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II. - RÉSECTIONS DE LA MACHOIRE SUPÉRIEURE

Avant de décrire les procédés de résection totale ou partielle du massif maxillaire supérieur, je dois attirer l'attention sur les difficultés et les accidents dus à l'hémorragie au cours de ces opérations et de toutes celles qui intéressent la cavité buccale ou pharyngienne et sur les moyens d'y pallier.

Toute intervention étendue et importante dans les fosses nasales, la bouche et le pharynx, s'accompagne d'une hémorragie notable qui ne cède guère qu'au tamponnement, car c'est un saignement en nappe et la forcipressure est souvent difficile. Le sang tend à pénétrer, sous l'influence de l'inspiration, dans les voies aériennes et à déterminer de ce fait une asphyxie rapidement mortelle; cet accident ne se produit que chez les malades anesthésiés, le réflexe protecteur de la toux ayant disparu. C'est là la complication la plus grave qui puisse survenir au cours de l'opération; j'ajouterai qu'en dehors même de ce fait, l'administration du chloroforme est rendue difficile par le siège des manœuvres opératoires, qu'il faut l'interrompre souvent, donner dans les intervalles de fortes doses d'anesthésique et que, même à ce prix, on n'obtient qu'un sommeil irrégulier entrecoupé de demi-réveils.

Éviter la pénétration du sang dans les voies aériennes est donc un point d'importance capitale, d'autant plus que les sujets chez qui cet accident s'est produit sans être immédiatement mortel, sont certainement beaucoup plus exposés que les autres à la pneumonie de déglutition, à laquelle sont dus plus des trois quarts des morts post-opératoires.

On a proposé, pour éviter l'entrée du sang dans le larynx, les cinq movens suivants :

1° Supprimer purement et simplement Vanesthésie générale de

façon à conserver la sensibilité du larynx et le réflexe de la toux : Yerneuil donnait du chloroforme au début de l'opération, pendant les incisions et les temps extrabuccaux, puis il réveillait le patient et le faisait asseoir avant d'ouvrir la bouche et de pratiquer les sections osseuses ; Kronlein, encore plus radical, fait toute l'opération sans endormir, avec la seule anesthésie locale cocaïnique ; c'est à cette pratique qu'il attribue ses extraordinaires succès : alors que la mortalité moyenne des résections de la mâchoire supérieure est de 15 pour 100, elle ne dépasse pas ."> pour 100 à la clinique de Zurich. Malgré cela, la résection du maxillaire est une opération trop longue, trop grave, la sphère du trijumeau sur laquelle

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