RÉDUCTION DE L INVERSION UTÉRINE
•seulement le pouce, l'index et le médius. Avec la main gauche il déprime fortement la paroi abdominale au-dessus du pubis, pour immobiliser Y entonnoir utérin. Saisissant alors avec les doigts le corps de l'utérus, il en fait un pétrissage destiné à l'assouplir, puis comprime la masse de la tumeur, en même temps qu'il la repousse vers la main placée sur le ventre. Pendant cette tentative de réduction, l'aide exerce sur le col une traction soutenue. Il faut faire ces manœuvres lentement et les répéter patiemment. Lorsque l'utérus est réduit, il faut entrer le doigt dans le col, afin de s'assurer que la réduction est complète. Si elle ne l'est pas et ne peut pas être obtenue par des pressions directes, il faut craindre une récidive, qu'on cherchera à éviter en faisant un tamponnement serré de la cavité utérine avec des lanières de gaze iodoformée. On terminera par un tamponnement du vagin qu'on changera tous les deux jours.
b) Inversion récente. — Elle est habituellement observée au moment de la délivrance. On doit donc distinguer le cas où le placenta est décollé et celui où il est adhérent au fond de l'organe. Dans le premier cas, on agira comme précédemment, et la réduction sera d'autant plus facile qu'elle suivra de plus près l'accident. Dans le deuxième cas, on devra saisir le placenta en même temps que le fond de l'utérus et tenter la réduction en bloc. Si le placenta est en partie décollé, on fera mieux de l'enlever rapidement et de réduire ensuite.
B. Procédés divers. — i° Procédé de Emmet. — Il exerce avec la paume de la main et les doigts une forte pression sur l'utérus. En même temps il essaye, avec l'extrémité des doigts, de dilater le col. Enfin pour garder le résultat acquis, il suture temporairement le col.
20 Procédé de Nœggerath (1862).— Il commence la réduction par le fond de l'utérus, en cherchant à engager une corne utérine, puis l'autre.
3° Procédé de Sims(i866). — Marion Sims considère les fibres circulaires du tissu utérin comme étant le principal obstacle à la réduction. Avant de tenter cette dernière, il fait, sur toute la longueur de la partie en inversion, plusieurs incisions, destinées à sectionner ces fibres circulaires.
40 Procédé de Barnés ( 1 869) . — Pour cet auteur l'obstacle principal est le col de l'utérus. 11 fait donc sur le col plusieurs incisions, et cherche à obtenir la réduction au moyen d'un pessaire à tige.
280 CHIRURGIE DE i/UTÉRUS.
5° Procédé de Pâte (1878). — Il introduit un index dans la vessie^ par l'urèthre dilaté et l'autre index dans le rectum. Avec les deux doigts il saisit et fixe l'entonnoir, tandis qu'avec les deux pouces introduits dans le vagin, il repousse en haut le fond de l'utérus.
6° Procédé de Courty (1881). — Il introduit deux doigts dans le rectum, les recourbe en crochet pour saisir les bords de l'entonnoir à travers la paroi du rectum; puis de l'autre main, introduite dans le vagin, il repousse la partie de l'utérus en inversion.
70 Procédé de O. Kustner (1893). — Il ouvre d'abord le cul-de-sac postérieur et pénètre avec le doigt dans le cul-de-sac de Douglas. Il explore l'entonnoir, détache les adhérences qui peuvent unir ses bords. Il pratique ensuite une incision longitudinale postérieure unique et tente la réduction.
2° Méthode lente. — A. Procédé classique. — On cherchera à obtenir la réduction en faisant une compression continue sur l'organe inversé. La malade est placée dans la position de la taille; avec les écarteurs on découvre la tumeur. On entasse alors successivement dans les culs-de-sac vaginaux, autour de la tumeur, puis au-dessous d'elle, des bandelettes de gaze iodoformée, qui doivent être introduites avec force. On place une sonde de de Pezzer dans la vessie, puis on maintient le tamponnement vaginal avec un bandage en T, fait en tissu élastique. La malade est maintenue dans le repos horizontal, et on renouvelle le tamponnement au bout de 48 heures. Le traitement devra être continué avec persévérance pendant i5 à 20 jours.
B. Procédés divers. — i° Procédé de Taylor Smith. — Il combine la réduction manuelle avec le tamponnement du vagin, au moyen d'un pessaire de Gariel.
20 Procédé de Kroner. — Il pratique le tamponnement vaginal, avec le colpeurynter de Brawn. L'appareil est introduit vide, puis distendu avec de l'eau, autant que la malade peut le supporter.
3° Procédé de Lawson Tait (1870). — Il emploie un pessaire à tige, surmonté d'une plaque creusée, destinée à s'appliquer sur la tumeur. L'autre extrémité de la tige est fixée à une ceinture abdominale par une espèce de bandage en T, ou un appareil élastique.
40 Procédé de Kocks(i88o). — Il pratique avec de la gaze iodoformée le tamponnement des culs-de sac vaginaux, puis emploie le colpeurynter.