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I. — Traitement du prolapsus muqueux

Les prolapsus muqueux de l'enfance, et probablement aussi les chutes totales du rectum observées à cet âge et qui souvent ne

* AuFFRET. Prolapsus recto-côIique de 45 centimètres de long. Résection. Mort. In Progrès méd., 1882, p. 650.

* MiKULicz. Congrès de la Soc, allem, de Chirurgie, 7 avril 1888. ' NÉLATON. Excision du prolapsus rectal. Bull, et Mém, de la Soc.

de Chir., t. XV, 1890.

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sont pas diagnostiquées, tendent à disparaître spontanément, au moins pour un temps, dès que cessent les conditions anormales, diarrhée ou rarement constipation, qui les ont produites. Depuis les travaux récents qui ont établi les rapports intimes du prolapsus infantile et du rachitisme, on a proposé de s'adresser à la cause par un traitement fortifiant : bains salés, frictions sèches et â Talcool sur tout le corps, etc., et par des médicaments antirachitiques ; Sghmey a préconisé à cet effet l'huile de foie de morue phosphatée. Ce sont là, certainement, des pratiques excellentes au point de vue de l'hygiène générale de ces enfants ; mais, comme on l'a dit plus haut, c'est par ses troubles digestifs qu'agit le rachitisme dans la pathogénie du prolapsus, c'est donc à l'intestin qu'on s'adressera par une alimentation réglée et par une médication capable de faire disparaître le trouble fonctionnel, presque toujours la diarrhée, qui est, en fin de compte, la cause de l'issue du rectum.

La disparition de l'entérite, de ses selles répétées et de son ténesme est la condition essentielle de la guérison du prolapsus. Mais cette -guérison ne se produira pas d'un coup parce que le rectum continuera à sortir à chaque garde-robe, si l'on ne règle pas d'une façon très soigneuse la défécation de l'enfant. S'il faut supprimer la diarrhée, il faut éviter aussi la constipation : des suppositoires, des lavements assureront une garde-robe facile, chaque jour, à une heure régulière. On rejettera formellement la position accroupie et les stations prolongées sur le vase de nuit ; jusqu'à guérison complète, l'enfant ira à la selle, couché sur le côté, et les matières seront recueillies dans une serviette ; la mère surveillera la défécation, écartant les fesses de l'enfant et prête à maintenir la muqueuse avec des compresses, si elle tendait à sortir.

Malgré toutes ces précautions, le prolapsus se reproduit au moment des garde-robes; il faut savoir le réduire, puis le maintenir réduit. La réduction est d'ordinaire facile. L'enfant est couché sur le côté ; après lavage à l'eau tiède, une main soulève la fesse supérieure tandis que les cinq doigts de l'autre entourant le prolapsus cherchent par une pression égale et continue à réduire lentement les parties prolabées, en commençant par le centre,

c*est-à-dire par celles qui sont sorties les dernières. Malgré les efforts et les cris du sujet, une partie du prolapsus se réduit lentement tout d'abord, puis brusquement tout le reste suit. Si Ton prend soin de serrer immédiatement l'une contre l'autre les fesses de l'enfant, le prolapsus ne se reproduit pas (Broga).

La réduction une fois obtenue se maintiendra jusqu'à la prochaine selle et si la mère prend soin de surveiller le malade, de ne pas le laisser trop longtemps sur le vase, de réduire la tumeur après chaque garde-robe et d'empêcher sa reproduction immédiate en maintenant l'enfant au lit pendant une demiheure ou une heure, la guérison s'obtiendra presque à coup sûr.

Lorsque, pour quelque raison, cette surveillance attentive est impossible à réaliser, on pourra, jusqu'à un certain point, empêcher le prolapsus au moment des garde-robes par un moyen artificiel. C'est ce que cherchait déjà à réaliser Dionis lorsqu'il recommandait à ses malades « de déféquer entre deux ais de bois serrés » ; c'est ce qu'on réalise en maintenant les fesses rapprochées par le bandage agglutinatif que recommandent beaucoup les chirurgiens anglais et américains. . Ces simples moyens d'hygiène qui se résument à obtenir chaque jour une selle facile, sans issue de 1» muqueuse, sont suffisants à guérir tous les prolapsus muqueux de l'enfance. Il est donc inutile d'employer les cautérisations en si grand honneur autrefois. Malgré les succès d'ALLiNGHAM, de Delens, de Phocas, il ne saurait s'agir des caustiques chimiques (nitrate d'argent, acide nitrique] dont les inconvénients sont multiples, mais beaucoup d'auteurs recommandent les pointes de feu profondes faites aux quatre points cardinaux de l'anus, à la manière de GuERSANT, ou les raies de feu préconisées par Bbyant.

Sous l'influence de la rétraction cicatricielle, l'ampoule diminue de largeur; de plus, ces pointes de feu créent entre la muqueuse et les tuniques sous-jacentes, des adhérences qui s'opposent à la reproduction du prolapsus. L'action produite est double, et en fait, des observations nombreuses, celles de Routier, de ScHWARTz en particulier, montrent quels succès on peut obtenir ainsi. C'est donc là un bon procédé qu'il ne faut pas

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