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gauche d'un chien et sacrifie l'animal au bout de 16 mois : le testicule correspondant est encore trouvé sain et dans Îe liquide épididymaire on recueille des spermatozoïdes. Godard, Martin Magran (1853) confirment ces faits. De ces premières expériences tentées chez le chien, nous pouvons conclure :
1° Après la ligature d’un canal déférent, on n’observe pas d'atrophie du testicule correspondant.
2° Ce testicule continue à produire une sécrétion d’aspect
normal dans laquelle se retrouvent des spermatozoïdes.
3° Chez les jeunes animaux, le développement de la glande génitale ne paraît pas entravé par la ligature de son canal d’excrétion.
Brissaud, en 1880, opérant sur 30 lapins, mit en évidence l'influence de l'excitation génésique sur les troubles organiques et même sur les lésions anatomiques produites au
niveau du testicule par la section isolée du déféreni.
Alors que, chez les 15 premiers animaux sevrés de tout contact avec des femelles, les testicules ne subirent aucune altération, chez les 15 derniers, laissés en compagnie de femelles, on observa des lésions d'autant plus marquées que l'excitation génésique avait été plus prolongée.
Après une première période de suractivité fonctionnelle, période d’hypertrophie testiculaire, survient une période d’atrophie, de neutralité fonctionnelle après laquelle la
glande génitale prend les caractères du testicule dans les intervalles du rut.
Griffiths (1895) explique cette différence d'évolution sui-
vant que les animaux sont isolés de la femelle ou au con-
traire à son contact par l'hypersécrétion que produit, chez les mâles adultes, l'excitation génésique.
Après la ligature des déférents de 5 chiens, dont 3 étaient encore impubères, il constata que chez ces derniers l’opération ne modifiait que bien peu les glandes génitales.
Williams White, au Congrès de l'American Association of genilo-urinary surgeons, en 189, admet que la ligature isolée ou la section du canal déférent ne déterminent pas beaucoup de changements du côté du testicule.
Parmi toutes ces expériences et ces conclusions sensiblement pareilles, une note discordante est donnée, en 1899, par Alessandri.
Alessandri conclut que la ligature du déférent détermine l’atrophie complète du testicule. Le processus comprend la diminution de calibre des tubes séminifères, l’altération et la dégénérescence de l’épithélium séminal, enfin la prolifération du tissu conjonctif intercanaliculaire qui étouffe les derniers vestiges des tubes. L’épididyme est d’ailleurs le siège d’un processus analogue de sclérose.
Legueu, Albarran et Motz, par contre, n’observèrent jamais d’atrophie de la glande après obstruction isolée du déférent.
Peut-être, après tout, ces divergences d’opinions sont-elles plus apparentes que réelles et y a-t-il lieu de tenir un compte plus exact des conditions dans lesquelles les interventions ont été pratiquées.
C'est ainsi que Massini (Clinica chirurgica, 1902) distingue deux cas : ou bien le canal est complètement isolé de sa gaine péri-déférentielle et on n’observe jamais de sclérose
ni de troubles spermatogénétiques, ou bien le tissu péridé-
férentiel contenant le plexus spermatique est intéressé et ce
fait est la cause des atrophies quelquefois observées.
Tournade, en 1903, à la suite d’expériences faites sur les rongeurs et particulièrement les rats blancs, formule les
conclusions suivantes :
1° Le déférent est oblitéré ; dans ce cas, il y a stase en amont de la ligature, augmentation de la pression intra-
canaliculaire et involution progressive du testicule ;
2° Le canal interrompu dans sa continuité, mais non oblitéré, déverse le sperme dans le tissu conjonctif : il y à dérivation du sperme par formation de voies supplémentaires, il y a formation de kystes à spermatozoïdes, d’où disparition de la stase, de la distension et de l’atrophie.
