PLEURÉSIE PURULENTE ET PLEUROTOMIE
Choix de l'espace. — Le choix de. l'espace a donné lieu à bien des opinions différentes. Walther préférait le 4" espace; Fabrice d'Aquapendente, le S' ; Scharp et B. Bell, le 6'; Heeis, le 7°; Lanfranc le 8". D'après un travail récent', le milieu de l'incision doit correspondre à l'intersection de la gouttière verticale des cotes et du
isUt pour pratiijuer la pleurolomie.
Fabrice d'Aquapeudeote ; S.iad- •- ■■— ', incBion de MouUrdlioD de VeuLe.
bord supérieur de la 9° côte; Sabatier, Pelletan, Richerand, Chopart, Desault, Boyer préféraient le 9" espace à droite, le 10' à gauche; il n'est pas jusqu'au 11' espace qui n'ait été choisi; Vesale y arrête son choix.
i. Baudon. De la thoracolomie poalérieure dam le traitement des pleurésies purulenleàZde l'enfance. Thèse de Paris,
tiS. percussion et l'auscultalion sont les preîers éléments pouvant permettre de fixer l'espace. Il faut tout d'abord préciser les limites de la collection et, la chose faite, pratiquer l'incision au point déclive de celle-ci, c'est-à-dire en bas et en arrière. Toute règle fixe est non seulement inutila, mais encore très dangereuse et ce n'est que comme moyenne que nous choisissons les espaces intercostaux, oii Moutard-Martin pratiquait Uempyème, le 7° ou le 8°, quelquefois le 9° du côté gauche. On placera l'incision un peu en arrière de la ligne axillaire postérieure; elle aura 6 centimètres de longueur.
La peau une fois sectionnée, on la tire légèrement en haut, déplaçant la plaie de 3 ou 4 millimètres; on incise l'aponévrose, les muscles; l'index gauche est mis dans la plaie : il sent le bord supérieur de la côte, le long duquel on va continuer à inciser jusqu'à la plèvre. De celte façon, on est certain d'éviter l'artère intercostale. Le pus une foia évacué, trois drains de longueur différente sont placés dans la plaie qu'on ferme autour d'eux; ils sont, d'autre part, fixés à ta peau. C'est-là une précaution qui ne paraîtra pas négligeable à ceux qui savent combien de drains ont disparu dans la plèvre, pour y créer des suppurations interminables et n'ôtre découverts qu'à l'autopsie.
Résection costale. — Moutard-Martin considère la résection d'une côte comme inutile ; elle peut cependant rendre de grands services quand l'espace intercostal estélroit ; d'autre part, elle com-
plique ppu l'opération et la côte réséquée est prompte à se reformer, comme nous pouvions nous en convaincre, dernièrement encore, chez un jeune confrère auquel il fallut faire une deuxième opération.
Il existe une si^rie de conditions qui peuvent constituer des indications très précises de ré-
section costale dans la pleurotomie : l'âge du sujet, tout d'abord ; l'étroitesse des espaces intercostaux chez les jeunes enfants rend difficile ot souvent inefficace la pleurotomie non accompagnée de résection costale. La virulence de l'agent infectieux, réclame pour le pus une sortie plus facile, un drainage mieux fait. Ilemarquons, que ces conditions [leuvent se combiner, comme dans les cas de pleurésie putride chez
MANUEL OPÉRATOIRE
l'enfant : un des derniers auteurs' s'étant occupé de cette affection déclare que le seul traitement consiste en une pleurolomie précoce avec « résection costale indispensable ».
Si nous n'insistons pas davantage sur la résection costale c'est que cette opération rentre plutôt dans la Ihoracoplastie que dans la pleurotomîe proprement dite. Car, la llioracoplastie, dont nous nous occuperons bientôt, ne doit plus être considérée aujourd'hui comme une intervention destinée seulement aux complications éloignées de la pleurésie purulente, mais comme pouvant être dès le début appliquée au traitement de l'empy&me lui-même'. Quant aux lavages que prescrit Moutarcl-Martin, nous allons voir dans un moment tous les liquides qui ont pu être proposés.
Pansement et résultats opératoires. — Le pansement ne se compose que de sparadrap et de coUodion, et c'en est assez pour nous expliquer que Moutard-Martin accuse dans sa statistique 31.5 p. 100 de morts et 20 p. iOO do fislules persistantes.
Sait-on à quoi Malgaigne et Léon Le Fort attribuent d'aussi médiocres résultats? A ce qu'on a abandonné les mèches de charpie, les tentes, qui, enfoncées dans la plaie, et maintenues par un bandage de corps, sufllsaient à
1. Simon. Pleurésie putride chez l'enfant. Thèse de Pari», IS91.
2, Beofc (C.) (de New- York). Zjtr Dekandtung des PyolkorOx. ^ Berlînet- Idiii. Wodien., 2j avril 1898.