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LÉSIONS TRAUMATIQUES DE LA CORNÉE

haut en bas, à l'union de son tiers externe avec les deux tiers internes. L'œil paraissait mou et Masque, et je pus craindre au premier abord qu'il ne fût complètement vidé. Il n'en était rien, heureusement. La chambre antérieure, seule, avait été intéressée ctévacuée.

Je n'en étais pas moins inquiet des suites de cette aventure, mais, fort heureusement, mes appréhensions ne furent pas justifiées : en l'espace de quelques jours, la plaie cornéenne se referma, le liquide se reproduisit et remplit à nouveau la chambre antérieure. Une cicatrice linéaire, d'une faible étendue, gêna bien un peu la vision, mais finit ellemême par disparaître.

Tous les résultats ne sont pas aussi heureux; et j'ai plusieurs fois observé, à la suite des plaies de la cornée, des accidents sérieux, tels que l'ophthalmie, la hernie de l'iris. Quant aux terminaisons plus graves, telles que la formation d'un staphylôme postérieur ou la fonte complète de l'œil, avec issue du cristallin et du corps vitré, je sais qu'on en a cité des exemples; mais je n'en ai jamais observé pour ma part.

Le traitement sera des plus simples. Ne vous effrayez pas de l'étendue de la plaie, et n'allez pas, à l'exemple de Critchett et de Dieffenbach, vous mettre à suturer la solution de continuité; vous ne feriez, chez les enfants, que de mauvaise besogne.

Combattez l'inflammation à l'aide de compresses froides, et même glacées. En cas d'inflammation, ne négligez pas les émissions sanguines, à l'aide de la sangsue naturelle ou artificielle ; enfin, à un moment donné, quand il n'y aura plus qu'une sub-inflammation, les styptiques et les astringents, unis à une légère compression, vous rendront de grands services. L'eau salée que j'ai du reste employée chez le petil malade, dont je viens de vous rapporter l'observation suc-

cincte, m'a paru, entre autres résolutifs, produire le meilleur effet.

Je passe sous silence les brûlures que je n'ai jamais eu l'occasion d'observer, si ce n'est comme une complication insignifiante, dans l'espèce, de désordres énormes qui ne tardaient pas à enlever les malades, et j'aborde la question des corps étrangers.

Les corps étrangers sont beaucoup plus rares chez les' enfants que chez les adultes, surtout si l'on ne considère que les jeunes enfants. Ces lésions deviennent beaucoup plus fréquentes chez les demi-adultes, que leurs fonctions d'apprentis exposent à tous les accidents inhérents à leur métier ; aussi les corps étrangers sont-il plus fréquents à l'hôpital Trousseau qu'aux Enfants-Malades, en raison de la proximité d'un plus grand nombre d'ateliers.

Ils consistent, en général, en fragments de coke et de fer et se remarquent surtout chez les apprentis maréchaux.

Leur gravité se complique presque toujours de la température à laquelle ils sont portés quand ils arrivent, sur la cornée, et de la véritable ustion qu'ils y produisent. C'est ainsi qu'un de mes clients a perdu l'œil gauche, à la suite d'une lésion de la cornée produite par un morceau de coke embrasé, dans un voyage en chemin de fer.

Je ne parle que pour mémoire de ce petit accident qui consiste dans l'intrusion gênante d'un moucheron ou d'un petit insecte dans l'œil; la douleur perçue est quelquefois assez vive ; la sécrétion des larmes devient surabondante ; des frottements reitérés des paupières amènent encore plus d'inflammation et tous ces phénomènes ne cèdent que lorsqu'on a pu relever la paupière supérieure, abaisser l'inférieure, et enlever le petit corps étranger à l'aide d'un corps mousse tel que l'extrémité d'une allumette, la tête d'une grosse épingle ou l'extrémité mousse d'un passe-lacet.

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