Cette formation du kvste à spermatozoïdes est, pour Tournade, une condition, non toujours suffisante mais toujours nécessaire, de la conservation de l'intégrité testiculaire. C’est à la formation ou à l’absence de ce kyste que seraient dues, pour cet auteur, les divergences d’interprétation précédemment constatées.
Enfin, en 1904, avec Ancel et Bouin, la question est envisagée sous un autre angle ; le testicule est formé de deux glandes différentes : la glande séminale et la glande interstitielle, cette dernière de connaissance plus récente, glande vasculaire sanguine, centre de l'excitation génésique. Après ligature du canal déférent, on constaterait l’atrophie de la glande séminale contrastant avec l'intégrité de la glande interstitielle. Ces constatations concordent d’ailleurs avec cet autre fait qu'après ligature du déférent il y a persis-
tance de l’instinct génésique.
En résumé :
Pour la plupart des auteurs, la ligature isolée du canal déférent ne détermine pas l’atrophie testiculaire. Si quelques expériences (Griffiths, Alessandri) semblent s'opposer à cette conclusion, il est possible que la cause en soit quelque détail de technique, la ligature du tissu péridéférentiel, par exemple.
Pour Ancel et Bouin, l’oblitération complète du canal déférent entraîne l’atrophie complète de la glande séminale et laisse intacte la glande interstitielle.
Etude clinique. — C'est Mauclaire qui, le premier, a tenté le traitement de la tuberculose épididymo-testiculaire par les ligatures et les sections, non pas du canal déférent, mais des éléments du cordon spermatique. ;
« Au lieu d’enlever la glande et son premier conduit « d’excrétion, l’épididyme, ne pouvons-nous pas, soit lier « son principal canal d’excrétion, c'est-à-dire le canal défé- « rent, soit lier l’artère nourricière de l’organe, soit lier les « veines et les lymphatiques, qui sont des voies d’excrétion « pour la sécrétion interne, soit lier en masse tous ces con- « duits d'arrivée ou de sortie, c’est-à-dire lier tout le cordon « spermatique? » Telle est la question que pose Mauclaire, en 1900, dans les Annales des maladies des organes génitourinaires.
La réponse est fort longue, elle comporte ur° étude du rôle du déférent dans la propagation de la tuberculose au testicule. Cette étude est basée sur la tératologie (cas d'absence du canal excréteur avec persistance de la glande), sur la physiologie expérimentale (revue de tous les essais de
ligature du déférent pratiqués chez le cobaye et le chien),
enfin sur la pathologie (étude du testicule après oblitération pathologique, après ligature ou section limitée au canal
déférent et après ligature en masse du cordon).
Nous ne reviendrons pas sur l’étude des anomalies et des oblitérations expérimentales que nous avons déjà considé-
rées.
La pathologie nous montre que les voies spermatiques peuvent être oblitérées après toute espèce d’orchi-épididymite sans que, cependant, le testicule s’atrophie toujours,
point sur lequel ont insisté Gosselin et Godard.
Bardenhauer a extirpé l’épididyme et une partie du canal déférent pour tuberculose génitale ; le testicule ne s’atrophie pas dans la suite.
English a rapporté des faits semblables.
Griffiths, cependant, ayant observé un cas où le déférent avait été enlevé au cours d’une opération antérieure, aurait noté une atrophie légère du testicule.
En somme, l’oblitération pathologique du canal déférent
ne détermine pas l’atrophie du testicule en général.
Quant à la ligature isolée du déférent, pratiquée volontairement pour traiter un testicule malade, Mauclaire, en 1900, n'en signale aucun cas ; peut-être, dit-il, « éviterait- « elle l'infection de l’autre glande, les éléments infectieux, « suivant le cours du sperme, arrivant à la prostate et, de « Jà, par l’autre déférent, ils peuvent infecter l’autre défé- « rent et son épididyme ». Cet auteur ne l’avait pas encore pratiquée à cette date.
Au contraire, voici ses conclusions pour la ligature simultanée de tous les éléments du cordon,