INTRODUCTION
L'idée première de cette thèse nous a été donnée par notre maître, M. le professeur agrégé Pierre Descomps. Nous voulons dès la première ligne le remercier bien cordialement de l'hospitalité qu'il nous a offerte dans son Taboratoire de l’amphithéâtre des hôpitaux ; le remercier des conseils éclairés que nous devons à son savoir et à son expérience ; le remercier par-dessus tout de l'intérêt qu'il nous témoigna constamment et du caractère de simple et franche amitié qu'il voulut bien communiquer à nos entretiens.
Le canal déférent est un organe quelque peu négligé dans les livres, tant au point de vue anatomique que chirurgical.
Les différents auteurs sont loin de partager ce canal en segments toujours semblables et la logique ne paraît pas présider à l’étude topographique de cet organe ; c’est ainsi, par exemple, que la portion inguinale et la portion scrotale comprises dans une même gaine fibreuse ne doivent pas être isolées l’une de l’autre, mais, au contraire, réunies dans une même portion funiculaire.
Les différences que l’on note, suivant les livres, dans la division du canal déférent seraient, en réalité, peu de chose si tous les segments de ce canal se trouvaient finalement décrits ; or il n’en est pas toujours ainsi : telle des-
cription d’un livre classique fait commencer la portion
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pelvienne du canal à l’orifice profond du trajet inguinal ; il suffit de se rappeler, d’une part, que le bassin est limité au détroit supérieur, d'autre part, que l'orifice interne du canal inguinal est à quelque distance au-dessus de l’areade crurale pour voir que tout un segment du canal déférent est passé sous silence.
Le hile du testicule, l’origine du déférent, les rapports avec la vaginale et le pédicule spermatique nous ont paru
de même mériter de retenir l’attention.
Le canal déférent serait-il, d’autre part, un organe dénué d'intérêt au point de vue chirurgical? Certes non. Il suffit de faire remonter les recherches bibliographiques à une vingtaine d'années en arrière pour constater combien la chirurgie du déférent a pris d’essor. Ne s’est-on pas adressé au déférent que l’on sectionnait ou ligaturait pour faire régresser des prostates hypertrophiées? Ne pratique-t-on pas encore des vasectomies isolées, combinées aux épididymectomies ou aux vésiculectomies dans la tuberculose génitale de l’homme? « Si j'osais, écrit Fiolle (de Marseille), je « dirais que les voies d’abord des vésicules sont, en général, « insuffisamment connues, parce que peu utilisées, si bien « que l’on hésite le jour où l’on a à les attaquer, et la « preuve, c'est que les vésiculectomies sont surtout prati- « quées par les chirurgiens qui ont affaire couramment à « Ja prostate, ce qui leur rend moins redoutable l’abord des « yésicules ». Cette phrase peut s'appliquer intégralement à la portion rétro-vésicale du déférent.
Le déférent nous apparaît donc, au double point de vue anatomique et chirurgical, un organe morcelé et un peu
sacrifié ; le tiers d’origine est plus ou moins confondu avec
ve
l’épididyme et le testicule ; le tiers terminal voit son sort lié à celui des vésicules aussi bien en anatomie qu'en pathologie ; le tiers moyen enfin participe des descriptions du cordon spermatique.
Il nous a semblé possible, dans ces conditions, de reprendre la description du canal déférent. En disséquant et faisant dessiner, nous avons essayé de faire, autant qu'il se peut, œuvre personnelle, et c'est là la première partie de notre thèse. Dans une deuxième partie, sous forme d’exposé critique, nous rappelons l’état actuel de la chirurgie du déférent, laissant un peu de côté les interventions pour hypertrophie de la prostate, nous arrêtant davantage aux vasectomies pour tuberculose, et surtout aux anastomoses destinées à rétablir la perméabilité des voies spermatiques oblitérées.
Ces dernières opérations sont peut-être grosses de conséquences sociales ; elles constituent sans doute un chapitre de la chirurgie de demain ; en tout cas, personne ne peut
nier qu'il ne s'agisse d’une question d’actualité.