt représente lo a luaL n le U tumeur (LiNaonN)
OaiBCBCIft DB L'BSTOIIAC
à la radiographie, car les phénomtnes sont très variés et il 1 faul pouvoir en saisir la succession avec les moindres détails | de chaque phase.
Fi«. 17.
■as (le ptosB de l'oatomac (Oh nervation
n (l'un estomac, poi
ni|i1ct doit comporter
EXAMEN DE l'eSTOMAC 81
toute une série de manœuvres nécessitant (comme d'ailleurs dans toute exploration radioscopique) une ampoule parfaitement mobile au cours de Texamen et munie d'un diaphragme permettant de limiter au gré du médecin le champ d'éclairement de l'écran. — Le bismuth sera sous forme de cachets de 2 grammes, ou en suspension dans de Feau (10 grammes de bismuth pour 50 grammes d'eau) ou enfin sous forme d'aliment (potage contenant 20 à 30 grammes de bismuth).
Le malade sera d'abord examiné debout le dos au tube radiogène, l'abdomen en contact avec la paroi postérieure de l'écran ; puis il sera examiné en position latérale (les rayons traversant d'une ligne axillaire à l'autre). Ensuite on le fera coucher dans le décubitus dorsal, l'ampoule située sous la table qui le supporte, et successivement dans le décubitus latéral droit et gauche.
Leven et Barett ont tiré de la radioscopie des résultats intéressants. Pour que l'ombre de Vestomac lai soit égale, il faut que les rayons tangents à son contour soient perpendiculaires au plan de projection; or un seul remplit ces conditions, c'est le rayon dit « normal ». Ces auteurs font avaler au sujet une pilule de bismuth qui tombe au point déclive, point du contour de l'estomac variant suivant les positions du sujet. En général, quatre points suffisent à délimiter le contour gastrique. 11 ne reste qu'à réunir sur la peau les points indiquant les positions successives de la pilule dans Testomac suivant le déplacement du sujet, pour avoir un contour exact de l'organe.
La radioscopie peut servir à la mensuration gastrique en faisant placer le sujet successivement dans diverses positions, verticale, décubitus latéral droit, décubitus latéral gauche, la marche de la pilule indiquera le fcontour de l'estomac. Elle peut rendre des services dans le diagnostic différentiel de la dilatation et de la ptôse gastrique; elle peut être utilisée dans l'étude de la motricité gastrique, en examinant le malade le matin à jeun on constate la vacuité absolue ou la plénitude de de Testomac à degré variable.
CHIRURfllX