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Les anastomoses spermatiques sont-elles applicables aux épididymites légères? Non, car celles-ci aboutissent à une restitutio. ad integrum en un temps variable, quelquefois fort long il est vrai, mais elles n’entraînent pas à leur suite de troubles de l’excrétion des spermatozoïdes.
Dans les cas graves, on peut opérer s’il existe une tuméfaction volumineuse de l’épididyme, s’il y a des douleurs très vives, de la rougeur et de l’œdème du scrotum, car ce sont ces épididymites qui laissent à leur suite des oblitérations épididymo-déférentielles.
L'opération, dans tous les cas, ne doit jamais être tentée en période aiguë ; il faut intervenir à froid, sans que cela signifie qu'il faille toujours cpérer dès que le noyau cesse d'être douloureux ou de régresser ; il y a, en effet, des oblitérations qui ont disparu après de longs mois.
L'âge de la sténose est chose peu importante et ne contreindique aucune tentative. Rappelons-nous, en effet, un cas de Martin, ayant réussi après quatre années d’azoospermie.
La bilatéralité, enfin, légitime toutes les entreprises.
Il est encore un cas où les anastomoses trouvent leur application, c’est comme corollaire des incisions profondes qu'une méthode, assez peu répandue d’ailleurs, conseille de pratiquer à chaud sur l’anse épididymo-déférentielle.
Sous le prétexte que l’épididymite aiguë est un véritable philegmon et souvent même un abeès, certains auteurs ont préconisé d’abord la ponction (Baermann, 1903), puis l’incision de l’épididyme au cours de l’épididymite aiguë (Bazet, Belfield, Schindler, Escat, Le Fur, Duhot, Houssiau). Or cette incision, si elle est faite suffisamment profonde, coupe
forcément l’épididyme et le sacrifie de propos délibéré, quoi
re OU EE)
qu'en dise Belfield. Si elle reste superficielle, cherchant à débrider seulement les tissus périépididymaires infiltrés, elle ne procure aucune amélioration notable. L’incision superficielle ne nous semble présenter aucun avantage. Quant à l’incision profonde, elle ne pourrait être justifiée que dans les formes graves où l’oblitération définitive de l’épididyme est inévitable, et elle devrait avoir pour corollaire une anastomose ultérieure.
Résultats
Les 7 cas publiés par Delbet eurent des suites opératoires très simples ; un seul opéré eut un petit hématome du scrotum.
Un opéré, revu sept mois après l'intervention, avaitses testicules de volume, de consistance, de sensibilité normales ; le canal déférent pouvait être suivi jusqu'à son implantation testiculaire et, à ce niveau, existait une légère indura-
tion formée sans doute par l’enkystement des fils.
Au point de vue fonctionnel, un seul opéré, chez lequel une anastomose bilatérale fut pratiquée, peut être pris en considération. D'après ses dires, le fonctionnement génital était parfait, mais, cet homme n'ayant jamais apporté de sperme frais à faire examiner, il est impossible de savoir s’il existait des spermatozoïdes dans le liquide éjaculé.
A ces cas, que nous relevons dans le mémoire principal de 1909, il faut ajouter le cas suivant, fort impressionnant, ot que Delbet relate en 1912 dans la Revue de thérapeutique
médico-chirurgicale.
Il s’agit d’un médecin étranger atteint d’épididymite onze
en a 0
ans auparavant el ne présentant pas de spermatozoïdes dans son liquide séminal.
L'opération est pratiquée le 12 novembre 1909 : l’épididyme est sectionné transversalement, le corps et la queue de cet organe sont réséqués, et l’on pratique une anastomose déférento-épididymaire termino-terminale. Les suites furent normales et l’opéré nous apprend que le testicule augmenta progressivement de volume et de consistance ; 14 mois après, sa femme était enceinte et cette grossesse se termina par l'accouchement à terme d’une fillette bien constituée. De plus, l'examen du sperme révélait des spermatozoïdes. L'anastomose était donc perméable.