LÉGENDE DE LA PLANCHE IV
Planche coloriée.
FiG . 30. — Adénome n» 4. Coloration : Safranine et bleu Victoria (grossissement 700 diamètres). Épithélium formé de cellules cylindriques et de cellules mucipares se rapprochant de celui des glandes de Lieberkuhn. Le contenu des cellules mucipares se colore par le bleu Victoria.
FiG. 31. — Adénome n» 4. Même coloration (grossissement 700 diamètres) . Epithélium d'un tube glandulaire avec cellules mucipares se colorant soit par la safranine, soit par le bleu Victoria. Celui-ci colore toujours la partie inférieure de la cellule.
PiG. 32. — Adénome n" 5. Coloration : S. Sauerfuchsin acide picrique, bleu Victoria (grossissement 500 diamètres). Epithélium glandulaire ne montrant plus que des cellules mucipares avec des petites masses plus denses de mucus à leur sommet. Le tissu conjonctif contient des cellules à grains se colorant comme la chromatine.
FiG. 33. — Adénome n° 5. Même coloration (grossissement 500 diamètres). Epithélium glandulaire formé à droite de cellules mucipares, à gauche de cellules cylindriques succédant brusquement à celles-ci et présentaat à leur extrémité supérieure des traces de mucus.
FiG. 34. — Adénome n" 5. Même coloration (grossissement 500 diamètres). Epithélium contenant quelques cellules mucipares et des cellules cylindriques à noyaux dégénérés. L'extrémité supérieure contient une très faible quantité de mucus.
FiG. 35. — Adénome n°5. Même coloration (grossissement 500 diamètres). Groupes de cellules faisant saillie à l'intérieur d'une glande. Les cellules sont allongéeset présentent à leur sommet des sphères muqueuses ou des traces de mucus. Les noyaux sont très petits et altérés.
FiG. 36. — Adénome n» 4. Coloration : Safranine et bleu Victoria (grossissement 70O diamètres). Epithélium tapissant la paroi d'un tube glandulaire voisin de la surface du polype. Les cellules contiennent un peu de mucus vers le sommet ; les noyaux ont une forme irrégulière et renferment de gros nucléoles déformés. Le tissu conjonctif possède beaucoup de leucocytes polynucléés.
FiG. 37. — Adénome n"4. Coloration : Safranine et bleu Victoria (grossissement 700 diamètres). Epithélium glandulaire formé de cellules presque toutes dépourvues de mucus ; celles de gauche contiennent des petites sphères muqueuses.
FiG. 38. — Épithélioma cylindrique du rectum ; i-égion ressemblant le plus possible à l'épithélium des adénomes. Même coloration. Même grossissement.
Quénu et Hartmann
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Chirurgie du Rectum. Tome 11. PU.
Q-aénu. et HartraanTL.
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G.Landel pinx.
Chirui;5ie du Rectum
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HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
polype font exception à cette règle, car on peuty rencontrer des noyaux dont les nucléoles sont gros et irréguliers. Certaines cellules à mucus ont parfois un noyau intensivement colorable par les réactifs, paraissant souvent formé d'une masse chromatique homogène ; ce phénomème est lié à la production du mucus et se rencontre également dans la cellule caliciforme normale.
On observe assez rarement dans l'épithélium glandulaire quelques figures de division indirecte.
Il y a souvent entre les cellules épithéliales, et surtout à la périphérie du polype, des leucocytes à un ou à plusieurs noyaux, qui semblent logés dans des petites cavités sphériques, dues probablement à l'influence des réactifs. Ces leucocytes se rencontrent d'ailleurs constamment dans l'épithélium de la muqueuse rectale.
La membrane propre est le plus souvent visible dans les glandes à contours réguliers ; il n'en est pas de même dans les autres, et ce caractère nous semble, ici comme dans les autres observations, tout à fait inconstant.
Épithélium de la surface. — Nous n'avons pu rencontrer à la surface du polype qu'une très petite bande épithéliale dans le voisinage du pédicule ; cet épithélium était formé de cellules cylindriques contenant un peu de mucus à leur extrémité supérieure et possédant des petits noyaux spliériques ;il y avait aussi quelques cellules caliciformes.
Tissu conjonctif. — Il est constitué par des fibrilles ordinairement anastomosées de façon à figurer un réticuhim ; quelquefois soudées parallèlement les unes aux autres en une sorte de tissu libreux. Cette dernière disposition est surtout accentuée dans les plus minces travées qui séparent les tubes glandulaires. Dans ce cas, il y a entre les fibrilles des noyaux allongés, très colorés, qui appartiennent à des cellules conjonctives. Dans les mailles du réticuluin, on rencontre un grand nombre de cellules lymphoïdes à un ou à plusieurs noyaux arrondis, à protoplasme généralement apparent ; les éléments à un seul noyau sont les plus abondants. Il n'existe qu'une très petite quantité de cellules à granulations semblables à cellesde l'observation précédente. Enfin, on trouve desformes cellulaires rappelant les fibres musculaires fisses (fig. 27, pl. III).
Les vaisseaux consistent en de nombreux capillaires dont certains paraissent différenciés enartérioles et en veinules de 50 à 60 ,u. de diamètre. Vers la périphérie, ils sont ramifiés et plus abondants.
Adénome no 3 (pièce donnée par Broca, mars 1896). — Tumeur sphérique, de 8 millimètres de diamètre, à surface un peu mamelonnée.
Ce polype est constitué par un très grand nombre de tubes glandulaires serrés les uns contre les autres et séparés seulement par de minces travées conjonctives. Ces tubes sont réunis par groupes peu distincts à cause de leur abondance ; ils sont orientés à peu près perpendiculairement à la surface du polype. Au centre, ils ont la disposition réguhère des glandes de Lieberkuhn, bien qu'ils soient beaucoup plus larges (175 à 200 [j. de diamètre) ; vers la périphérie, ils s'élargissent davantage, et atteignent un diamètre de 200 à .300 ,a. Ils restent toujours tapissés d'un épithélium cylindrique assez élevé, et ne forment point de véritables kystes.
