‹ Chirurgie de l'estomacChapitre 20 sur 101 · I. ESTOMAC · texte numérisé non relu

I. ESTOMAC

Chcx le nourriaan (llg. 18), après l'ingcsUoD d'une petite quanLité I de liquide (10 ceotiniëtres cubefauflisent). la cavité gasii'i que appa-

ïBc une direction nettement transversale, La gmnda courbure ' lai couslituèun baydinfirieur, sensiblement liorizontal. Elle occupe ' & lu fois l'hypacondre gaacbe, par la grosso lubérosïti!, élargie et ' coiffés de la. voùle diapliragmatique, et l'hypocondre droit, sur

grande étendue, par la portion pyiorique, rétrécie et recouverte par J ' le foie. Dans son ensemble, l'organe prësenlc bien la forme dit« «

Fig. ■

Fie, 18.

Estomac de nourrisson. Aspect Estomac du nourrisson. Aspect

après ingestion de ib grammaa immédiatement aprfa une

de lait. (Levun ot Bun-ot. yi^o de 100 grammes.

B, attribuée par les classiques h, l'esLoiiiac de l'adulte. Celtu foruie, qui ne se vùrilîe pas chez l'adutt«, paraît donc être, au contraire, la forme normale de l'estomac cbez le nourrisBua.

Chez le nourrisson, pai' suite île la situation transversale de l'estomac, le point la plus déclive se trouve reporté à la parlia moyenne, très mobile, de la grande courbui'e. Cela revient ï. dins que 1^ siËge de ce point iurérieur varie coasidûrablement, non seulement chex les différents sujets, mais cbez le même, aui divers moments de la digestion.

Lorsque la cavité gastrique présente son maximum de dévulop- ' pement, — ce qui se produit, aussilAt après la tétée — l'estoraac I Atteint fréquemiuenl l'ombilic, et parfois le dépasse Inlérieurement.

Plus tard sa limite intérieure remonte et s'élève de plus en plus, à mesure ques*opère Tévacuation du contenu gastrique.

Chez le nourrisson en ce qui concerne le mode de remplissage voici ce que l'on observe dans la généralité des cas :

Dès qu'une quantité minime de lait a pénétré dans l'estomac (10 à 15 centimètres cubes sont sufOsants), on voit immédiatement apparaître, dans toute son étendue, la cavité gastrique (fîg. 18). Le liquide forme une petite nappe horizontale, qui vient s'étaler au point le

Fig. 20. Fig. 21.

Remplissage de l'estomac (Leven Remplissage de l'estomac (Leven et Barbet). etBARREi).

plus déclive. Tout le reste de l'organe, rempli de gaz, apparaît sous la forme d'une zone claire, bien visible sur le fond plus sombre de la masse abdominale. En inclinant l'enfant latéralement, on voit se déplacer la petite masse liquide le long des parois, que l'on peut ainsi délimiter nettement.

A mesure que la quantité de lait ingéré augmente, on voit s'élever le niveau du liquide, en même temps que diminue l'espace rempli de gaz.

Leven et Barret ont étudié également chez l'adulte le mode de remplissage de V estomac normal et de l estomac dilaté. — Chez un sujet normal, après ingestion de 40 à 50 centimètres cubes de liquide, la ligne du niveau supérieur est aussi élevée qu'après l'ingestion de 200 à 300 centimètres cubes.

Elle occupe, par exemple, la ligne NN' (fig. 20). Si le sujet continue à absorber du liquide, le niveau s'élèvera, en même temps que le contour changera d'aspect, le point B reste toujours à la même hauteur, et 400 grammes de liquide, par exemple, ne l'abaissent pas sensiblement, l'estomac étant normal.

■K,' omnUBSIS DE b ESTÛKAC |

K ' Si l'estoniac uat âilaté. la modu de remplissage est tout à fait dia- Btinct : le niveau s'élève gradaullement, proparliann elle meut k la Kpionliité ingérée. Il Taut plusieurs ciintaines de gramnius pour bltemdre la ligne NN' (Qg. i\) qui est attuiate avui' SOgrumoies pour Bjui estomac normal.

