VI. — Drainage de la plèvre par le procédé
DE GhASSAIGNAC.
Ce procédé n'est que l'application à la plèvre de la méthode du drainage préconisée d'une façon générale par ce chirurgien : une incision
FiG. 21. — Trocart courbe do Chassaigno.
préalable des téguments était faite au bistouri ou à la lancette au niveau du 6° ou du T espace intercostal, à l'union de ses deux tiers antérieurs et de son tiers postérieur. Dans cette boutonnière cutanée, Chassaignac introduisait son grand trocart courbe (fig. 21) ou droit, pénéirait dans la plèvre et le ramenait par transfixion de dedans
1. Chassaignac. Empyème traité et guéri par le drainage, — Monit. des hop., Paris, 4 novembre 1856, IV, 1043.
32 THORACENTÈSE ET DRAINAGE PLEURAL
en dehors, dans le même espace intercostal, de manière à comprendre un pont tégumentaire.
La canule du trocart servait ensuite à conduire le drain.
Cette méthode, qui ne semble pas avoir donné de bien brillants résultats *, a été employée ensuite par le professeur A. Richet, peu enclin cependant à imiter Chassaignac.
VIL — Térébration des côtes.
La térébration des côtes date d'Hippocrate ; Reybard la conseille pour bien fixer la canule à la paroi; mais c'est surtout Sédillot (fig. 22) qui
Fia. 22. — Procédé do térébration dos côtes do Sédillot.
s'applique, dans un mémoire à TAcadémie de Médecine, en 1857, à mettre en lumière tous les avantages qu'il trouve à un pareil procédé.
1. Hobon. Du traitement de Vempijème purulent par te draL nage chirurgical. Thèse de Paris, 1867. — Antelme. Quelques considérations sur le drainage de Vempgème. Thèse de Paris,
TERÉBRATION DES COTES 33
Il incise les téguments sur la 9° ou 10® côte jusqu'à Tos, racle le périoste, trépane avec un instrument de 4 millimètres, en évitant Tartère intercostale, et glisse ou visse dans Tori- |ice une canule de môme diamètre. Il laisse ensuite couler le pus et place un bouchon :
celui-ci n'est enlevé que pour laisser échapper le trop-plein de la plèvre, toutes les quatre heures par exemple, le premier jour*. L'idée est fort simple, mais Ton conçoit combien vite doit s'infecier une pareille plaie.
La térébration des côtes et le procédé de Chassaignac constituent une sorte d'intermédiaire entre le drainage à la suite de la thoracentèse et le drainage à la suite de la pleurotomie.
Il existe certaine forme de térébration des côtes qui se rapproche plus encore de la pleurotomie que celle que nous venons d'indiquer. Reybard, en effet, en vissant dans Tos perforé un tube métallique muni d'un pas fileté, et Sédillot, en faisant pénétrer à frottement une canule d'argent, avaientpour but principal d'empêcher rentrée de Tair dans la plèvre, en particulier entre l'os et Tinstrument : ils voulaient qu'on pût à tout moment vider celle-ci de son contenu, en empochant l'air extérieur de pénétrer.
C'est dans un but très différent que Rey % d'Al-
1. J. Clopct. De la thoracentèse ou paracentèse thoracique dans le traitement des épanchements pleurétiques. Thèse de Paris, 1858.
2. Rey (A.\ Sur le traitement de la pleurésie purulente par la trépanation costale. (Rapport par Michaux/) — liull. Soc. dechir., Paris, 1894, XX, 853-8o6.
TIIOBACENTÈSE ET DRAINAGE PLEURAL
l^er, pratiqua la trépanation de la 9" c(He ; il voulut ainsi assurer seulement un drainage large, i'acile, constant; aussi ne se sert-il plus, comme Sédillot, d'une couronne de 4 milimètres de diamètre, mais de 1 centimètre. D'après l'auteur, ce procédé donnerait les mômes avantages qu'une rtSsection costale, sans en avoir les inconvénients. Depuis lors Roberts' a, lui aussi, pratiqué une trépanation costale qui a bien plus les caractères d'une résection que d'une ponction thoraciquc.