Sur la coupe longitudinale, ces glandes ne paraissent pas avoir une longueur excédant deux ou trois fois leur diamètre ; elles possèdent de courtes ramifications. Dans une même coupe, on n'en voit pas plus de deux ou trois venant déboucher à la surface du polype, même dansune coupe absolument médiane dans laquelle on peut compter de 300
QUÉNt; ET HARTMANN. II — 2
ADÉNOMES
à 400 tubes glandulaires ; on doit en conclure que la plupart de ces tubes n'ont aucune communication avec l'extérieur. Laphipart sont remplis d'une substance ayant les réactions du mucus.
A un grossissement plus considérable, on constate que les tubes les plus centraux ont des contours réguliers. Mais ceux qui forment le reste de la tumeur sont sinueux et présentent des étranglements ; deux ou trois se trouvent parfois compris dans la même loge conjonctive.
De plus, on remarque dans certaines de ces glandes d'autres tubes glandulaires concentriques, et souvent, à l'intérieur de ces derniers, de nouveaux tubes glandulaires de troisième ordre. Souvent, ces deux systèmes de tubes inclus sont rattacbés en un point commun à la paroi de la glande, qui les contient par une sorte de hile formé de cellules épithéliales (fig. 6 et 7, pl. I).
Dans quelques-unes des glandes les plus dilatées, on observe jusqu'à trois ou quatre systèmes de tubes incomplets on de bandes épithéliales inclus les uns dans les autres. L'orientation cellulaire de ces différents systèmes est fort remarquable.
Le plus souvent, les tubes de premier et de troisième ordre sont orientés comme une glande normale, tandis que les tubes de deuxième et de quatrième ordre sont orientés comme une glande retournée, c'est-à-dire que les noyaux des cellules qui les constituent correspondent à la lumière de la glande. Mais parfois, on voit deux glandes concentriques de premier et de deuxième ordre dont l'épithélium est orienté de la même façon. Nous donnerons plus loin l'explication de ces faits.
On distingue dans certaines glandes, et surtout dans celles de la périphérie, des végétations analogues à celles que nous avons déjà signalées précédemment.
Tantôt ces végétations sont à peine distinctes et se traduisent simplement par une saillie assez peu marquée de l'épithélium ; tantôt elles sont très accentuées, parfois plus larges au sommet qu'à la base par suite de l'amincissement des cellules à leur partie inférieure. Toutes présentent ce caractère, qu'elles ne sont point formées principalement par des noyaux, mais au contraire presque exclusivement par du protoplasme; elles contiennent souvent des cellules caliciformes disposées à différentes hauteurs, chevauchant ordinairement les unes sur les autres.
L'épithélium glandulaire atteint en moyenne 60 à 70 pi ; mais il existe d'un point à un autre de grandes différences de hauteur. Il est presque uniquement constitué par des cellules mucipares; dans la plupart des glandes, elles sont dans la proportion de cinq à six pour une cellule à plateau. Elles font défaut dans les glandes de la périphérie qui sont frappées d'une dégénérescence particulière. Ces cellules mucipares présentent les caractères de polymorphisme et d'inégale répartition déjà signalés ailleurs ; nous en dirons autant pour les cellules à plateau, ainsi que pour la forme et la disposition des noyaux,
Il nous faut parler cependant d'une modification spéciale, que présentent ces noyaux dans l'épithélium d'un assez grand nombre de glandes. Dans leur ensemble, ils apparaissent comme de gros grains chromatiques irréguliers et très colorés ; mais à l'aide d'un grossissement suffisant, on voit que cet aspect est dû à ce que la chromatine semble s'être dissoute partiellement dans le corps du noyau, qui se réduit alors à une ou deux masses colorées, tous les corpuscules figurés ayant disparu. Ces noyaux sont d'ailleurs diminués de volume et manifestement en voie de dégénérescence. Quand aux noyaux des glandes péripliériques, ils se colorent difficilement et possèdent des nucléoles irréguliers, comme dans l'observation précédente.
HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
Les figures de karyokinèse sont peu abontlantes. On rencontre au milieu des cellules épithéliales quelques leucocytes renfermant de fines granulations graisseuses. La présence de la membrane propre ne paraît pas constante. On ne trouve point d'épithélium à la surface du polype.
Tissu conjonctif. — Il est presque réduit dans toute la fumeur à des bandes de 15 à 20 [i d'épaisseur, formant à leurs points de réunion des îlots de 75 à 150 [j. de diamètre.
Il est un peu plus développé à la périphérie, où il atteint une épaisseur de 1/3 de millimètre environ.
Le slroma est exclusivement constitue par des fibrilles conjonctives très denses, disposées parallèlement, entre lesquelles on remarque les éléments cellulaires habituels : leucocytes à un ou à plusieurs noyaux avec protoplasme plus ou moins apparent ; cellules conjonctives à noyaux allongés; leucocytes contenant de fines granulations graisseuses. Mais il n'y a pas de cellules à grains colorables comme la chromatine. On ne rencontre pas de fibres musculaires lisses.
Les vaisseaux sont représentés par des capillaires qui semblent différenciés au centre du polype en artérioles et en veinules. A la périphérie de la tumeur ils sont ramifiés et très abondants.
Adénome n° 4 (pièce enlevée à Levallois, 19 avril 1896). — Tumeur d'aspect réniforme, à grand axe de 8 centimètres, à petit axe de 4 millimètres ; pédicule inséré sur la face concave. Surface lisse.
