DÉVELOPPEMENT
Le canal déférent, tel que nous le trouvons chez l’adulte, a subi de nombreuses transformations : transformations histologiques, transformations topographiques, transformations fonctionnelles. Il dérive directement du canal de Wolff de l'embryon et celui-ci n’est lui-même, après la formation du corps de Wolff (rein primordial, mésonéphros), qu'une adaptation du canal du rein céphalique (rein précurseur, pronéphros). Nous allons donc étudier successivement :
1° Le canal du rein céphalique ;
2° Le canal du corps de Wolff ;
3° L'évolution morphologique du canal déférent ;
4° L'évolution topographique du canal déférent.
1° Le canal du rein céphalique. Le feuillet moyen du
blastoderme vient de se diviser en deux lames : l’une, externe, pariétale, fibro-cutanée, s’unit à l’ectoderme pour former la somatopleure ; l’autre, interne, viscérale, fibrointestinale, s’unit à l’endoderme et constitue la splanchnopleure. Entre la somatopleure et la splanchnopleure existe une cavité : le cœlome, et à la partie interne de ce cœlome, là où la splanchnopleure et la somatopleure se rejoignent, se différencie le germe uro-génital, ‘immédiatement en
dehors des protovertèbres.
Le pronéphros apparaît chez l'embryon de poulet pourvu de 8 segments, entre les 5° et 7° segments primordiaux ; ultérieurement il se développera jusqu'aux 12° et 15° segments. On voit apparaître dans la somatopleure une série de cordons cellulaires disposés les uns en arrière des autres, leur ensemble constituant la plaque ou masse intermédiaire
unissant les segments primordiaux aux plaques latérales.
Aux dépens de cette plaque intermédiaire naissent des épaississements dirigés en arrière, de façon à venir faire saillie sous l’épiderme ; ces épaississements s'unissent les uns aux autres par leurs extrémités externes et ainsi est formé un cordon cellulaire longitudinal étendu sur la lon-
gueur de plusieurs segments primordiaux.
C’est de ce cordon cellulaire longitudinal que va naître le canal du rein céphalique, interposé entre le feuillet externe et le feuillet moyen. Ensuite, il y a creusement du cordon cellulaire en petites cavités étagées qui ne tardent pas à se fusionner.
Chez les Reptiles et les Oiseaux, le canal se termine par
un renflement cellulaire proéminant librement dans l’espace
EAU E Era
compris entre le feuillet externe et le feuillet moyen ; ce canal S’allünge progressivement aux dépens dé ce renflenent, il atteint l'intestin terthinal et se soudée à lui. Done, chez ces animaux, le canal, en ce-qui toncerne au moins Son extrémité postérieure, ne provient ni du feuillet exiérne, ni du feuillet moyen ; il s’allonge aux dépens de ses propres matériaux.
Chez les Sélaciens et les Mammifères, au contraire, l’extrémité postérieure n'est plus un renflement cellulaire libre ; elle est unie intimement au feuillet externe de l’embryon, constituant, au point d'union, un épaississéement ectodermique, alors que, plus én avant, ectoderme et canal sont absolument indépendants. Cette union est cause de l’incertitude qui règne sur la provenance des tissus concourant à l'allongement du canal ; il est possible que l’élément ectodermique fournisse au canal des mätériaux qui serviront à son accroissement ; mais il est également possible que ce soit le pronéphros lui-même qui s’accroïsse en arrière, dans ce cas les matériaux seraient d’origine mésoblastique É enfin, d’après les recherches de Rabl, le canal s’allonge d'avant en arrière, uniquement par multiplication de ses propres cellules constitutives et sans aucune participation ectodermique.
À côté de la théorie mésodermique, aujourd’hui classique, du développement du canal du rein céphalique, se place l'hypothèse de l’origine ectodermique, soutenue par Haddon et Beard : l’ébauche du canal du rein céphalique se présenterait d’abord sous forme d’une gouttière de l’ectoderme, les bords de cette gouttière se rapprocheraient, se souderaient et, finalement, le canal ainsi formé perdrait
toute connexion avec l’ectoderme qui lui a donné naissance.
Pour Hertwig, cette opinion est à rejeter ; elle pourrait à la rigueur s'expliquer chez les Sélaciens pour lesquels, au moins à l’origine, il y avait une relation entre le canal et l'extérieur par la partie externe des canaux segmentaires du pronéphros ; mais comment l’admettre chez les autres vertébrés, alors que le canal du rein céphalique n’a pas de relations avec l’extérieur ?
Quoi qu'il en soit, arrivé à son complet développement, le canal du rein céphalique reçoit en avant les canaux segmentaires du pronéphros, ouverts dans le cœlome par les néphrostomes ; en arrière il parvient à l'intestin terminal et-débouche dans le cloaque. Durant son trajet, il se trouve, entre les segments primordiaux et la plaque latérale, d’abord immédiatement au-dessous de l’épiderme, puis à mesure qu'il se développe, de plus en plus profond dans le
tissu conjonctif sous-jacent.
2° Le canal de Wolff. — On donne ce nom au canal du rein céphalique après la disparition de cet organe et son remplacement par le rein primordial ou corps de Wolff. Le canal de Wolff est donc le canal excréteur du corps de Wolff.
À sa partie antérieure, le canal du rein céphalique subit les modifications suivantes : oblitération de cette extrémité, puis abouchement, dans la lumière du canal, des tubes segmentaires du corps de Wolff, mais alors que les tubes segmentaires de la partie urinaire s’atrophient, seuls les tubes de la partie génitale persistent et forment les tubes droits, le rele testis et les cônes efférents, c’est-à-dire le réseau intratesticulaire des voies excrétrices du sperme.
À sa partie postérieure, le canal de Wolff subit des modi-