TRAITEMENT MÉDICAL
On écrit peut-être un peu trop volontiers à l'heure actuelle dans les traités classiques que contre le rétrécissement, le traitement médical ne peut rien. Évidemment si considérant le rétrécissement comme un accident syphilitique on s'attend à le voir guérir comme une gomme sous l'influence du traitement spécifique, on aura des déceptions. Le rétrécissement a peut-être une lésion syphilitique à son origine, mais sa cause immédiate est la rectite chronique et l'iodure de potassium, le mercure sont tout aussi impuissants contre les lésions de sclérose que contre les pertes de substance de la voûte palatine. Est-ce à dire pourtant qu'ils ne puissent être d'aucun secours ? Certes non. Godebert^ Lapointe^ rapportent 13 observations probantes. C'est surtout dans les syphilis de date récente, avec tendance à la prolifération et non quand le rétrécissement est bien constitué que l'on peut espérer quelque succès.
* GoDEBERT. Essai sur les rétrécissements syphilitiques du rectum. Thèse de Paris, 1873.
• Lapointe. Du traitement des rétrécissements non congénitaux du rectum. Thèse de PariSy 1897.
CHIA. ou GROS INTESTIN. 14
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Le traitement médical ne se borne pas au seul traitement antisyphilitique. 11 faut veillera ce que Tévacuation des matières se fasse régulièrement et facilement grâce à de petites purgations répétées. L'antisepsie intestinale est assez difficile à obtenir, les lavages pénétrant difficilement et les antiseptiques donnés par Testomac fatiguant rapidement cet organe. La diète lactée est un des meilleurs moyens de réaliser Tantisepsie intestinale, mais elle donne des selles assez consistantes difficiles à évacuer.
Enfin nous insisterons sur Futilité du traitement général : les toniques, les frictions, l'hydrothérapie, etc.. tout cela peut être employé avec avantage pour fortifier le malade. 11 faut aussi surveiller tout particulièrement l'état des poumons : on sait en effet combien sont fréquentes les infections pulmonaires à la période terminale des rétrécissements.
Ce traitement médical n'est pas à dédaigner; il ne donne que des améliorations, non des guérisons, mais n'est-ce rien que d'améliorer l'état général et de mettre le malade en état de supporter une intervention plus active? D'ailleurs les traitements chirurgicaux ne donnent aussi que des améliorations plus ou moins sérieuses, mais bien rarement un résultat définitif.