I. — Plaies simples
Les piqûres et les coupures peuvent être superficielles ou sousaponévrotiques.
D'ordinaire elles sont peu graves et guérissent facilement. Quelquefois cependant elles présentent des caractères particuliers dus à la présence dans la plaie du corps étranger qui a occasionné la blessure (éclats de verre, fragments de porcelaine). Signalons enfin la fréquence du tétanos dans les plaies légères des extrémités digitales.
Ces plaies occupent ordinairement la paume de la main, et correspondent à une ligne allant de la commissure du pouce au bord cubital.
Quand la solution de continuité est simple, avant tout il faut s'assurer s'il n'existe pas de corps étranger à retirer. Si elle est supposée venimeuse ou virulente, le chirurgien cherchera à empêcher le virus de séjourner dans la plaie et de passer dans l'économie. A cet effet, après avoir bien lavé la plaie, il tâchera par la pression ou la succion à extraire le sang et le poison, en même temps que sur l'avant-bras sera appliqué un lien circulaire qui restera en place pendant plusieurs heures, dans le but d'empêcher l'absorption des matières septiques.
On donnera au membre une position telle, dans le cas de coupure, que les bords soient le plus rapprochés possible, et on les maintiendra avec du taffetas ou du collodion. L'avant-bras et la main seront élevés et placés de façon à lutter contre la pesanteur et à rendre la circulation du sang facile.
Quand il existe une section plus ou moins complète d'un doigt, faut-il essayer d'obtenir le recollement des parties séparées ? La plupart des auteurs sont pour l'affirmative à cause de la vascularisation toute particulière des doigts qui jusqu'à un certain point peut être comparée à celle de la face. Nous pensons, avec Béranger-Féraud, qui appuie son opinion sur 34 cas de division complète et 53 de séparation incomplète, que le plus souvent la réunion échoue. Lorsqu'il s'agit de parties complètement divisées le doigt ne récupère presque jamais ses mouvements et reste immobile et ankylosé. Aussi, sauf des cas exceptionnels, et seulement chez des sujets jeunes, nous engageons à ne pas tenter
la réunion des parties complètement séparées à cause de la difficulté de la réussite et du peu de chances qu'on a d'obtenir un résultat favorable au point de vue du fonctionnement de la main.