CHAPITRE PREMIER OPÉRATIONS SUR LA CORNÉE
Sommaire,
1° Extraction des corps étrangers. — Technique différente suivant que le corps étranger est superficiel, profondément implanté ou a perforé la membrane et siège dansla chambre antérieure. — 2° Plaies et blessures de la cornée. — 3° Paracentèse. — Indications. — L'évacuation de l'humeur aqueuse peut remplir un triple but; diminuer le tonus, permettre l'extraction d'un corps étranger, donner issue à des exsudats (hypopyon, hypohema, etc.), ou en accélérer la résorption. Manuel opératoire : ponction au limbe, en se gardant de blesser le cristallin, complication particulièrement à redouter. Les autres : ponction blanche, blessure ou prolapsus de l'iris, subluxation du cristallin sont moins à craindre. — J Traitement des ulcères de la cornée. — 1° Kératotomie. — Indications. Ulcères serpigineux étendus. Technique, complications et soins consécutifs.— 2° Cautérisation ignée. — Elle est indiquée dansles ulcères ayant peu de tendance à la cicatrisation, le pannus, le prolapsus de l'iris, les fistulesde la cornée, le kératocone, etc. . . — 3° Chauffage. — Il diminue la virulence de l'ulcèrequ'il stérilise, sans altérer le tissu cornéen et sans présenter le moindre danger de perforation. On emploie la chaleur irradiée (thermocautère, galvano-cautère, cautère à vapeur ou l'air chaud). — 4° Diagnostic w. l'intf.hvkntion. — Différentes variétés de kératites : kératites par infiltration ou purenchymatcuses, non justiciables du traitement chirurgical; ulcères cornéens, qui seront traités chirurgicalemcnt si le traitement médirai demeure insuffisant. — 5° Traitement des taies. — 11 est palliatif ou curatif. Tatouage. Technique et résultats. Le traitement curatif réside dans Vabraêion des opacités, et dans la kéraloplaslie, plus théorique que pratique. Suivant que l'excision intéresse les couches superficielles de la cornée on toute son épaisseur la kéraloplaslie est partielle ou totale. Techniqiif.
i EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS
Les corps étrangers, suivant leur force de pénétration, siègent à la surface ou s'implantent profondément dans l'épaisseur de la cornée.
OPÉRATIONS SUR LA CORNÉE
a) Si le corps est superficiel, l'extraction est simple. Le sujet est assis et Y œil anesthésié par deux, ou trois instillations de la solution de chlorhydrate de cocaïne à 5 p. 101) répétées à quelques minutes d'intervalle. Après s'être assuré, à l'aide de l'éclairage' oblique et de la loupe, du siège exact du carpe étranger, l'opérateur se place en face du patient. Puis, la lête du malade étant bien ap- A puyéc, il écarte les paupières entre le pouce et l'index gauches, et, tenant de la main droite une aiguille dite « aiguille à corps étrangers » (fîg. 19) dont il fait glisser la pointe derrière le fragment, il énuclée ce dernier de la petite loge qu'il s'était creusée à la surface de la cornée.
Il est souvent nécessaire de répéter l'opération lorsque le fragment s'émiette et ne peut être extrait d'un seul coup. S'il s'agit d'un éclat métallique, la zone brune limitrophe de tissu cprnéen résultant de l'oxydation du fragment sera également enlevée.
b) Le fragment est-il profondément implanté, on fera 1.9.' coucher le malade et on fixe le globe après avoir mis l'éà corps carteur.
éiran- On tenterait d'extraire le corps comme précédemment, à l'aide de l'aiguille introduite derrière lui en évitant, par des tentatives multipliées, de le faire pénétrer dans la chambre antérieure.
Si on a des raisons de craindre cette pénétration, on instillera des myotiques avant loule intervention. Le rétrécissement de la pupille diminue les chances de migration de la chambre antérieure dans la chambre postérieure.
c) S'il fait saillie dans la chambre antérieure ou menace de perforer la membrane de Descemet, on abandonnera l'aiguille, trop dangereuse en pareil cas. L'œil étant fixé par un aide, l'opérateur pénètre avec la pique tout près du corps étranger, perpendiculairement à la surface de la cornée, faisant là une paracentèse très étroite (voir plus loin cette opération) ; puis, abaissant le manche de l'instrument dès que la pointe apparaît dans la chambre antérieure, de manière à appliquer le plat de la lance contre le fragment, il fait saillir ce dernier en avant, en évitant de laisser écouler l'humeur aqueuse. De la main demeurée libre, il extrait alors le corps étranger,. soit à l'aide d'un couteau étroit à cataracte, soit avec l'aiguille de Bownian ou avec une petite pince courbe.
Si le fragment n'a pas perforé la membrane de Descemet, on se contenterait de faire glisser la pique au-dessous de lui sans pénétrer dans la chambre antérieure. Mais il est rare qu'on puisse éviter la perforation de la cornée, et c'est là le danger du procédé, un faux mouvement pouvant alors entraîner la blessure du cristallin.