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PLAIES HE LA SCLÉROTIQUE

Les blessures de la sclérotique, limitées à cette membrane ou intéressant en même temps la choroïde et la rétine, se présentent dans deux conditions bien différentes: la conjonctive a été divisée avec l'enveloppe sclérale ou a été respectée.

A. — Ruptures sous=conjonctivales. — A la suite de certains traumatismes, l'œil, refoulé le plus souvent en haut, et comprimé entre le corps contondant et la voûte de l'orbite, éclate, par suite de la rigidité de la sclérotique; la conjonctive, plus lâche, se laisse distendre et reste intacte. La muqueuse passe à la manière d'un pont au-dessus des lèvres de la plaie sclérale. Les désordres déterminés par l'accident peuvent être considérables (hémorragies, luxation du cristallin, etc.), mais la plaie étant sous-capsulaire et recouverte par la muqueuse demeure protégée contre l'apport de germes septiques.

Une intervention quelconque ne pourrait que favoriser leur pénétration. On se bornera à un pansement occlusif et au repos. Si le cristallin est entièrement luxé sous la conjonctive, il ne sera enlevé que plus tard, une fois la cicatrisation sclérale achevée, six semaines à deux mois après, pour ne pas risquer en ouvrant la conjonctive d'infecter le globe.

60 OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR LA SCLÉROTIQUE

B. — Plaies sclérales proprement dites. — La conjonctive est également intéressée et une intervention immédiate s'impose : la suture cônjonctivale, seule ou conjonctivo-sclérale.

a) Suture cônjonctivale. — Elle convient aux plaies de peu ou de moyenne étendue. Le sujet est couché, l'œil anesthésié et l'écarteur est mis en place. Les paupières seront écartées doucement par un aide en évitant toute pression afin de prévenir l'issue du vitré. Les culs-de-sac sont lavés avec la solution de cyanure et on suture très exactement les lèvres de la plaie cônjonctivale avec de fins catguts ou mieux des fils de soie, en prenant dans la suture le tissu conjonctif épiscléral. Si le corps vitré ou un fragment de choroïde se prolabait, il serait excisé, puis la surface touchée avec notre mélange iodé.

La suture sera faite le plus tôt possible ; peu éloignée du moment de l'accident, elle suffit à empêcher l'infection du vitré et permet de conserver à des yeux perdus en apparence une acuité visuelle relativement bonne. Dans un cas de plaie pénétrante étendue du globe oculaire avec issue du vitré, la suture pratiquée par nous deux heures après l'accident permit la cicatrisation rapide et l'acuité était de deux tiers deux mois après l'intervention.

b) Sutures coN.TONCTivo-scLihiA.LEs. — Lors de plaie étendue, la sclérotique sera prise dans la suture ; chacune des lèvres est saisie avec la pince et l'aiguille enfoncée de dedans en dehors, c'est-à-dire des parties profondes vers la surface et non pas de dehors en dedans, afin de ne pas presser sur le globe. On évitera de traverser toute l'épaisseur de la membrane afin de ne pas irriter le corps ciliaire ou la choroïde.

Un pansement sec est appliqué et renouvelé jusqu'à cicatrisation. Celle-ci est très rapide lors de plaie méridienne; si la plaie est transversale, les lèvres restent moins facilement coaptées et la réunion larde. La suture n'en sera alors que plus utile pour prévenir l'infection.

G. — Les trois enveloppes de l'œil sont divisées. — Le vitré vient sourdre à l'extérieur et indépendamment des désordres consécutifs, le danger immédiat réside dans l'infection possible du corps vitré. L'intervention précoce est de toute importance.

Si la plaie est de peu d'étendue on ferait la suture cônjonctivale comme tout à l'heure, ou scléro-conjonctivale dans le cas contraire. Elle ne suffit pas toujours à prévenir l'infection car le corps vulnérant peut lui-même être septique et avoir contaminé les milieux intra-oculaires, mais elle devra toujours être tentée.

PIAIRS DE L.\ SCLÉROTIQUE 61

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