Sur une coupe longitudinale passant par le voisinage du pédicule, on aperçoit une grande quantité de tubes glandulaires (150 environ), avec six ou sept cavités kystiques atteignant l'^^,5 de diamètre ; ces glandes et ces kystes sont entourés de tissu conjonctif qui, au centre de la tumeur, occupe à peu près le même volume que le tissu glandulaire ; à la périphérie, il forme une enveloppe continue de 1 millimètre d'épaisseur contenant très peu de tissu épithéfial.
Les tubes glandulaires sont assez distinctement réunis par groupes de trois à neuf ; ils sont séparés dans ces groupes par de minces bandelettes conjonctives et, parfois, se trouvent accolés directement. Leur direction paraît à peu près perpendiculaire à la surface de la muqueuse.
Dans le centre et dans le voisinage du pédicule, les tubes coupés transversalement forment des cercles réguliers ; quelques-uns se rapprochent comme largeur des glandes de Lieberkuhn (80 |x de diamètre), mais la plupart atteignent un diamètre plus considérable (160 [JL ou davantage). Les glandes les plus larges se rencontrent, en règle générale, à la périphérie ; elles atteignent souvent 1/2 millimètre de diamètre et leurs contours sont très irréguliers.
Sur une coupe longitudinale, on voit que ces glandes sont ramifiées ; elles sont formées parfois par trois ou quatre culs-de-sac d'égale importance venant confluer en un même point. Comme nous l'avons déjà constaté précédemment, très peu viennent s'ouvrir à la surface du polype ; toutes sont à peine^deux ou trois fois plus longues que larges et la plupart sont complètement closes.
Quelques tubes glandulaires présentent un ou plusieurs étranglements auxquels le tissu conjonctif prend une part variable. Quand ces étranglements sont incomplets, la glande primitive est divisée en deux parties pourvues chacune d'un lumière distincte et séparées par une paroi épithéliale commune, dans laquelle il n'y a souvent pas de noyaux
ADÉNOMES
(lig. 4, p. I). En tl'autres points, deux tubes ayant chacun une paroi épithéiiale complclo sont directement accolés dans une inènie loge conjonctive. Enfin, on voit ailleurs (fig. 5, pl. I) deux tubes glandulaires dont les parois épithéliales ne sont pas toujours soudées l'une à l'autre au niveau de l'étranglement primitif, et qui cependant sont déjà séparés par une mince bandelette conjonctive. Le simple aspect de leurs contours démontre assez qu'ils proviennent d'une glande unique. Dans d'autres tubes glandulaires, on remarque un mode différent de segmentation déjà signalé plus haut. Tantôt on voit un simple plissement de l'épithélium faisant saillie dans la lumière de la glande ; on conçoit aisément que dans ce pli épithélial, les noyaux doivent être orientés en dedans ; tantôt l'épithélium de la glande primitive a repris sa forme initiale et l'on peut voir dans la lumière de cette glande un nouveau tube glandulaire distinct, formé d'un épithélium à noyaux dirigés en dedans ; parfois, les deux tubes sont encore soudés en un point (fig. 6, pl. I). Il peut arriver que le tube inclus se segmente à son tour de la même façon, et l'on a de la sorte trois tubes inclus l'un dans l'autre, le troisième ayantcetle fois des cellules orientées normalement (fig. 7, pl. I). On rencontre sur une même coupe dé 15 à 18 glandes présentant ces dispositions anormales.
Structure de l'épithélium glandulaire. — Le revêtement épithélial est relativement très régulier et sa hauteur varie peu d'un point à un autre dans la même glande. Il est plus élevé que dans les glandes deLieberkuhn et sa hauteur moyenne est comprise entre 50 à 60 [JL. En certains points, elle peut atteindre exceptionnellement 80 [x. Sauf dans les glandes voisines de la surface, cet épithélium ne présente pas de véritables végétations.
Les éléments qui le constituent sont des cellules cylindriques à plateau et des cellules mucipares. Leur structure est particulièrement bien conservée, ce qui nous permettra de les étudier dans leurs détails.
La proportion des cellules mucipares est, dans certaines glandes, à peu près la même que dans l'épithélium intestinal (fig. 11, pl. II, et fig. 30, pl. IV) ; mais d'une façon générale, on est frappé par leur augmentation considérable (fig. 12, pl. II). Elles sont réparties d'une façon inégale et dans les glandes les plus riches en cellules mucipares, quelques points peuvent en être totalement dépourvus (fig. 13, pl. II et fig. 37, pl. IV).
Nous allons considérer séparément dans ces cellules épithéliales le noyau et le corps cellulaire.
Les noyaux sont situés à la base de l'épithélium glandulaire; leur grand axe coïncide avec celui des cellules auxquelles ils appartiennent. Ils sont souvent disposés sur plusieurs rangées, bien que cha/jue cellule n'en contienne qu'un seul; nous avons dit plus haut que cette apparence était dueàune imbrication des cellules les unes dans les autres, leurs bases n'étantpas situées à la même hauteur. Ces noyaux sont ordinairement un peu plus grands que ceux des cellules de l'épithélium rectal ; leurs contours sont aussi un peu moins réguliers et leur forme varie dans de plus larges limites (fig. 11, 12 et 13, pl. II ; fig. 30 et 37, pl. IV).
Ils ont un ou plusieurs nucléoles régulièrement arrondis ou ovalaires et un réticulum peu visible, se colorant faiblement. Ces caractères sont communs aux noyaux des cellules sans mucus et des cellules mucipares, bien que dans celles-ci on rencontre parfois certains noyaux colorés intensivement d'une façon homogène, comme dans les glandes de Lieberkuhn.