B En étudiant la forme de l'estomac, Levan at Barret ont décrit une Bânrtinn inférieure verlicBle, tubulaire. L'étroilessa de ce segment Baupliqne la rapidité de remplissage de l'estomac normal.

■ Ce segment s'élargit dans le vas de l'usLomac malade, dilate, à Morois riasques, et su remplit par conséquent plus lentement, étant ^^us large tran s vers aie ment.

■ En d'autres termes, l'estomac dilaté se remplit à la manière d'une ■|ioctie, à dimensions transversales plus ou moins con'tidérables.

■ Notons ea passant que dans des expéneoces récentes BLeven et Bahhett [Sjciété de Biologie, décembre 4905] ont Rmontré par la radioscopie que dans le pausemeat au bismuth Fdp l'ulcÈre gastrique, l'imprégnation totale, même légère de

la muqueuse de l'estomac, n'est pas réalisée, et qu'il y a donc lieu de renoncer à cette méthode de traitement. Mais le triomphe de la radioscopie et de la radiographie est la détermina-

. tion des corps étrangers métalliques ou calcaires de l'estomac.

L Ces méthodes permettent de suivre la disparition de ces corps.

I Cathétérisme de l'estomac. — Enfin il est une autre

■ méthode d'exameu, qui a acquis au double point de rue du B'diagnoslic et de la Ihérapeutique, une importance capitale, ^c'est le cathétérisme de l'eslamac. La technique esl, d'ailleurs Piensiblement la même, qu'il s'agisse de faire un cathétérisme Wtxplorateur allu d'étudier les fonctions de l'organe ou un V.catbétérismc évacuateur, accompagné ou non de lavage de B l'estomac.

■ Pour l'un et l'autre on se sert de sondes en caoutchouc ■'ftouple, dilTérant entre elles par l'épaisseur de leurs parois,

■ leur diamètre et divers détails de construction. Le modèle le B,plua ancien et le plus usilé est le tube de Faucher. C'est une Rwnde en caoutchouc rouge de 1"',Sl) de longueur sur 8 à t'a millimètres de diamètre extérieur. Le bout gastrique est

■ percé d'un orifice central d'un diamètre égiii un diamètre I intérieur du tube, et d'un teil latéral situé 2 centimètres

IXàHKK D& LBSTOHAG

Fig. 22.

Dispositif pour le lav&ge d'estomac.

CHIEDBGIB DE L ESTOMAC

; au-dessus. L'aulre bout est légÈrement évase pour s'adapf ter facilemenl à un entonnoir. A 50 cenlimèties de l'extré-

nité gastrique, une marque noire indique le poiutdela sonde I qui doit correspondre peudant le cathétérisme aux arcades I dentaires. Dkbove a modifié l'iuslrument de Faucher pour le 1 rendre plus résistant et faciliter son introduction . Le tube de L Faucher est d'un usage courant et employé journellement I pour les lavages de l'estonnac. 11 peut même servir pour h extraire les résidus contenus dans l'estomac soit â jeun, soit r «près repas d'épreuve ; nous lui préférons dans ce cas nn [ appareil aspirateur : nous nous servons habituellement dans

s de la poire de Frémont, qui nous paraît répondre à , I tous les desiderata.

La technique du ealhélérisme est tout à fait simple et il n'y tapas lieu d'y insister. Le malade bien placé, assis sur une f chaise ou le bord du lit, la. lête légèrement fléchie, il BufCl

déposée ce tube sur la langue, en poussant modérément d'avant rière, et d'engager le malade à faire des mouvement de I déglutitionet à respirer uoroialement. On franchit rapidement

le pliarynx d'une poussée un peu plus vive, et le tube arrive 1 dans l'estomac sans difficulLé. Du reste si le premier cathété-

risme est quelquefois pénible pour le malade, au bout de très 1 peu de temps, il peut introduire la sonde lui-même sans le s du médecin (fig. 22).

En présence d'une alTection gastrique, Vindication du catlié-

. lérisme doit être admise toutes les fois que les an am nés tiques,

I les troubles fonctionnels et les autres procédés d'exploration

que nous avons décrits ne permettent pas d'établir le dia-

{;nosLic, ou pour rendre définitif un diagnostic qui, Jusque-là,

.ait que douteux. Un peu de jugement suffira à en établir ' les contre-indications. D'ailleurs les accidents imputables au ' catélbérisme sont extrêmement rares, et en deliurs des cas une hémorrhagie s'est produite récemment dans l'estomac. , on peut dire qu'aucune maladie de cet organe ne contre' I pudique cette méthode d'exploration.

