PIQURES AN ATOMIQUES
Les piqûres de la main sont souvent compliquées, et servent de porte d'entrée à un virus animal ou végétal (syphilis, piqûres d'insectes, etc.).
Parmi les plaies virulentes il en est auxquelles les médecins se trouvent plus particulièrement exposés. Nous voulons parler des inflammations consécutives aux piqûres anatomiques.
A. Les piqûres peuvent devenir le point de départ des tubercules que nous décrivons plus loin.
B. D'autres fois il se manifeste sur la partie blessée des accidents locaux graves caractérisés par une douleur intense avec démangeaison vive. Au bout de cinq ou six heures on voit apparaître une petite vésicule, et le malade accuse une pesanteur, une constriction dans la partie blessée qui devient rouge, luisante surtout au niveau du point lésé. La tuméfaction envahit la totalité du doigt et gagne la main ; quelquefois même il existe quelques traînées lymphatiques sur l'avant-bras. Les phénomènes généraux sont peu marqués au début, mais il faut se méfier de ces inflammations localisées en apparence; elles ont une grande tendance à gagner les parties profondes, et sont souvent le point de départ de panaris phlegmoneux, de synovites et d'abcès des gaines tendineuses.
En présence d'accidents de ce genre, il faut se garder des émissions sanguines, et recourir le plus tôt possible à la cautérisation. La préférence doit être donnée au cautère actuel qui soulage immédiatement le malade, et qui possède une action remarquable sur la diminution de l'inflammation. Lorsque les parties sont très tuméfiées, on se trouvera bien de faire des incisions dans lesquelles on promène le cautère. Mais dans tous les cas il est
indispensable d'agir avec promptitude et énergie pour enrayer au plus vite les accidents.
C. D'autres fois la lésion locale est insignifiante et ne se manifeste par aucun changement dans les parties blessées ; mais au bout de quelques heures, le malade éprouve une céphalalgie plus ou moins intense ; quelques légers frissons sont suivis de nausées et de vomissements bilieux. La fièvre s'allume, le pouls est accéléré, petit, irrégulier, la bouche sèche ; quelquefois un peu de délire passager. On voit alors sur l'avant-bras et le bras des traînées lymphatiques rouges aboutissant à un engorgement ganglionnaire de l'aisselle. La tuméfaction axillaire d'abord douloureuse et profonde, devient superficielle, l'adénite se change en adéno-phlegmon. En même -temps les phénomènes généraux s'amendent, et une fois l'abcès ouvert, le malade guérit, mais reste longtemps faible et anémique.
Cette adéno-lymphite remarquable par sa marche rapide et par l'anémie consécutive sera traitée comme les lymphangites ou les adénites ordinaires, en ayant soin toutefois de relever aussitôt que possible les forces du malade par un régime fortifiant.
D. Il survient enfin, malheureusement trop souvent, à la suite des piqûres anatomiques, des accidents généraux à marche foudroyante.
La blessure dans ces cas est entourée de petites vésicules remplies d'une sérosité sanguinolente de mauvais aspect. Bientôt le tissu cellulaire se prend ; les lymphatiques ou les veines s'enflamment, et la maladie gagne rapidement la main, l'avant-bras, le bras, et même le tronc. C'est dans ces casque l'on voit se produire des phlegmons diffus, des gangrènes plus ou moins rapidement foudroyantes, des érysipèles bronzés, des septicémies ou des pyohémies qui entraînent la mort dans les vingt-quatre ou trente-six heures.
Les douleurs sont intolérables, les fr issons violents et continus, le pouls petit, accéléré, irrégulier. L amaigrissement est rapide,
et bien que l'intelligence soit ordinairement conservée, on observe tous les phénomènes de l'adynamie. Notons encore qu'une pleurésie ou une pleuro-pneumonie intercurrente viennent souvent hâter l'issue fatale de la maladie.
Le seul traitement à mettre en usage contre ces intoxications suraiguës est l'emploi du cautère actuel rapidement et largement appliqué. Les toniques et les boissons alcooliques employés dès le début aideront dans la mesure du possible à soutenir les forces du malade.