‹ Chirurgie de la tete et du couChapitre 3 sur 97 · IS · texte numérisé non relu

IS

tin INTRODUCTION.

Le Précis de Technique opératoire est donc avant tout un manuel qui permet, sur le cadavre, de se préparer aux opérations que Ton doit exécuter sur le vivant. Il ne sera pas moins utile à ceux — et c'est le plus grand nombre — qui n'ont point à leur disposition un amphithéâtre où ils puissent repasser les règles de l'acte chirurgical qu'ils auront prochainement à accomplir, aux praticiens qui sont dans l'obligation de pratiquer à bref délai une opération qu'ils n'ont jamais ou qu'ils n'ont que rarement eu l'occasion de faire ou de voir faire par leurs maîtres.

Ils y trouveront le manuel détaillé des opérations courantes que tout médecin, livré à ses seules ressources, peut être appelé à exécuter s'il ne veut laisser péricliter son malade : la trépanation de la mastoïde, l'opération de l'appendicite aiguë, les sutures intestinales, par exemple; ils y trouveront aussi les directions qui leur permettront l'abord des interventions plus compliquées et d'un ordre plus élevé, quand ils s'y trouveront encouragés par leurs aptitudes chirurgicales.

Pour ôter au lecteur toute incertitude et pour lui éviter d'avoir à se prononcer entre des procédés qu'il ne serait pas toujours à môme de juger, il importait de faire pour lui ce choix, et parmi ces procédés de ne lui en présenter qu'un seul pour une opération déterminée; c'est ce qu'ont fait les auteurs. Ils ont, à dessein, passé sous silence tout ce qui n'est pas pour eux ce procédé de choix, négligeant toutes les variantes, passant sous silence parmi les modalités opératoires celles qui n'ont qu'un intérêt historique, forcés souvent de ne pas mentionner certaines pratiques utiles à connaître et parfois même bonnes à suivre; pour réaliser l'unité, la simplicité dans l'action comme dans l'exposition, ils ont tenu, pour chaque but à remplir,

IMÏIOIilCVIIIY

à ne proposera l'opérateur qu'un plan cl à lui on tracer

les lignes sans lui permettre d'en dévier.

Nous arons dil que dans toute opération ce plan, cette ligne de conduite étaient luises sur lit connaissance exacte de l'aualomie de la région sur laquelle on opère.

l'n résumé clair et précis de ces notions était donc

in'u-i^sîiiir | i- servir d'introd notion à In description d'un

grand nombre de ces procédés. Celle introduction éclaire et abrège loul à la fois l'exposé de la technique opératoire. en rappelant les dispositions qui peuvent servir de point de repère dans la recherche d'un organe, celles qui, dans l'opération, peuvent créer des dil'licullés et des dangers, et qu'on n'a plus qu'à signaler d'un mot au cours de la description de l'acte opératoire lui-même.

Est-il besoin de dire que la lecture d'un procédé opératoire ne se fixe jamais dans L'esprit connue le fait son exécution, soil sur le cadavre, soit bien mieux encore sur

le vivant. Mais, à dél'atil de ce moyen d'étude, des ligures Simples el claires, précises autant que sobres de détails. représentant chacun des principaux actes, chacun des temps successifs de l'opération, permettent d'en suivre la description el de s'acheminer de station en station vers son achèvement, comme on le ferait l'instrument a la main. tlelle représentation par l'image est non seulement le complément obligé, mais l'une des parties les plus essentielles de l'enseignement par le livre.

Il est pour celui-ci ce qu'est la démonstration de l'opération à l'amphithéâtre dans renseignement pratique de la médecine opératoire. T'est dire le soin avec lequel les

iteurs uni tenu à ce que chacune de leurs descriptions liil accompagnée de ligures ombelles, exécutées sur leurs préparations, d'après leurs indications : il y avait à i

x INTRODUCTION.

égard un double écueiJ à éviter : trop exactement reproduite, ainsi qu'elle résulte souvent de la photographie, la représentation d'un temps opératoire est parfois obscure, surchargée de détails confus, et difficile à interpréter ; schématique, elle cesse souvent d'être vraie et de donner une notion exacte de ce crue Ton aura à constater au cours

de l'opération : il y a donc un terme moyen à trouver, et les très nombreuses figures qui illustrent le texte semblent le réaliser d'une manière à peu près irréprochable. Me sera-t-il permis de dire ce que je pense de la rédaction de cet ouvrage? Ainsi que je le rappelais tout à l'heure, le prosectorat à la Faculté de Médecine est l'Ecole à laquelle se sont formés presque tous nos chirurgiens; forcés d'apprendre pour enseigner aux autres, les prosecteurs gagnent à cet exercice incessant et simultané de la parole et de la main, à l'élaboration intellectuelle qui l'accompagne, une précision, une sûrelé impeccables dans l'exécution des opérations, une méthode et une clarté que peu d'autres acquièrent dans l'exposition des procédés qu'ils démontrent aux élèves. Internes ou anciens internes des hôpitaux, ils ont, en voyant opérer leurs maîtres, très souvent en opérant eux-mêmes, complété ce que l'exécution exclusive des opérations sur le cadavre laisse d'imparfait dans l'éducation chirurgicale. Forcés d'ailleurs de fournir dans un temps limité un enseignement complet des matières qu'ils ont à traiter à l'École, ils étaient particulièrement doués pour entreprendre la tâche qu'ils se sont imposée, et pour la mener vite à bien. Présentée de la sorte au lecteur, leur œuvre représente bien ce qu'elle doit être: l'exposé de la technique chirurgicale au moment précis où nous sommes.

Janvier 1904.

Page 1