Le corps nucléaire des cellules sans mucus possède à sa partie supérieure un plateau généralement peu visible ; ce plateau manque assez souvent, le sommet de la cellule
HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
étant parfois arrondi et irrégulier. Le protoplasme est particulièrement facile à observer sur des préparations colorées par la méthode à la safranine et au bleu Victoria, après fixation par la liqueur de Flemming. Il est alors à peine teinté en gris clair (fig. 30 et 37, pl. IV), il n'est pas très dense et paraît formé, aux plus forts grossissements, d'un réticulum très fin.
Dans les régions où l'on observe peu de cellules mucipares, il semble plus dense que dans les cellules à plateau de la muqueuse rectale, quoiqu'il s'en rapproche beaucoup par ses réactions.
Le protoplasme des cellules mucipares n'est pas très visible et toute la masse cellulaire est le plus souvent occupée par du mucus. Ces cellules mucipares ont une forme moins régulière que celles des glandes de Lieberkuhn ; le réticulum muqueux y est plus abondant et plus apparent. Etudiées par la méthode de coloration que nous venons d'indiquer, certaines d'entre elles présentent des caractères microchimiques particuliers : elles demeurent énergiquement colorées en rouge par la safranine (qui, d'ordinaire, disparaît complètement après l'action du bleu Victoria), alors que les autres sont colorées en bleu foncé (fig. 31, pl. IV). Fréquemment, la partie supérieure de la cellule se colore en rouge et la partie inférieure en bleu ; le contraire ne s'observe pas (1).
Comme dans les observations précédentes, on trouve toutes les formes de passage entre les cellules mucipares et les cellules sans mucus ; il est donc impossible d'en faire deux espèces distinctes (fig. 11, 12, 13, pl. II, et fig. 30 et 37, pl. IV). Les cellules à plateau contiennent parfois, au sein de leur protoplasma, une ou plusieurs petites masses muqueuses, fait que l'on n'observe pas dans l'épitbélium de la muqueuse rectale, le mucus se trouvant toujours dans ce cas à l'extrémité supérieure de la cellule.
L'épitbélium des glandes voisines de la surface et des cavités kystiques présente des modifications spéciales. Dans les premières, il forme souvent des végétations; les cellules sont diminuées de hauteur dans les autres points ; il n'y a plus de véritables cellules caliciformes, mais on trouve des traces de mucus à l'extrémité supérieure des autres cellules (fig. 14, pl. II, et fig. 36, pl. IV). Le protoplasma est dense, granuleux ; les contours du noyau sont un peu irréguliers ; son réticulum chromatique n'est pas visible ; toute la cbromatine semble condensée en un ou deux gros nucléoles de forme irrégulière et fortement colorés.
L'épithélium des kystes est, en règle générale, d'autant plus mince, que le kyste est plus développé, bien qu'on rencontre des exceptions ; il n'est, d'ailleurs, ipresque jamais égal d'un pointa l'autre du mémo kyste. Son épaisseur se réduit jusqu'à 5 ou 6 [j. ; à ces limites, les cellules possèdent encore des noyaux sphériques bien développés, et souvent des petites masses de mucus.
Les figures de division indirecte sont peu abondantes et n'offrent rien de particulier.
L'existence de la membrane propre semble aussi inconstante que dans les observations précédentes.
Épithélium de la surface. — Il n'est développé que sur la face concave du polype correspondant au pédicule. D'une façon générale, il est composé d'étroites cellules cylin-
(1) Cette réaction, qui ne se rencontre pas dans les cellules de la muqueuse rectale saine de rhomme, pourrait être imputée à un défaut de technique, si elle se réduisait à quelques observations isolées ; mais on l'observe aussi habituellement chez l'homme au voisinage des ulcérations et des cancers du rectum, de même que dans l'intestin normal de plusieurs vertébrés. Landel, Thèse, Paris, 1897.
ADÉNOMES
driques, à noyaux petits et plus ou moins dégénérés, tantôt se colorant d'une façon à peu près uniforme, tantôt ne se colorant pas du tout. Il contient presque toujours quelques cellules mucipares, ou tout au moins des traces de mucus. Mais il est surtout remarquable par la grande quantité deleucocytes polynucléésqueron y observe (fig. 21, pl. III).
Tissu conjonctif. — Le tissu conjonctif présente une structure différente au centre et à la périphérie du polype.
Au centre, il est constitué par une trame serrée de fibrilles conjonctives parallèles et anastomosées, formant un réticulum plus ou moins net qui renferme les éléments cellulaires.
Autour des glandes, les fibrilles sont contiguës les unes aux autres et on voit entre elles des noyaux très allongés appartenant à des cellules conjonctives.
Les éléments cellulaires sont surtout représentés par des leucocytes mononuclééset polynucléés en proportions à peu près égales ; en quelques points, ils forment des amas peu considérables.
On rencontre aussi quelques noyaux allongés qui semblent appartenir à des fibres musculaires lisses. Il n'y a pas de cellules à granulations.
A la périphérie, l'aspect diffère surtout par la réticulation plus accentuée de la trame conjonctive et par l'abondance plus considérable des leucocytes à plusieurs noyaux. On y rencontre aussi de petites glandes atrophiées, en partie comblées par des leucocytes, et au milieu du tissu conjonctif, contre la suriace, de grandes cellules souvent disposées bout à bout et semblant appartenir à des débris épilhéliaux (fig. 23, pl. III;. Il faut se souvenir, cependant, que les leucocytes peuvent parfois devenir très volumineux et revêtir ces formes.
En un point de la surface, on observe un amas considérable de leucocytes à gros noyaux ayant à peu près l'apparence d'un follicule clos.
Le tissu conjonctif renferme, en outre, une grande quantité de vaisseaux. Ce sont, au centre de la tumeur, des artérioles et des veinules de très petit calibre, et, à la périphérie, de nombreux capillaires abondamment ramifiés.
