‹ Chirurgie de la plevre et du poumonChapitre 59 sur 99 · II. — pNKUWOTlIOilAX 3IÉU1CAL PYOPNEUBlOTllOnAX · texte numérisé non relu

II. — pNKUWOTlIOilAX 3IÉU1CAL PYOPNEUBlOTllOnAX

Le pneumothorax médical qui, presque loi^ jours est un pyopneumothorax, peut-il être traia chirurgicalement avec avantage ?

La question a lité discutée à Paris à ia Socifl médicale des hôpitaux, le 13 novembre 1S91, l'opinion générale a été peu favorable à l'inted vention ; seul, Merklen s'appuyanl sur uneobseq vation personnelle s'en est montré presque pal lisan. Debove, Rendu, Netler semblent plutl opposés; Ricluirdière cite un cas qu'il considW comme favorable. Galliard ' dans un o.uvrage sOj le pneumothorax, fait remarquer que jusqu'à prf sent les tentatives ont donné plus d'insuccès q de succès ; il constate que Leyden n'a eu que dûa succès sur quatre cas de pyopneiiraolhorax tubojl culeux et Gullmann, un succès sur trois ca9;j

\ . Galliard. Le Pneumolliurax, Paris, iSOÎ. ïiaeiï. (Blbliothèffii Charoot-Debove). — La Ihoracentése dans le trailemenl d'm gence du pneitmalhorax. — Médecine moderne. Pari», 1 a tHni, XIV, HO.

PNKUMOTHOBAX MÉDICAL pense donc qu'on doit s'abstenir chez les tuber-

Gueltîues exemples d'intervention. — Ce n'est

pas, en elTc-t, parmi ces derniers qu'il nous faut chercber ni les premiers succès, ni les guérisons complètes.

Le pyopneumotborax qu'opéra'Guermonprez' s'était développé au cours d'une pleurésie suite de scarlaline. La résection costale qui fui pratiquée permit de mettre à nu une fistule bronchopulmonaire de i centimètres de liauteur; on sutura celle-ci au calguf; la convalescence fut longue, mais la guérison fut complète.

C'est par un procéd(5 un peu différent, et en utilisant sa méthode de volet thoracique, que Delorme', en 1893, intervenait sur un malade du service de Reynier; la fistule plouro-pulmoïiaire fut fermée par deux points de suture, la communication avec les bronches parut oblitérée; malheureusement, le malade, qui était tuberculeux, vit s'ouvrir par la suite une fistule plouro-cutanée.

C'est qu'on effet, dans le pyopneumothorax , l'infection de la plèvre constitue le facteur le plus important et son traitement, l'élément principal du succès. Aussi, voyons-nous Lardy' (de

1. Giiermoiipreï. Un ea.< de iiilure du poumon. — Guz. des !iôp., Paris, 1892, LXV, 999.

2. Delorme. Uiitusïi'on sur l'inleiTention cbiriirgicale dans lespetilea cavernes de la base du poumon. — Cungr. de Chir., Paris, imv.. 98-99.

3. Lartly. Corrtsp. Blalt fàr Schweiz. Aerzl., 15 mars 1893, lin, loc. cit.

CHIRURGIE DE ?,A PLfcVUE PULMONAIRE

Constantin oplc), intervenant dans un pneumothorax suite de grippe, se contenter d'aviver et lie curetler la fistule pulmonaire. Aprîjs avoir eu la chance Je décortiquer facilement le poumon, il lit un tamponnement antiseptique de la plèvre, la draina et sutura les téguments autour du drain : le malade guérit.

Le résultat obtenu par H. Delagénifere' est plus intéressant encore, en ce sens qu'il s'agit d'une caverne tuberculeuse communiquant avec la plèvre. 11 résèque successivement des fragments des huitième, septième, sixième côtes; il isole la caverne de la plèvre par quatre points de suture, placés à une cerlaine distance de l'orifice : les suites ont été simples.

Non moins heureux ont été les résultats des deux cas publiés par Gérard Marchant ' et cependant, il s'agissait de pyopneumotliorax chez des tuberculeux. Dans le premier cas, sur deux fistules, une seule est suturée, l'antre est inaccessible; dans le deuxième cas, la fistule a des bords friables qui s'effritent et ne permettent pas non plus de pratiquer la suture. Ces orifices se sont toutefois spontanément fermés; aussi, Gérard Marchant pense-t-il qu'il faut donner moins d'importance à l'occlusion immédiate de ces fistules qu'à leur grattage et surtout au traitement de la plèvre; il trouve Iroîs raisons diiïiirentes pour expliquer cette rapide fermeture

i. a. DelagéniÉM. Coiigr. de Chir., Paria, 1893, ilfl, loe. cil.

2. Gérard Marchant, Deax obiefvalium pour servir U J'Ai'sloire du traitement chirurgical du pijopneutnotliorax che: le* lubereuleux.~\\' Congr. de Chir., Psria, 22 uclobre 1883, 81.

PMEUMOTHORAX MÉDICAL ■ 1S3

spontani5e : 1° le pus de la plèvre ne passe plus par l'oririce, dérivé qu'il est par le drainage pleural; 2° la paroi thoracique, rendue mobile par l'opéraLion d'Estlander, tend à se rapprocher du poumon, et la plèvre pariétale lend à s'appliquer sur la Sstule ; 3° enfin le poumon en se dilatant, tend à rétrécir l'orifice,

Gérard Marchant insiste aussi sur les dangers du lavage pleural hien faciles à concevoir pour des cas de ce genre.

Indications. — Le traitement chirurgical du pneumothorax ne peut être encore nettement précisé, vu le petit nombre d'observations publiées; toutefois, quand il s'agit d'un pneumothorax traumatique avec épanchement de sang persistant, l'intervention parait très rationnelle.

La question est plus difficile pour ce qui est du pneumothorax médical, surtout s'il est d'origine tuberculeuse; et cependant, même on ce cas, l'opération nous senible très admissible, s'il ne s'agit pas d'une tuberculose avancée, mais bien de tubercules mal placés, d'une lésion peu étendue, mais périphérique, ayant de boime heure créé un pneumothorax. Celui-ci peut s'opposer à la guérison de la tuberculose par les mauvaises conditions où il place le poumon; en ce cas, supprimer le pyopneumothorax, c'est permettre à la tuberculose elle-même de guérir'.

!. Voir l'intéressant travaii lia R. Bovia : Dea indtcalioni ri dis résatlals du Iraiiemenl chirurgical du pneumothorax non Iraumatique; ia Gaz. des hôp., L\I\, Ptris, 20 et 25 juin IBgii, W' 71 6173, p. 717 et 73S.

Nous serions plus rtîservés s'il s'agissait d'une large caverne qui, ayant peu à peu ulcéré le parenchyme pulmonaire, se serait finalement ouverte dans la plèvre : dans ce cas du moins, il ne faudrait pas se contenter de traiter le pyopneumolliorax, mais traiter encore la caverne, comme le propose très logiquement H. Delagénière' (du Mans).

loi: cil î. Eli

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