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CHAPITRE IV

ANASTOMOSE DÉFÉRENTO-URÉTRALE (DÉFÉRENTO-URÉTROSTOMIE)

Cette anastomose à pour but le rétablissement des voies de conduction du sperme, par implantation directe des canaux déférents dans l’urètre antérieur.

C’est donc une opération consécutive à la perte de la fonction génitale par suite de prostatectomie périnéale, de tumeur maligne de la prostate, de tuberculose vésico-prostatique chez des sujets jeunes, enfin d’atrésie et d’oblitéra-

tion des canaux éjaculateurs.

Etude expérimentale.

(Boari).

3 expériences sur 3 gros chiens

1° chien : implantation directe des deux canaux déférents dans une ouverture transversale pratiquée sur l’urètre sponcieux.

> et 3° chiens : opération semblable, mais une soie de porc est préalablement introduite dans le déférent ; son bout libre, monté sur une aiguille, s'engage dans l’urètre et ressort en un point plus élevé de ce conduit ; les soies sont libres à travers la suture cutanée et sectionnées à 1 cen-

timètre de la peau.

ni 2

De plus, on pratique une cystotomie sus-pubienne pour se rapprocher des conditions où se trouve l’opéré de prostatectomie périnéale chez qui, les 6 ou 8 premiers jours, l'urine s'écoule par un drain cysto-périnéal.

Les opérations furent bien supportées ; les soies cathéters furent enlevées le 9° jour et la cicatrisation fut rapide.

Au point de vue fonctionnel, l’éjaculation provoquée ramena un liquide blanchâtre et visqueux, en tout semblable au sperme, mais microscopiquement dépourvu de spermatozoïdes.

Le 1° chien fut sacrifié le 25° jour.

Le 2° chien fut sacrifié le 46° jour.

Chez le n° 1, le nouvel orifice était à 1 centimètre de la

base de la verge.

Chez le n° 2, le nouvel orifice était à 3 centimètres de la base de la verge.

Sur les 4 déférents, 3 se montrèrent libres dans tout leur trajet, 1 seul était rétréci au point d’abouchement, dilaté en

deçà, avec testicule tuméfié ; les 3 autres testicules étaient normaux.

Au point d’abouchement, aucune saillie ; au contraire, une dépression en tête d’épingle, revêtue de muqueuse lisse et brillante et présentant deux orifices.

Sur l’animal n° 2, les deux canaux sont librement cathétérisés à la soie de porc ; sur le n° x, le déférent droit rétréci n’admet pas de cathéter.

Chez l’homme : technique opératoire. — Opération pratiquée à Ancône, complémentairement à une prostatectomie

périnéale pour grosse hypertrophie prostatique avec réten-

Mg Que

üon urinaire sur un homme de 60 ans, non infecté. Anes-

thésie rachidienne.

1°T temps : Incision de 4-5 centimètres sur le raphé scrotal.

(fig. 8). On accroche le cordon pour le porter en dehors. On

F1G. 8. — D’après Boari.

isole le canal déférent des vaisseaux qui l’accompagnent et on sectionne ce canal le plus haut possible.

Ligature du bout central que l’on abandonne.

Fic. 9. — D’après Boari.

2e temps : Rapprochement et réunion des deux bouts

testiculaires sur une longueur d'environ 1 centimètre.

Canons de fusil adossés et réunis par suture au fil 00, faite à l’aiguille de brodeuse et comprenant les couches externes des canaux. Les fils sont laissés longs (fig. 9).

3e temps : Introduction, sur une longueur de 4-5 centimètres, de deux bougies filiformes dans la’ lumière des conduits. (Bougies de baleine du diamètre 1/3 millimètre, calibre interne du canal.)

4e temps : Introduction dans l’urètre d’une sonde métallique qui fait relief dans la plaie scrotale.

5e temps : Incision transversale de 1 centimètre, comprenant toutes les tuniques de l’urètre, pénétrant dans le canal à la partie spongieuse, à 2 centimètres environ au-dessous du bulbe. L’hémorragie s'arrête par compression entre les doigts.

6° temps : Enlèvement du cathéter et introduction dans la plaie urétrale des deux bougies réunies entre elles par un

fil de soie (fig. 10). Les bougies sortent par le méat.

Une aiguille, montée sur l’extrémité libre du fil oo, s’engage dans l’urètre et ressort 1 centimètre au-dessus de la plaie par la paroi inférieure du conduit ; des tractions exercées sur ce fil font pénétrer les déférents, réunis, dans

l'urètre ; le fil est noué sur les couches périurétrales.

7° temps : Suture, par des points séparés, des couches externes de l’urètre et de la tunique conjonctive des canaux déférents (fig. 11).

Résultats. — Cette opération, tentée par Boari, y comprise la prostatectomie, n’a duré que 45 minutes ; les incidents

opératoires furent négligeables, hémorragie presque nulle.

Les suites, apyrétiques, furent des plus simples et, 15 jours après l'intervention, la plaie scrotale était cicatrisée. Examinée à l’urétroscope (tube 48 de Luys), la muqueuse

se montre congestionnée, le point d'implantation est sail-

Fc. 10. — D’après Boari. Pic." = D'apres Boari.

lant légèrement sur la paroi inférieure du conduit, à 8 centimètres du méat.

Quant au résultat fonctionnel, c'est là une des choses les plus difficiles à apprécier de façon certaine ; il exige le contrôle du temps et nous n'avons pas connaissance que,

depuis 1909, ce résultat ait été publié.

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