Adénome n° 5 (Georges G..., 5 ans, février 1897, pièce donnée par Broca). — Tumeur d'aspect réniforme, à grand axe de 12 millimètres, à petit axe de 7 millimètres. Pédicule inséré sur la face concave. Surface lisse.
Celte tumeur est constituée par du tissu interstitiel contenant une grande quantité de gros kystes et de tubes glandulaires.
Sur une coupe tout à fait médiane et passant à peu près par l'insertion du pédicule, on constate que l'espace compris entre celle-ci et le centre du polype, contient cinq ou six groupes importants de tubes glandulaires, séparés par une assez grande quantité de tissu conjonctif et contenant chacun de six à vingt-cinq tubes parallèles entre eux et se présentant en coupe transversale. Un des pôles du polype renferme deux ou trois groupes de glandes très dilatées. Tout le reste du polype est occupé par des glandes également très dilatées, mais à peu près isolées, et qui ne viennent pas déboucher à la surface du polype, à part deux ou trois; et surtout par une grande quantité de gros kystes (50 environ sur une même coupe) ayant de 1 à 2 milliinètres de largeur.
Mais sur une coupe un peu moins médiane (le grand axe de la coupe ayant encore 11 millimètres), on constate que le centre du polype, au lieu d'être occupé par des glandes, contient une grande cavité occupant plus des deux tiers de la hauteur du polype; cette cavité a 5 millimètres de longeur sur 1™™,5 de largeur et vient s'ouvrir à la face inférieure
HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
(fig. 1). Elle est tapissée d'épitliélium cylindrique, et sur ses bords se trouvent des groupes de glandes se présentant en coupe longitudinale et venant y déboucher.
Nous devons donc considérer ce polype comme occupé vers son centre et un peu latéralement par une grande cavité irrégulière, allongée de bas en haut et s'ouvrant largement dans le voisinage du pédicule ; elle est en communication directe avec une grande partie des glandes du polype.
Tubes glandulaires. — Les tubes glandulaires groupés dans le voisinage du pédicule sont ceux qui se rapprochent le plus des glandes de Lieberkuhn; sur la coupe transversale, ils sont assez régulièrementcirculaires (quelques-uns ontdes contours sinueux). Leurs
Fig. 1. — Adénome du rectum n" ^. Coupe longitudinale passant par un point voisin de l'insertion du pédicule (grossissement, 10 diamètres).
dimensions sont assez considérables ; ils ont en moyenne 150 \l de diamètre et 600 à 700 [j. de longueur. Ils présentent sur la coupe longitudinale des sinuosités et quelques petites ramifications. On y rencontre différents termes de passage entre le simple étranglement de la glande et la segmentation complète (tig. 4, pl. I); mais on ne trouve point de tubes glandulaires inclus les uns dans les autres.
Dans ces glandes peu dilatées, l'épithélium est très régulier et ne présente ni replis intérieurs, ni végétations ; sa hauteur est voisine de la normale (35 [ji en moyenne). Dans la plupart de ces glandes, l'épithélium semble formé de cellules caliciformes présentant les caractères déjà décrits.
Glandes dilatées. — Ces glandes ont un diamètre de 200 à 400 a; elles ditTèrent des kystes en ce que leur épithéliuin reste cyUndrique, au moins en grande partie, et non diminué de hauteur. Elles ont une forme plus ou moins irréguliére ; elles sont deux ou trois fois plus longues que larges et la plupart sont complètement closes. Leur èpithéliurn est remarquable par son irrégularité, par les végétations qu'il présente et par les modifications qu'on subies ses éléments. Sa hauteur est parfois normale; d'autres fois, elle est considérable et atteint jusqu'à 100 ij..
ADÉNOMES
Dans ce dernier cas, cet épiihélium est formé de cellules cylindriques extrêmement étroites et allongées, imbriquées les unes dans les autres (fig. 16, pl. II), ou d'une grande quantité de cellules caliciformes et de globes muqueux superposés.
Les végétations sont très nombreuses et parfois extrêmement développées ; tantôt, elles sont simplement constituées par des cellules disposées sur un seul rang et diminuant de hauteur de la partie médiane vers les bords de la végétation ; tantôt, elles sont formées de cellules très longues et imbriquées les unes dans les autres (fig. 35, pl. IV). Enfin, dans d'autres cas, elles atteignent jusqu'à 180 jj. de hauteur et sont composées de petites cellules arrondies ou polymorphes (fig. 18 et 19, pl. II). Dans toutes ces productions, l'élément nucléaire est toujours plus ou moins réduit ou atrophié.
L'épithélium de ces glandes est constitué par des cellules à plateau et par des cellules mucipares, réparties d'une façon très variable. Souvent on ne voit, dans certaines régions, que des cellules complètement remplies de substances muqueuses, avec un noyau fortement coloré et rejeté vers la base (fig. 32, pl. IV) ; d'autres fois, une rangée de cellules cylindriques, qui portent encore à leur partie supérieure des traces d'anciens globes muqueux, succède brusquement à une rangée de cellules exclusivement mucipares (fig. 33, pl. IV) ; ou bien, on remarque des cellules mucipares isolées au milieu d'un épithélium cylindrique ordinaire (fig. 34, pl. IV). Les cellules mucipares se rencontrent souvent dans les végétations de l'épithélium (fig. 35, pl. IV). Le mucus, au lieu de se présenter sous la forme d'une sphère bien Umitée, peut se trouveraussi à l'état de diflusion à la partie supérieure de la cellule (fig. 15 et 16, pl. II, et fig. 34, pl. IV). En certains points, les cellules caliciformes se colorent tantôt par la safranine, tantôt par le bleu Victoria, comme dans l'observation précédente.
Quant aux cellules à plateaux ordinaires, elles présentent les mômes caractères que dans les autres observations.
