‹ Chirurgie de la plevre et du poumonChapitre 36 sur 99 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

bien des discussions et voulant ménager un peu tout le monde, on a baptisé celte opL^ralion Gayet-LeUévant, dite d'EsUander.

Parmi les premiers chirurgiens l'ayant pratiquée en France, citons \Veis9 (de Nancy) en 1881, Poncet (de Lyon) en 1882, Bouilly (de Paris), la môme année. En 1883, P. Berger présenlait un rapport sur ce sujet à la Sociiîté de Chirurgie; il y publiait quatre cas inédits qui, en s'ajoutanl à ceux déjà connus, portaient à 26 le nombre des interventions, dont 10 guérisons et 5 améliorations. Depuis,?. Michaux a publié un travail sur le même sujet dans la Gazelle des Hôpitaux (1888). La mi^me année, au Congrès français de Chirurgie, Le Fort, Duret, J. Bœckel, OUier, Delorme, Trélat, Thiriar prenaient part h une longue discussion à propos de cette opération.

Mais déjà certains chirurgiens modifiaient le procédé primitif. Max Schede' proposait de réséquer la paroi dans toute son épaisseur et d'appliquer directement la face profonde de la peau à la plèvre pulmonaire (1881). J. Bœckel (1886) préconisait l'incision en croix et le raclage de la plèvre.

Nous étudierons tout à l'heure ces divers procédés, en môme temps que ceux plus récents de Quénu (1891), de H. Delagénière (189i) et de Boirfin(189S).

JI. — Opération d'Estlandeh.

L'opération, dite d'Est lander, peut être divisé( en quatre temps. Dans le premier, on incise les parties molles; dans le deuxième, on pratique la résection des côtes; le troisième est consacré au traitement de la plèvre, et le quatrième, au drainage cl à ia suture.

Anestbésie. — Mais tout d'abord se pose la.' I question de l'anesthésie; on l'a considérée comm,( ' I dangereuse, vu l'état du poumon; c'est, en effet, I une raison pour redoubler de précautions, mais; ' l'anestliésie générale n'en est pas moins obliga- \ toire.

Siège de l'opération. — Lo malade est couché f sur le cùté sain, car c'est^ur la région thoracique I latérale qu'on va faire porter la résection; or, quelles en seront les limites extrêmes? En haut, la troisième côte, en bas, la huitième. On est monté pins haut, il est vrai : Delorme a môme réséqué la première cûle, ce qui est d'ailleurs - inutile; on peut descendre plus Las, comme ^ H. Delagénière ; mais ce sont alors des procédés 1 spéciaux, qui s'éloignent de l'opuraliou typique d'Estlander. Quant aux limites en avant et en j arrière, rappelons que c'est entre les Iigne8.d axillaire!4 antérieure et postérieure qu'il est! préférable de pratiquer la résection; toutefois, * jon peyt aller en avant et en arrière de ces ■Jignes; on peut enlever jusqu'à 10 centimètres Tdo la huitième cûte,

OPÉRATION D'ESTLANDER 83

. A l'avant-demier Congrès de Chirurgie allemand, Kœnig', discutant le siège le plus favorable pour les résections costales, concluait en faveur des Irégions dorsale et sub-axUlaire, cette dernière étant encore plus avantageuse que la

Tel n'était pas l'avis de Schede'; pour lui,

la ligne axillaire était préférable, alois que l'on faisait des résections tardives; mais, si l'on opère de bonne heure, comme on a tendance à le faire

i. Kcenig, La Ihoracoplaslie et le iraitement de l'empyëmt. (DwcttSiionj. — Congr.allem. de chir.jiS avril 1898. — Seinaiiw méd., Paris, 1898, XVIIJ, 188.

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