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TRAITEMENT. DILATATION QUOTIDIENNE. INCISION. C

.le ne parle, en effet, que pour mémoire d'un moyen bien peu applicable, recommandé cependant par M. Gosselin, la dilatation quotidienne et progressive. Il faut, en effet, déjà mie grande tolérance de la part de la fissure pour supporter le contact d'une canule. Que sera-ce donc quand il s'agira du doigt et que ce supplice devra se renouveler tous les jours?

L'incision constitue le moyen curatif adopté par Boyer. Soit que ce procédé agisse en élargissant le canal, tout en changeant une plaie ulcéreuse en plaie simple, soit qu'il modifie l'innervation de l'anus, il donne un résultat immédiat. Le malade, dont le rectum a été débarrassé par un lavement, est placé dans la position de l'opération de la listule. Le chirurgien introduit dans l'anus son index gauche et, conduisant, sur la pulpe de ce doigt, un bistouri boutonné, il divise ou la totalité du sphincter, comme le voulait Boyer, ou le tiers de cet anneau, ce qui est en général suffisant et demande beaucoup moins de temps à guérir. Les inconvénients de l'incision tiennent au danger que présentent, au point de vue des complications, les plaies de l'anus, et nous avons assez insisté sur les craintes que nous inspirent l'érysipèle, l'infection purulente, à la suite de l'opération de la fistule par l'instrument tranchant, pour qu'il ne soit pas nécessaire de revenir sur ce sujet à propos de la fissure.

Je repousse donc entièrement l'incision, même avec le procédé mixte de M. Gosselin, c'est-à-dire l'incision unie à la dilatation. Ce procédé consiste à dilater doucement l'anus avec les deux index, puis à glisser dans la fissure, ainsi mise à nu. un bistouri qui divise le sphincter très incomplètement ; il me paraît devoir échouer plus souvent que l'incision franche, et ne point présenter la sécurité qu'offre la dilatation. C'est donc à cette dernière que nous aurons toujours recours.

654 FISSURES a l'anus chez les enfants.

Je me hâte de le dire en commençant, je ne me servirai pour dilater l'anus que de mes pouces. Je sais que M. Verneuil a proposé, comme plus commode, le spéculum bivalve, introduit doucement, puis ouvert lentement, jusqu'à développement complet. Quelque déférence que j'aie pour l'autorité incontestable de M. Verneuil, et quelque excellentes directions que j'ai reçues de lui dans plusieurs circonstances, je dois dire que toutes les fois que j'ai employé ce dernier procédé, soit que je n'aie pas suivi à la lettre le modus faciendi qu'il recommande, soit que je sois tombé sur des sujets rebelles, le résultat a été incomplet et la récidive presque immédiate.

C'est donc aux deux pouces que vous aurez recours, et cela de la manière suivante :

Le malade est profondément anesthésié. Vous savez déjà pourquoi; permettez-moi, en outre, de vous dire que le chloroforme, par la méthode sidérante, révèle ici, d'une façon inattendue, un mérite qu'on ne lui soupçonnait pas, qui^est de sauvegarder le secret des malheureux malades.

Pour ma part, j'ai souvent entendu des sujets incomplètement endormis et trompés sur la nature de l'organe que le chirurgien introduisait, se laisser aller aux révélations les plus compromettantes et les plus pitoyables.

Le malade est donc rapidement et profondément anesthésié. La résolution une fois obtenue, le chirurgien le fait placer dans la position de l'opération de la fistule, puis, ayant huilé ou graissé ses deux pouces, il les introduit doucement, l'un après l'autre, dans le rectum, de façon à ce que les ongles des pouces soient en contact. Cela fait, écartant les doigts de façon à prendre un point d'appui solide sur chacune des tubérosités de l'ischion, il rapproche, à l'aide d'un effort lent, mais soutenu, le pouce de la paume de chaque main, jusqu'à ce que ce pouce se trouve en contactavec la face interne de latubérosité ischiatique . Un léger écoulement de sang

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