Dans l'épithélium d'un grand nombre de ces glandes, le noyau est frappé d'une dégérescence que nous avons déjà signalée plus liant : il est réduit de volume, sa forme est parfois devenue sphérique, et il se colore d'une façon uniforme et peu intense par les réactifs (fig. 15 et 16, pL II, et fig. 34 et 35, pl. IV). C'est surtout dans les végétations que cette dégénérescence est plus marquée ; certaines cellules sendjlcnt manquer de noyau (fig. 19,pl.II).
Kystes. — Les kystes de la tumeur ont un volume assez considérable; aussi leur épithélium est-il très diminué de hauteur ; il peut n'avoir que 2 [i. et même parfois disparaître complètement. Dans un môme kyste, il est d'ailleurs rarement régulier. Le nombre des cellules mucipares y est toujours peu considérable ; il diminue progressivement avec la hauteurde l'épithélium, et ces cellules arrivent souvent à manquer complètement (fig. 3, pl. I, et fig. 20, pk III).
Les cavités de ces kystes, comme celles de beaucoup de glandes, contiennent du mucus avec des leucocytes.
Les figures de karyokinèse font à peu près complètement défaut.
La membrane propre n'est distincte que dans un petit nombre de tubes glandulaires.
Épithélium de la cavité centrale. — Cetépiihéliun) est assez régulier, bien qu'il présente, en certains points, des épaississemeuts et des petites végétations ; sa hauteur est en moyenne de 40 fji. Il est formé de cellules à plateau et de cellules mucipares nombreuses et réparties d'une façon inégale.
Épithélium de la surface. — Il ne se rencontre qu'en quelques points de la surfiice
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convexe du polype. Il est forme de cellules polymorphes, peu élevées (15 à 20 [x), arrondies à leur extrémité supérieure, incomplètement soudées les unes aux autres^ et présentant un ou deux petits noyaux sphériques et dégénérés (fig. 22, pl. III). On y rencontre rarement des cellules mucipares.
Jissu conjonctif. — Les stroma est constitué par des fibrilles formant une trame compacte dans laquelle on ne distingue en aucun point de rôticulum. Les éléments cellulaires ne sont pas très abondants ; ce sont des cellules à noyaux très allongés (se trouvant surtout autour des tubes glandulaires), des leucocytes à un ou plusieurs noyaux ordinairement très colorés ; il a aussi beaucoup de cellules à grains présentant la réaction de la chromatine.
Les noyaux de certains leucocytes se colorent mal et paraissent dégénérés. En certains points, on remarque des amas de cellules jeunes, ressemblant à de petits îlots inflammatoires.
Enfin, on rencontre un nombre assez considérable défibres musculaires lisses; celles-ci forment, dans le voisinage du pédicule, des faisceaux assez importants qui se divisent et se répartissent autour des glandes du polype (fig. 23, pl. III).
Les vaisseaux sont des capillaires qui se ramifient abondamment vers la surface.
Adénome no 6 (Lucien M. .., mars 1897, pièce donnée par Broca). — Tumeur ovoïde , à grand axe de 9 millimètres, perpendiculaire au pédicule, à petit axe de 6 millimètres. Surface lisse.
Cette tumeur est formée par du tissu interstitiel contenant un grand nombre de tubes glandulaires et quelques cavités kystiques.
Les tubes glandulaires sont réunis au centre du polype et dans le voisinage du pédicule; ils sont disposées par groupes peu distincts de 4 à 6, assez rapprochés les uns des autres.
En allant vers la périphérie, ces tubes deviennent plus gros et plus irreguliers ; ils prennent l'aspect de petits kystes de un demi-millimètre de diamètre environ. Deux ou trois glandes seulement dans chaque coupe viennent s'ouvrir à la surface.
Les tubes glandulaires sont, en moyenne, plus larges que les glandes de Lieberkuhn; leurs contours sont souvent sinueux et ils présentent des étranglements plus ou moins accentués. On y voit peu de véritables ramifications.
Dans les glandes les moins larges, l'épithélium est assez régulier ; sa hauteur est de 45 à 55 [j..
Dans les glandes les plus dilatées^ il présente des épaississements et des petites végétations ; il peut avoir jusqu'à 150 [j. de hauteur.
Cet épithélium est formé, comme d'ordinaire, de cellules à plateau et de cellules mucipares; celles-ci sont en proportion plus considèi'able qu'à l'état normal et sont réparties d'une façon irrèguliére.
Il existe une atrophie très marquée de tous les noyaux des cellules épithéliales, qui sont petites et se colorent uniformément par les réactifs. Cette dégénérescence porte également sur les éléments du tissu conjonctif.
Les autres caractères de l'épithélium et des cellules qui le constituent sont les mêmes que dans robservalion précédente ; les végétations sont seulement moins développées. Dans les kystes, la hauteur de l'épithélium ne descend pas au-dessous de 20 ji. ; elle est donc peu diminuée.
ADÉNOMES
A la surface du polype, ou trouve quelques cellules cylindriques ordinaires à noyaux dégénérés.
Tissu conjonclif. — Le (issu conjonctif est formé d'un stroma fibrillaire peu distinct et ne présentant pas l'aspect réticulé, contenant des éléments cellulaires et des vaisseaux.
Les cellules sont des éléments conjonclifs à noyaux allongés et des leucocytes presque tous dégénérés ; il paraît y avoir aussi quelques fibres musculaires lisses.
Les vaisseaux sont des capillaires qui se ramifient abondamment vers la surface.
Adénome 7 (30 octobre 1892 ; pièce conservée dans la liqueur de Muller. Paraffine, liématoxyline et éosine). — Cette tumeur est de forme à peu prés sphérique, de 4 à 5 millimètres de diamètre, à surface lisse.