Le calhétérisme ainsi pratiqué a pour but au point de vue

BXAHEN DB l'eSTOUAC 87

du diagnostic d'étudier non seulemenl les fonctions sécrêtoires de l'estotnac, mais aussi les fonctions motrices. Nous avons déjà vu quel parli on pouvait Lirer de l'examen du suc gastrique, nous allons dire mainlenant nn mot de l'épreuve inoCnce.

La motrieitê de l'eslomac peut Être étudiée de plusieurs façons -.

i" On sonde le malade plusieurs fois à,)a suite d'un marne repas d'épreuve, — par exemple celui de Boas, composé de 400 grammes de bouillon , 21X1 grammes de bifteck, 100 grammes de pain, et 300 ceHtimfetres cubes d'eau. A l'état normal l'estomac doit Être vide sept heures après l'ingestion de ce repas. Si on en constate plus longtemps la présence dans l'eslomac, c'est qu'il y a retard dans l'évacuation.

2* On facilite l'épreuve en donnant au malade des substances dont les résidus sont faciles à reconnaître, comme les raisins de Corinthe, les pruneaux (Strauss, Bochob), l'huile (Klempeuer, Matuieit et IIallot], le protogène (Stkrensbs el Bkandrburg).

3° Enfin on a proposé de faire ingérer au malade certaines substances chimiques, dont l'élimination n'a lieu qu'après la traversée de l'estomac. Ewald el Lp.hs ont conseillé dans cet ordre d'idées te salol, dont le dédoublement en acide salicylique et phénol n'a lieu que dans l'intestin, Fleischbh préfère l'iodoforme. Wikklbh et Stein une nouvelle substance obtenue par combinaison de l'iode avec l'huile de sésame, ViotUpine. LToqs ces procédés ne diffèrent d'ailleurs que par le réactif mployë, el sont passibles d'un certain nombre d'objec-

Iiaparotomie exploratÎTe. — Dans certains cas de diapioslic parti cul i ère m enl diflicile, il est parfois indiqué de pra-

[uer une iaparolomie exploralive.

- Cellp opéraliou étant le premier temps de toute intervention

^^rurgicale sur l'estomac, nous renvoyons le lecteur, pour la

nique de l'opération aussi bien que pour la manière dont

ijliacune des parties de l'estomac doit être examinée, au cba-

blre du tnanael opératoire des opérations sur l'esLomac.

.t ds deux sortes 1" Les mouvements aclifs ou pcirislalliquea. 9° Leâ mouvements passifs dus fila respjratii

batte méats EiNHDiiK a. cherclië à étndiur t'es mouvements de l'eatomftC

CHIBOaGII DB L ESTOMAC

tÉciNioBB. — Les iiiouïemeats do 1'

Fig- 33. Fig:- S*-

tpporell t boule du gu- Section transversale de ta b trographe (Einhohn).]

sentant sa congtructio

t le vivant. 11 a fait conslraire un appareil enregistreur, qu'il Bpelle le gastrographe; cet appareil se compose : 1° (l'une boule Jpartie principale); i" de ijuelquua éléments de pile; 3° d'un enre- ■(tfstreur. La boule se compose de deux hémispiières creus, métaltiques, vissés l'un ù, l'autre : Ci l'intérieur se trouve une seconde boule niétallique hérissée de pointes isolées de la première; une seconda boule de platine, beaucoup plus petite, se trouve Incluse dans l'appareil et peut se mouvoir librement entre les pointes. ^ Deux Tils isolés, reliés, l'un k la sphère creuse, l'autre à la boule a de pointes, sont inclus dans un tube isolant et souple; leoFa .

