S' PLAIES COR.\ÉO-SCLÉKALES
Le pronostic est moins favorable et la gravité de la blessure résulte ici de la région lésée, le corps ciliaire. La plaie intéressant à la fois la cornée et la sclérotique, la suture conjonctivale complète est impossible, au moins en totalité. On pourrait suturer la muqueuse au devant de la plaie sclérale, mais la conjonctive, plus adhérente au niveau du limbe, glisse difficilement sur les parties sous-jacentes et se déchire : une partie de la plaie demeure ouverte et laisse à nu le corps ciliaire. L'infection est donc très facile et, en outre des complications qui peuvent survenir, il est de notion courante que l'ophtalmie sympathique s'observe surtout après les plaies de la région ciliaire.
Le pronostic sera donc toujours réservé ; néanmoins l'énucléation immédiate doit être rejetée. Si la plaie cornéenne est très peu étendue et la sclérotique surtout intéressée, le rapprochement des lèvres de la plaie sclérale pourra suffire à obtenir une bonne coaptation et on pourra se borneràla suture conjonctivo-sclérale. Dans le cas contraire, mieux vaut recourir au recouvrement conjonctival-.
L'œil sera surveillé attentivement. La plaie une fois cicatrisée, le malade sera mis en garde contre le danger possible de sympathie. Il n'est pas rare de voir ces yeux demeurés tranquilles pendant un grand nombre d'années, quelquefois dix, vingt, trente ans, devenir rouges et douloureux, tandis que l'acuité de l'œil sain diminue ou que celui-ci s'enflamme. L'énucléation s'impose alors ; aussi le sujet doit-il être prévenu et venir à la moindre menace d'irritation.