Sur une coupe sagittale passant au niveau de l'insertion du pédicule, ce polype paraît formé de nombreux tubes glandulaires (80 à 120 sur la même coupe), séparés par du tissu conjonctif.
Les tubes glandulaires, un peu plus rapprochés au centre qu'à la périphérie de la coupe, sont ordinairement groupés en nombre variable (de 3 à 9), et chaque lube d'un même groupe est séparé de ses voisins par un intervalle moins grand que son propre diamètre. Ces glandes ne semblent pas orientées suivant un sens déterminé, cardans tous les points de la tumeur on les rencontre sectionnées en tous sens. Leurs dimensions sont variables; tantôt la lumière est à peine distincte, tantôt elle atteint deux ou trois fois la hauteur de l'épithélium. Aucune glande ne présente de dilatation appréciable correspondant à une modification de l'épithélium, et on ne trouve rien qui ressemble à une cavité kystique.
Les tubes qui se présentent en coupe longitudinale sont plus ou moins ramifiés; un petit nombre seulement (2 ou 3 par coupe) viennent s'ouvrir à la surface du polype.
Tous ces tubes glandulaires ressemblent à ceux de la muqueuse rectale saine, abstraction faite des ramifications. Leur lumière est remplie par une substance possédant les réacions de la mucine et leur paroi est tapissée d'un épithélium cylindrique assez régulier, sans bourgeonnements ni végétations. Les cellules niuci|iares s'y trouvent en proportion à peu près normale ; en certains points, leur nombre paraît plutôt augmenté (1 cellule sur 2 ou 3 environ).
La mauvaise fixation des tissus ne nous a pas permis de pousser plus loin cette étude. Le tissu conjonctif est fort mal conservé.
Adénome n° 8 (E., 1893 ; pièce conservée dans la liqueur de Muller. Paraffine, hématoxyline et éosine). — Tumeur de forme ovoïde, à grand axe de 1 centimètre dans le prolongement du pédicule, à petit axe de 5 millimètres environ. Surface lisse.
Ce polype est constitué par du tissu conjonctif contenant des tubes glandulaires et des petites cavités kystiques.
Les tubes glandulaires, assez nombreux (70 à 80 dans chaque coupe), sont presque toiis réunis dans le voisinage du pédicule par petits groupes peu distincts, et sont séparés les uns des autres par de minces bandes conjonctives. Le pôle opposé du polype et sa périphérie renferment seulement, disséminés çà et là, des petits kystes à contenu niuqueux on des glandes dilatées, d'un diamètre inférieur à 400 [ji.
Les tubes glandulaires, bien qu'assez différemment orientés, semblent être ordinairement perpendiculaires à la surface du polype. Sur une coupe transversale, leurs contours sont généralement arrondis, et leurs dimensions se rapprochent de celles des glandes de
HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
Lieberkulin. Poui'tant, sur une coupe longitudinale, la plupart de ces tubes présentent des sinuosités et un nombre plus ou moins grand de véritables ramifications.
Comme nous l'avons dit p4us haut, ces tubes glandulaires forment des petits groupes dans lesquels de minces travées conjonctives les séparent les uns des autres. Il est fréquent aussi de rencontrer deux tubes séparés seulement par une travée linéaire, les contours de l'un continuant très exactement ceux de l'autre, comme s'ils appartenaient à une glande unique (fig. 5, pl. I). D'autres fois, la cloison qui sépare deux tubes n'est constituée que par une simple paroi épithéliale commune (fig. 4, pl. I). Ailleurs, cette paroi épithéliale est incomplète, l'on voit simplement deux bandes d'épithélium se faisant face et non soudées sur la ligne médiane. Enfin, en d'autres points, cette disposition est encore moins accentuée et se réduit à un simple étranglement auquel le tissu conjonctif prend une part variable. Toutes ces figures, très communes et que nous avons déjà rencontrées précédemment, paraissent appartenir aux phases successives de la [segmentation d'un même tube glandulaire, et ne nous semblent point susceptibles d'une autre interprétation.
En outre, l'épithélium glandulaire présente parfois, faisant saillie à l'intérieur du tube, des petites végétations qui, à cause de leur nombre et de leurs formes, ne peuvent être considérées comme représentant un début de segmentation. Elles sont analogues à celles que nous avons décrites plus haut (fig. 17, pl. II, et fig. 35, pl. IV) et nous n'en reprendrons point l'étude.
L'épithélium de toutes ces glandes est cylindrique ; il est assez régulier, bien qu'il soit formé en certains points de très hautes cellules avec plusieurs rangées de noyaux. Dans les kystes, il est le plus souvent cylindrique, parfois cubique, variant ordinairement d'une région à l'autre sans devenir un épithélium plat.
Le nombre de cellules mucipares est fort variable. L'épithélium de quelques glandes en est à peu près totalement dépourvu, et dans d'autres, il en est presque exclusivement constitué. Le plus fréquemment, leur proportion varie beaucoup d'une région à l'autre de la glande. D'une façon générale, cette proportion parait plus grande que dans les glandes de Lieberkuhn de la muqueuse rectale.
Le lissu conjonctif est en partie réticulé, en partie formé de fibrilles conjonctives. Nous ne décrirons point les éléments cellulaires qui sont mal conservés. Les formes réticulée et fibrillaire sont irrégulièrement combinées au centre de la tumeur ; en allant vers la périphérie, le réticulum s'accentue davantage et les fibrilles disparaissent complètement.
Ce tissu conjonctif renferme de nombreux capillaires (200 à 300 [i de diamètre), qui, vers la périphérie, deviennent plus petits et plus abondants.
Adénome n° 9 (Charles D..., février 1891). — Tumeur conservée dans l'alcool. Paraffine. Hématoxyline et éosine.
Tumeur ovoïde, à grand axe de 11 millimètres, dans le prolongement du pédicule, à petit axe de 6 millimètres. Surface lisse.