eilrtSmil^s libres peuvent Ëlre reliées au reste de l'appareil. On Tait avaler In boule au malade et on constitue avec elle l'appareil enregiatrvnr et lus éléments ds pile, un circuit iSiecli'ii|ue. Ui>s que la bille de platine estsD eonUct 6 la (ois avec t'uaveloppe extérLeura de l'appai'ell et l'une des tiges métalliques qui tiâridsimt la boule intérieure, elle ferme le circuit et le courant pastie; mais si celle bille vient â abandonner le contact de l'une de cev Wi^ks. le uaurant cesse de pa^iBer. Sous l'inlluence des mouvemenls de l'estiimac, la petite bille de platine roule entre les tiges métalliques et ouvre el fermu alternalivement le circuit. Ces alternatives de rupture et •ie passage du conranl seront d'autant plus fréquentes >]ueles monvem^nls seront plus intenses; elle sont enrogiiilrées pur l'appareil enragisireur.

MoDB d'ehi'LOI. — On trempe ta boule dans do l'eau tiède et on rintrodoit dans le pharynx du miilade qui l'avalu et absorbe quelques gorgées d'eau. Au bout d'une minute (au une minute <-t demie), la boule pénètre dans l'estomac; on la laisse pénétrer assez avant; la langueur de la tige qui sépare la boule 'Jos lèvres doit être (l'onviroD 50 centimûres ; on relie la tige à, une pile el à l'enregistreor que l'on tait manoeuvrer pendant trois minutes.

Pendant ce temps le malade est assis sur une chalsii. au bout de trois minutes on arrête l'enregistreur; les connexions de la pile À l'appareil sont défaites, et on retire ce dernier de l'estomac.

On retire le papier enregistreur et on lit les marques qu'il porte. Les lignes noires indiquent la passage du courant, les espaces vides , les interruptions.

Le résultat des eipériencos prouve que l'estomac imprime ï son contenu dos mouvements presque incessants ; il n'y a que ite légers repos périodiques. Leuombredes mouvements pendant trois minutes varie de i à lU.

MHhode iT nemmelér-MoriU. ^ On ne peut avec te gaslrographe établir de dislinciions entre les mouvements actifs et pas^ilfs de l'estomac; aussi J.-C. Uemuetkr, de Baltimore, a-t-il récemment imaginé une antre méthode qui permet do se rendre compte des muavemeniB péi'i s lai tiques. La partie essentielle de l'inslrumeot qu'il emploie dans ce but se compose d'un sac en caoïitcbnuc très mince, et ayant la forme de l'estomac ; a ce sac rat arlaptiS un tube ffiaophaglen : ce sac ne prend la forme de l'organe que lorsqu'il est rempli d,ajp. Replié sur lui-même il n'occupe i|ue très peu Je place el p«ut facileiiient Sire introduit dans l'eslomac des malades. Le lube œsuphagiun est de pelite dimension, i, peu prés la moitié de celui qu'un emploie pour les lavages. Dés que le sac a atteint l'estomac, ce que l'on constate par une ojarquo faite préiUablement but In lube, on le remplit d'air et on le relie soit à un muiiomeire à eau ou à un tambour du kysiriographe de Ludwig, La, inuindce cuntrœ-

tion des Ilbras lisses delà tunique mueculfiitso de l'estomac eorapri me lo Eac Ëlïs II (pie et distend le tambour; à ce dernier eeladaplâe une plume imbibi^e d'encre qui enreglatro tes mouvements pdrista.)ttqnes qui lui sont ainsi communiqués, pendant qu'un mouvement d*lioi'logerie déroula le papier sur lequel elle porte. A la, partie Eupërieure de ce papier, une autre plume reliée à on chi'onométre ma& que les secondes par de petits points noirs, et de cette taçon ofl peut noter l'apparition et la durée des mouvements piirlstal tiques. Comme l'estomac se meut sensiblement à cbaque inspiration et expiralion on applique sur l'abdomen du malade un pnoumographe qui enregistre ebaque mouvement respiratoire sur le kymogi-aphe. On remai-que sur lo tracé que beaucoup de mouTements enregiatria parla plume reliée avec le sac intra-stomacal sont des mouvements passifs dus à la respiration ; mais au note aussi beaucoup d'autres oseillalions très hautes et très longues qui sont indépendantes des mouvements enregistrés par le pneuniograpbe . ou qui apparaissent pendant un arrtt de la respiration; ce sont là les contractions musculaires propres dcrostomac,

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