Boyd. Loc. cit
LA PNEUMOTOMIE
dre, par conséquent, de déterminer la rupture du kyste par la diminution de sa pression intérieure ; d'autre part, la possibilité de contaminer son contenu n'a qu'une importance secondaire, si Ton est disposé à intervenir rapidement.
Une fois donc le diagnostic obtenu, la pneumotomie s'impose * ; nous avons dit le danger des autres méthodes; nous n'insistons pas sur les inconvénients des méthodes lentes et timides.
FiG. 6?.. — Thoracoplastie temporaire pour kyste hydatique du poumon (d'après Alejandro Posadas). — Incision et mobilisation des parties molles.
La résection paraît indispensable pour aborder le poumon sans crainte, et même pour explorer la plèvre.
C'est ici surtout que la thoracoplastie temporaire parait indiquée, étant donné qu'on a affaire
1. Thomas (D.). The operalive Irealment of ihe echinococcus^ cysts of the liver. — Austral., Med. J., Melbourne, 15 juillet 1889, n. s., XI, 408, Obs. XXX; Way, Idem, Obs. XXVIIl; Israël, IJefier Opération des Lungenechinococcus. — VerhandL d. deutsch. Gesclhch. f. Chir., Berl., 1886, 131-134.
KYSTES HYDATIQUES DU POUMON iZ2
à une collection généralement aseptique, et qu'il y a tout intérêt à fermer la brèche thoracique aussitôt après l'opération.
Dans un travail récent, Alejandro Posadas' conclut que la mobilisation temporaire d'un lambeau musculo-culané comprenant deux côtes,
Fio. B4. — Thoraeoplaslie temporaire [d'aprts A. Posidas). 1, Umbeaa mnaoulo-cntané rejotit ea dehors ; c, Face eiterne de àoa\ i U c6to supériaure'. Par cetla brftchs od
crée une brèche suffisante pour aborder le poumon; ce ne serait que dans des circonstances
1. Alejandro Posadas. Thoraeoplaslie temporaire et paHieUe pour Vextirpaiion des kystes hydatigues du poumon. Buenos- Ayres, I" octobre 1898.
Tebkieh et RBYuaND. — Chir. da la plivro. iî
254 LA l'NEUMOTOMIE
exceptionnelles qu'if pourrait être utile de se donner plus de jour.
L'auteur divise son intervention en cinq temps :
l" Incision et mobilisation des parties molles (lig. M);
2° Libération, section des deux côtes; mobilisation (le ces côtes en même temps que de l'espace compris entre elles {fig. 64 et 63);
3" Fixation du poumon qui est harponné, et ouverture de la plèvre (fig. 65 et 66);
4° Traitement de la lésion pulmonaire ;
KYSTES HYDATIQUES DU POUMON 2!i5
5° Réapplication du lambeau qui est suturé complètement (fig. 67).
Le procédé qui consiste à fixer le poumon avec un fil avant que d'ouvrir la séreuse est le meilleur moyen d'éviter la rétraction brusque du poumon ' au cas où n'existeraient pas d'adhérences de la plèvre; toutefois, l'état dans lequel
se trouve celle-ci peut modifier l'opération; trois
cas différents peuvent se présenter.
1° Les feuillets pleuraux adhèrent entre eux. —
LA PNEUMOTOMIE
Souvent les feuillets pleuraux adhèrent franchement et rincision conduira directement sur un tissu pulmonaire modifié, dur, non vasculaire, qu'on pourra traverser sans Taide du thermocautère. Tels les cas de Fenger et Hollister*, de Bouilly% de Delbet'. Après avoir sectionné une épaisseur plus ou moins grande de tissu pul-
FiG. 67. — Thoracoplastie temporaire sans drainage pour kyste hydatique du poumon. Dessin d'après la photographie d'un malade à qui l'on vient d'enloTer ses lils (A. Posadas).
monaire, on trouve généralement une masse molle qui fuit et revient à chaque accès de toux ;
1. Fenger et Hollister. Operiing and drainage of cavities in the lungs. — The american Journal of médical Science j 1881, LXXXII, 370-392 ; -Thèse de Bezoïi, 43.
