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E, — Traitement de la panchéaticite !
ou CATARRHE SUPPURÉ DU CANAL PANCRÉATIQUE.
Indications. — Bien que Mayo Robson ait pu établir le diagnostic clinique de pancréaticite, il ne faut guère compter, pour le moment, & poser lea indications de l'intervention en se basant sur ce diagnostic qui paraît bien épineux. L'indication se tire des phénomènes pancréatiques généraux ou des phénomènes biliaires.
Modes d'intervention. — D'après Mayo Robson, qui a insisté sur la pancréaticitesuppurée, dans son beau mémoire de lOOi, et a rapporté les 4 cas qui sont résumés dans le tableau suivant, il faut se comporter vis-à-vis de cette forme spéciale d'infection, qui n'est qu'une variété de pancréatite, comme si l'on se trouvait en face d'une lésion du système biliaire, et drainer ce dernier, soit par la vésicule, soit plutôt par les voies principales, c'est-à-dire faire une chulèslemie. qu'il préconise sur le cholédoque (chofédo'-otomie avec drainage, ou choléstomie cholédochienne), au lieu d'employer la méthode de Kehr {clmli'slomie képalique ou Hi^palirus-tlroiiw^c). Cette fai;on d'interpréter le traitement de la pancréaticite suppurée se comprend, puisque cette affeclion n'est en somme qu'une conséquence de l'infection biliaire, qui est la lésion d'origine.
Le chirurgien anglais a pratiqué une fois la cholécystostomie et trois fois la cholédocotomie avec drainage du cholédoque. Dans ces interventions, la laparotomie latérale est l'incision de choLx.
Résultais. — Sur ces 4 interventions, qui appartiennent toutes d Mayo Robson, il y a eu 2 guérisons et 2 morts; les 2 morts se rapportent à des cholédocotomies avec drainage. 11 est bon d'ajouter qu'il s'agissait de malades présentant un très mauvais état général.
Le premier cas de guérison a été obtenu par la cholécystostomie; la guérison s'est maintenue pendant cinq ans. Le second est relatif à un drainage du cliolédoque.
Nombre de chirurgiens ne verront peut-être pas là de véritables faits du ressort de la pathologie pancréatique ; ils les considéreront plutôt comme des accidents rentrant dans le cadre de la chirurgie biliaire. Il m'a semblé utile pourtant de ne pas les passer sous silence dans ce travail, à cause de leur intérêt et aussi en raison de la haute compétence en ces matières du chirurgien qui les a isolés le premier sous forme d'une entité morbide, très distincte à son avis.
RësDltats des Interventions pratI(|D^C8 pour le» diffërentes formes d'infccUons pancréatiques alf^aj^s.
Je tiens à répéter que, daos bien des cas, il existe simultanément, clieï le même individu, des lésions de pancréalile aiguë ou hémorragique, de la suppuration et de la gangrène; quelquefois même, on trouve des lésions de nécruife yi-ahs-'u^f accompagnant une pancivatite aiguè ou suppurée et je reconnais que j'ai dû, malgré moi, mélanger dans mes tableaux certaines variétés de pancréatite.
Aussi me sembie-t-il bon, après avoir exposé le traitement de chaque variété de pancréatite, de résumer les résultats Tournis par l'intervention dans toutes les infections pancréatiques aiguës considérées en bloc.
D'après les i-f'xulitils comms, j'ai trouvé : Pancréatite aiguë simple : 5 guérisons et 3 morts. Pancréatite hémorragique et hématomes spontanés : 5 guérisons et 17 morts.
Pancréatite suppurée : 33 guérisons et 20 morts. Pancréatite gangreneuse : 22 guérisons et 21 morts. PsQcréaticite suppurée : 2 guérisons et 2 morts. Ce qui fait un total de 67 guérisons et <i3 morts.
Sans vouloir chercher k améliorer les n^sultats des interventions dans les cas d'infections pancréatiques aiguës, il est juste cependant de tâcher d'expliquer ces résultats pour permettre aux chirurgiens de se faire une idée exacte sur lu valeur de ces interventions. Je me permets donc de rappeler, en faveur de l'intervention, les arguments que j'ai rapidement esquissés plus haut au sujet du traitement de la pancréatite suppurée et gangreneuse : 1" Dans les infections pancréatiques aiguës, on est souvent Intervenu trop tard, chez des malades présentant un mauvais état général; 2° Ne songeant pas à l'existence d'une lésion pancréatique, les chirurgiens ont perdu du temps à la reconnaître et ont dû hésiter sur le choix de la technique opératoire à suivre, d'oi) la longueur de l'opt'ration ; -i" Bien mieux, dans un grand nombre de cas, on a laissé passer inaperçue la lésion pancréatique, on ne s'est pas attaqué directement à cette lésion et l'on a agi sur un autre organe ou l'on s'est contenté d'une simple laparotomie exploratrice.
En étudiant de plus près les résultats des interventions pour infections pancréatiques aiguës, nous trouvons :
Pancréalite aiguë simple :
Pancréatite hémorragique Hématome spontané :
Pancréatite suppiirée :
Pancréatite gangreneuse :
\ 4 laparotouûes exploratrices avec ( 3 morts.
i iO laparotomies exploratrices avec . !t morts; un anus artificiel avec ( 1 morl.
; \ ponction, I mort.
5 laparotomies exploratrices avec 4 morts; 7 laparotomies sans autre indication, avec 5 morts.
1 cholécystostomie, 1 mort; 1 enlérostomie, l mort; 1 gaatro -enlérostomie, i mort; 3 laparotomies exploratrices ,
■T morts; Les laparotomies sans indications ont donné (J morts.
En retranchant des (53 cas de la mortalité globale ces 35 cas de mort dont on ne peut pas tenir compte, puisque les interventions pratiquées ne se sont pas adressées à la lésion elle-même, on arrive au chiffre de 28 cas de mort contre 07 de guérison.
Laissant même de côté les 11 cas de mort des laparxitomies sans autre indication (dans quelques-uns de ces cas on a peut-être agi sur la lésion ), nous avons toujours '2i cas indiscutables d'interventions inefficaces, En les retranchant des 63 cas déjà cités, la mortalité ne serait, en définitive, que de 30 cas au lieu de 63.
Certes, l'intervention pour infection pancréatique aiguë est encore une opération grave parce que le diagnostic des lésions et par suite les indications de l'intervention sont difficiles à établir et aussi parce que les lésions que l'on veut combattre sont ellesmêmes très sérieuses. Mais i! reste élabli par les faits connus que l'intervention a fourni quelques beaux résultats et l'on peut espérer que la statistique opératoire, déjà moins sombre qu'il y a quinze ou vingt ans, s'améliorera encore dans l'avenir, grÂce à une plus grande familiarisation avec la chirurgie pancréatique.
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