‹ Chirurgie de la mainChapitre 14 sur 69 · FRACTURES DES PHALANGES · texte numérisé non relu

FRACTURES DES PHALANGES

Ces os, par leur situation, sont exposés à être fréquemment le siège de fractures, le plus habituellement, il est vrai, compliquées d'écrasement ou de plaie. Les fractures simples ne sont cependant pas rares, et souvent elles sont produites par des causes directes.

La première phalange, qui est la plus large et la plus fixe, semble être le plus exposée au traumatisme ; les autres, petites et mobiles, échappent plus facilement aux agents vulnérants. La cassure s'observe ordinairement au milieu de l'os, et le diagnostic est rendu facile par la crépitation, la mobilité et la douleur.

La déformation est presque uniquement déterminée par la cause fracturante ; quelquefois cependant les fléchisseurs' entraînent l'extrémité inférieure du fragment inférieur, en sorte que son extrémité supérieure remonte sur le fragment supérieur. Dans quelques cas on a observé une saillie angulaire dorsale ou latérale.

L'immobilisation s'obtient au moyen d'une ou plusieurs attelles en bois ou en gutta-percha maintenues par des bandelettes de diachylon. Les doigts voisins peuvent servir d'attelles latérales. Malgaigne, pour éviter les raideurs articulaires consécutives, recommande de placer les doigts dans une légère flexion. De toutes façons, il faudra commencer les mouvements dès la fin de la troisième semaine.

Lorsque la coaptation n'est pas faite avec soin, il peut arriver une consolidation vicieuse ou une pseudarthrose. Récemment

j'ai été obligé d'amputer un doigt dont la première phalange fracturée, trois mois auparavant, était le siège d'une pseudarthrose fibreuse avec déviation angulaire des fragments.

Page 1