PLEURÉSIE PURULENTE ET PLEUKOTOMIE
comme tout foyer purulent se consliluanl i cours de telle maladie générale,
La seule indication opératoire que nous voulions retenir de la nalure pneuniococoique de l'einpyfcme, est l'inuliliLé du lavage, qui semble en pareil cas plus contre-indiqué qu'en toute aulre circonstance, étant donnée la forme cyclique de la maladie.
La pleurésie à streptocoques est le type de celles qui réclament une intervention prompte et large : il n'y a discussion qu'au sujet de la nécessité des lavages; ils sont souvent dangereux, rarement utiles; tantqu'Jiles faire, mieux vaudra avoir recours à l'eau salée bouillie. Mais c'est surtout pour les pleurésies à streptocoques qu'il sera utile de pratiquer une brèche suffisante pour bien vider la plèvre et assurer un drainage déclive.
Les pleurésies à staphylocoques sont justiciables du même traitement.
Quant aux pleurésies putrides, on a constaté que souvent l'incision ne suflisait pas, et l'on s'est demandé, en Allemagne, si elles ne seraient pas plutôt justiciables du Playfair-Biilau.
Ne devrait-on pas, en pareil cas, accuser la pleurotomie d'être, non pas tiop audacieuse, mais trop timide, et le passage à la chronicité, de ces foyers pleuréliquos, ne tient-il pas souvent à la présence d'un loyer pulmonaire resté en dehors de l'intervention?
Cette remarque s'appliquerait aussi à certaines pleurésies à streplocoquos. Dernièrement, M. llubart rapportait le cas d'un malade dont
INDICATIONS ET CONTBE-ISDICATIOXS 11
l'état a'aggravail de jour en jour malgré l'aspiration et lo drainage. M. Habart ouvrit le ihorax, détacha d'épaisses fausses membranes recouvrant la plèvre, reconnut la présence d'un foyer purulent dans lo lobe inférieur du poumon, ouvrit et tamponna ce foyer; or la guérison suivit rapidement cette intervention hardie'.
Les indications créées pour la pleui-rsie tuberculeuse, au sujet de la pleurotomie, sont Lien plus délicates.
Il est tout d'abord indispensable de distinguer entre les pleurésies tuberculeuses et les pleurésies purulentes de natures différentes chez des tuberculeux : ces dernières rentrent dans les formes précédentes.
Quant aux premières, le nombre des chirurgiens se refusant à la pleurotomie semble diminuer chaque jour ; et cependant, si Ton considère les nombreuses statistiques relevées, on constate que la lélhalité est plus considérable après la pleurotomie qu'après la ponction; mais, en revanche, les guérisons complètes sont bien plus fréquentes dans le premier cas que dans le second. Certes, il est tel tuberculeux chez lequel toute intervention chirurgicale est injustifiée, mais, du moment qu'on intervient, n'y a-l-il pas avantage à avoir recours à l'intervention ayant la plus de cbances d'amener la guérisoii vraie?
Nous ne voyons pas la raison d'être de l'opi-
1. M. Habart, Trois cas de chirurgie pulmonaiie. — Société impfTio-royole des médecins de Vienne, H et 18 novembre i&'iS. — Presse médicale, Paris, 1898, a' 91, i!!e.
iiion moyenne de Baumici-'. Celui-ci s'en tient il'abord aux ponctions exploratrices; si l'élat du poumon est salisfaisant, il fait ensuite la thoracotomie; sinon, il continue les ponctions palliatives, et se réserve, alors que le tliorax s'aplatira, de pratiquer une résection thoracique, si l'état général du malade le permet.
Cette temporisation ne nous semble avoir îiucun avantage : la santé du sujet, et en tout cas, l'état de la plèvre, seront d'autant moins favorables qu'on aura attendu davantage.
« La tuberculose, dit Peyrot', ne devient une contre-indication à la pleurotomie que lorsqu'elle a envabi une portion notable du poumon et qu'il existe des signes cavitaires nets et étendus. Dans CCS conditions, l'opéré est trop exposé à succomber de suite après l'opération. Mais, je ne saurais trop le répéter, il faut des lésions reconnues et étendues, pour justifier l'abstention. »
Remarquons que si l'état du malade est salisfaisant, ce n'est pas à la simple incision qu'on pourra s'en tenir; nous verrons bientôt les heureux résultats qu'on peut alors attendre de la large résection costale.
1. Bailiiiler(Ch.). Die Behandlang der Plewaempyeme bel an Lunfim Tuberkulose Leidenden. — Congr. de Rome, 1894. Deii'Kchf me,l. Woch., 1801, XX. n"" 3: et 38, 717; 738.
y. Cuyrot. T'Wté de chirurgie. î' édition. V, 138.