2. Bouilly. Kyste hydatique du poumon; ouverture ancienne dans les bronches; suppuration abondante et fétide; pneumolomie. — Bull, et Mém. Soc. de Chir.j Paris, 21 juillet 1886, n. s., Xll, 646-655.
3. Braquehaye. Kyste hydatique du poumon gauche suppuré. — Bull. Soc. anat., Paris, 1892, 5 s., VJ, 474-476.
k'csI le kyste mobile dans sa cavîlé p^ri kystique L'inciser, le vider, le drainer, après avoir dé- «rrassé la poche des hydatides et des fausses Siembranes, sont des temps successifs sur lésais nous n'insistons pas; quant au lavage, ce que nous avons dit de la disposition de la cavité pdrikyslique, par rapport aux bronclies, suftit montrer son danger; mais en voici une preuve clinique. Après une opération qui n'avait rien présenté d'anormal, P. Berger fait dans l'intérieur d'un kyste liydatique pulmonaire des injections d'eau boriquée; à la troisième seringue, lé' malade se raidit, expulse des vésicules par la- bouclie et meurt.
2" La plèm-e est le sièije d'un épanchemetit. — Jfel le cas de Jonnesco qui, ayant fait une in- Ktsion de 10 centimètres dans le 1° espace inter- Bostal et réséqué 6 centimètres de la T côte, Trouva dans la plèvre une certaine quantité de liquide purulent sans que, pour cela, le kyste pût déjà ouvert dans la séreuse ; il fallut même Traverser 5 centimètres de parencbyme pour Riarvenir jusqu'à lui. On se contenta de drainer à la gaze iodoformée ; la ^uérison suivit.
II ne parait pas rationnel, en pareil cas, de. chercher à isoler la séreuse avant d'ouvrir lote; cette séreuse est infectée, le mieux e à son niveau un large drainage, pour éviter stagnation du liquide qu'elle peut fournir et, nu contenu du kyste qui peut y couler.
1. Jonnesco. A'y/f hijdaliqiie ilii poumon: pneumotomie, êrison. — Kon^r. de Chir. (Ptoc-verb.), Paris, Î2 octobri Dj, m-ll2.
L\ PNEDMOTOMIE
plèvre est saine. — Supposons mainteDai plèvre ne présente ni liquide, ni rences, ou que celles-ci soient incomplètes revient aii même- Que doit-on faire avant d'entamer le poumon^ Faut-il ne pas se préoccuper de suturer les feuil^ lets pleuraux? C'est là ce qu'aurait fait Poirier'j laissant pénétrer l'air dans la plèvre et ouvraiiâ directement la tumeur arrondie et dépr que présente le poumon.
iVIais peul-èire n'est-ce pas là un procédé saœ danger; car, de deux choses l'une : ou le kysU est infect(! et son contenu coulant dans la plèvi contaminera celle-ci; ou bien il ne l'est p; mais les hydalides ont alors chance d'Otre vantes et leur introduction dans la plèvre pour» rait déterminer de nouveaux kystes.
Il nous paraît donc utile do créer autour de lai
plaie de larges zones d'adhérences : c'est ce qu'Q
fait Péan' dans un cas où les adhérences i
^'lui paraissaient pas suffisantes.
Le procédé de Roux paraît ici bien indiqué^
1 aura soin de ne prendre avec l'aiguilla
Ique le parenchyme pulmonaire superficiel, et d
■Uc pas saisir la membrane propre qui, en et
J-ne se laisserait plus attirer une fois l'înc
pulmonaire faite.
Cotte incision sera pratiquée au bistouri ou aill
. Puirier. Kys/e hi/da/iijue du poumon droit. Ponctio, 't suppuration de lu paehe adveiitive. Pneiimotomie, - Thèse de Behr, 98-102, Joe. cit.
2. l'éan. Chivurgle dfs poumona — Congr. de Cliir., ■"i;;(Prcic.-¥(.rb.), 16.
thermocautère; une ouverture peu considérable relativement, permettra d'amener au dehors la poche hydatique qui se présentera d'elle-même. On draine généralement la cavité pulmonaire ; toutefois , Alejandro Posadas conseille , alors qu'on a retiré la membrane germinale, de suturer complètement la plaie sans drainage, ni marsupialisation.