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D. — INDICATIONS ET CHOIX DU PROCEDE

Le ptérygion stationnaire, membraneux, qui ne détermine aucune gêne et n'a aucune tendance à envahir le centre de la cornée ne doit pas être opéré. Lors de ptérygion étendu, progressif, s'accompagnant de phénomènes irritatifs et de diminution de motilité du globe, il est nécessaire d'intervenir. L'opération la plus simple est l'excision combinée à la cautérisation. Elle sera très utilement associée dans la plupart des cas à l'autoplastie conjonctivale suivant le procédé de Terson, avec suture remontée et amarrée solidement sur la sclérotique, très au-dessus du lit du ptérygion. C'est le procédé de choix.

L'intervention est indiquée dans tous les ptérygions progressifs,

1. Autokératoplastie. — Terson, s'inspirant des recherches modernes surla greffe cornéenne, a proposé dans les ptérygions bien limités de compléter l'opération par une hétéroplastie cornéenne, cherchant à obtenir ainsi une reconstitution absolue du terrain cornéen et conjonctival par dés éléments normaux et personnels au sujet. Pour cela l'opération précédente est ainsi complétée: après avoir enlevé par transfixion avec le couteau, ou au moyen du trépan, la tète du ptérygion laissée volontairement en placer, on excise avec le trépan à la partie supérieure de la cornée, près du limbe une rondelle cornéenne de même dimension et les deux rondelles sont inversées. Dans les ras très favorables ou pourra obtenir la substitution au tissu cornéen Opaque d'un tissu transparent. Dans le cas contraire on aura deux taies au lieu d'une, la supérieure d'ailleurs sans inconvénient, puisqu'elle sera recouverte par la paupière supérieure.

L Opération pourrait surtout être essayée dans les ptérygions anciens, à insertion cornéenne blanche, solide et bien limitée (A. Ti.iisov)

OPÉRATIONS SUR LA CONJONCTIVE

même peu étendus, car ils sont toujours susceptibles d'envahir le champ pupillaire.

Le traitement prophylactique ne sera pas négligé et on recommandera d'éviter toutes les causes capables de favoriser la reproduction du ptérygion (soleil, poussières, vent, alcoolisme, etc.). S'il survient de la conjonctivite, elle sera traitée aussitôt parles moyens habituels (collyre à l'argyrol, ou sulfate de zinc). Si le canal lacrymal est rétréci on fera le cathétérisme.

Cousin a préconisé les cautérisations prudentes du ptérygion tout à fait au début1. Elles nous ont donné de bons résultats.

Les récidives se font du côté de la cornée, du côté de la conjonctive, le plus souvent des deux à la fois.

Lors de récidive purement cornéenne, si la pommade jaune ou la lanoline hydrargyrique demeurent sans effet, on fera de petits grattages très prudents répétés à de longs intervalles et sans toucher au ptérygion minuscule qui les suit. Ils peuvent suffire à enrayer l'évolution du processus.

Dans le cas contraire, si la récidive conjonctivale est peu considérable, on peut en tenter de nouveau l'excision combinée à l'autoplaslie. Mais il faut savoir s'arrêter et se contenter de moyens palliatifs comme l'électrolyse, la fibrolysinc. En cas d'insuccès, on pourrait tenter la radiothérapie et surtout le radium, comme cela a été fait pour certaines inflammations végétantes de la conjonctive (A. Terson).

Les pseudo-plérygions ou ptérygoïdes, qui résultent d'une ulcération cornéenne et sont caractérisés par leur siège excentrique et leur état indéfiniment stationnaire, nécessitent rarement une intervention. Elle serait identique à celle du vrai ptérygion, s'ils ne sont pas très étendus. Dans le cas contraire on se contenterait des moyens palliatifs précédemment indiqués.

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