TRAITEMENT. INCISION. DRAINAGE. PONCTION
la facilité avec laquelle le poinçon joue dans la canule ; je conseille de ne jamais négliger cette précaution. Elle ne sera jamais inutile ; quand elle ne servirait qu'à empêcher un opérateur distrait d'enfoncer dans l'hydrocèle le trocart non recouvert de sa canule, ce qui arrive le plus souvent à un interne, par exemple, opérant sous les yeux de son chef et avec l'émotion d'un débutant, comme j'ai vu le fait se produire une fois.
Le chirurgien tend ensuite de la main gauche la masse scrotaleet enfonce le trocart de la main droite, non pas avec violence, mais doucement, lentement, et par un petit mouvement de vrille. Ce moyen lent, qui évite toute espèce d'échappées, permet d'arriver sans encombre dans le sac de l'hydrocèle. Le poinçon est alors retiré, et le liquide, évacue dans un petit vase disposé à cet effet, et que l'on place entre les jambes du malade.
Quand l'évacuation est complète, l'injection se fait, s'il y a lieu, avec une seringue dite à hydrocèle, et chargée, soit de la solution iodée, soit de vin chaud.
L'injection consécutive à la ponction est généralement pratiquée en France, soit avec les liquides que je viens de citer, soit avec du lait chaud, ou même avec le liquide provenant de l'hydrocèle. Cette injection n'est pourtant pas sans danger; ainsi, j'ai observé moi-môme un cas remarquable d'inliltration,dueàcette pratique, qui s'est terminée par une gangrène de la tunique vaginale.
Je ne dirai qu'un mot de l'injection d'alcool rectifié, faite à l'aide de la seringue de Pravaz, qui a d'abord servi à retirer une quantité de liquide identique à la quantité d'alcool injecté ; ce procédé, expérimenté par moi à l'hôpital Saint- Antoine, ne m'a pas donné d'accidents, mais je ne l'ai jamais vu réussir à empocher la reproduction de l'épanchement.
Le procédé que vous nous voyez employer le plus souvent est celui de Defer(de Metz), repris et vulgarisé par Maisonneuve. J'ai opéré bien des hydrocèles par ce procédé ; j'en ai vu opérer un très grand nombre par Maisonneuve et par Désormeaux, et j'en suis encore à constater le premier ' accident consécutif à cette opération. Quant aux récidives, c'est tout au plus si j'en ai observé cinq.
Ce procédé est, comme vous l'avez vu, des plus simples. La ponction évacuatrice se fait comme ci-dessus et le liquide est extrait aussi complètement que possible.
Gela fait, le chirurgien, armé d'un stylet cannelé, dans la rainure duquel il a fait à l'avance fondre du nitrate d'argent, l'introduit dans la canule par la poche vide, l'y promène pendant une minute environ, le retire ensuite, ainsi que la canule, et tout est terminé.
Trois précautions sont pourtant indispensables, si l'on veut mener à bien cette opération.
La première consiste à chauffer d'abord à la lampe à alcool le stylet cannelé avant d'y introduire le nitrate, sans quoi le petit lingot de nitrate n'adhérerait pas au stylet et pourrait tomber dans la cavité vaginale.
Le second précepte consiste à s'assurer, avant la ponction, que le stylet chargé de nitrate pénètre facilement par la canule.
Enfin, quand on retire stylet et canule, il est bon de retirer le stylet le premier; car si l'on retirait le tout ensemble, comme on a toujours la tentation de le faire pour aller plus vite, le stylet, passant le dernier, cautériserait les bords de la plaie et empêcherait leur adhésion, qui est, en général, pour ainsi dire instantanée.
Les suites immédiates de cette opération ne sont pas d'abord plus rassurantes que celles que l'on observe après l'injection irritante ; il y a de la douleur, de la chaleur, de la tumé-