Les glandes, assez nombreuses (80 à 120 par coupe), sont disposées par groupes très distincts. Elles sont un peu moins nombreuses du côté correspondant au pédicule, où l'ont voit seulement quelques cavités glandulaires très dilatées. Toutes sont à peu près perpendiculaires à la surface du polype, les coupes longitudinales des tubes glandulaires ne se rencontrant qu'à la périphérie. Leur diamètre est en moyenne de 140 à 180 ; elles sont donc beaucoup plus larges que celles de la muqueuse rectale. Leurs contours sont souvent sinueux et irréguliers, et elles présentent des petites ramifications.
ADÉNOMES
Comme dans l'observation préccdentc, toutes ces glandes laissent voir de nombreux intermédiaires entre le simple étranglement et la segmentation complète. On peut observer, dans un point do la préparation, sept ou huit tubes glandulaires, se présentant en coupe transversale et juxtaposés linéairement dans une même loge conjonctive.
Les véritables kystes montrant un aplatissement de leur épithélium sont relativement peu nombreux (6 à 7 par coupe environ), et sont situés à la périphérie du polype. Les plus gros atteignent 1 millimètre de diamètre.
L'épithélium glandulaire est ordinairement beaucoup plus haut que dans les glandes de Lieberkuhn ; il atteint, en moyenne, de 55 à 75 (j.. Dans les kystes, cette hauteur est, au contraire, très diminuée, et descend à 25 [x, et en certains points, jusqu'à 6 ou 7 fj. ; l'épithélium est alors à peu près cubique. Dans les plus petits tubes glandulaires il offre une assez grande régularité ; dans les kystes, au contraire, il varie d'un point à un autre ; enfin, dans quelques glandes, il affecte les dispositions les plus singulières, résultat de l'allongement démesuré du protoplasma dans des groupes de cellules plus ou moins considérables. Parfois, les noyaux s'allongent en même temps que la cellule jusqu'à devenir filiformes ; d'autres fois, ils diminuent de volume et prennent la forme de petites sphères, difficilement colorables par les réactifs.
La proportion des cellules mucipares est considérablement augmentée dans l'épithélium glandulaire. Parfois, elle semble exister presque exclusivement ; parcontre, quelques tubes glandulaires en sont tout à fait dépourvus. On est frappé surtout par l'extrême irrégularité de leur répartition. On peut môme, en certains points, à une rangée de cellules à plateau, voir brusquement succéder une rangée de cellules caliciformes. Comme dans les observations précédentes, il est facile d'observer tous les passages des cellules à plateau aux cellules caliciformes, chez lesquelles la forme et le volume de la niasse muqueuse varie à l'infini.
Le tissu conjonctii de la tumeur possède une structure librillairc assez nette, surtout dans les parties centrales. On y rencontre une assez grande quantité de cellules à protoplasma plus ou moins développé, contenant un ou ])lusieurs noyaux do forme arrondie ou irrégulière, et correspondant à des éléments lymplioïdes. A la périphérie de la tumeur, il vient s'y ajouter une grande quantité de phagocytes, et le stroma tend à y devenir réticule. Le protoplasma de tous ces éléments se colore tantôt en violet pàle par l'hématoxyline, tantôt en rose vif par l'éosine, mais on n'y aperçoit pasdislinctement de granulations.
Il faut enfin noter la présence de quelques éléments fusiformes, ayant des noyaux sn bâtonnet, et (|ui paraissent être des fibres nuisculaires lisses.
Les vaisseaux que l'on rencontre dans la tumeur sont des capillaires plus gros vers le centre (90 jji environ de diamètre), plus abondants vers la périphérie, où ils émettent de nombreuses ramifications.
Adénome n" 10 (Charles M..., juillet 1893). — Pièce conservée dans l'alcool. Paraffine. HématoxyUne et éosine. (Pièce reçue en mauvais état de conservation.)
Tumeur de forme ellipsoïde, à grand axe de 8 millimètres, perpendiculaire à la direction du pédicule, à petit axe de 4 millimètres environ. Surface un peu mamelonnée.
Ce polype est constitué dans les deux tiers de son volume par des glandes nombreuses (80 à 100 sur la même coupe), très serrées les unes contres les autres, avec très peu de tissu interstitiel ; l'autre extrémité de la tumeur, dans le sens du grand axe, est formé de tissu conjonctif fibrillaire, ne renfermant que des vaisseaux.
HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
Les glandes paraissent à peu près perpendiculaires à la surface du polype ; elles sont disposées par groupes de 3 à 12, dans lesquels les tubes glandulaires sont presque tous appliqués les uns contre les autres. Ils sont parfois disposés en rangées linéaires. Presque tous possèdent les contours réguliers des glandes de Lieberkuhn, mais ont un diamètre beaucoup plus considérable (180 etdavantage). Plusieurs présentent un nombre variable do ranùlications.
Dans ces glandes, la proportion des cellules mucipares semble augmentée ; leur mauvaise conservation ne nous a pas permis d'en étudier les détails. Il n'existe pas de kystes dans la tumeur.
Le tissu conjonctif possède une structure fibrillaire sans aucune apparence de réticuum ; il renferme des capillaires nombreux, surtout vers la périphérie.
Adénome n» 11 (Georges L..., 1893). — Petite tumeur ovoïde, à grand axe de 5 millimètres, dans le prolongement du pédicule, à petit axe de 4 millimètres environ. Surface lisse.
A un faible grossissement, on voit ((ue ce polype est formé de glandes nombreuses, avec quelques cavités kystiques irrégulièrement réparties dans du tissu conjonctif.
Los glandes sont d'autant plus nombreuses, plus petites et plus régulières qu'elles sont plus voisines du pédicule. Elles ne diffèrentpointsensiblement, en cette région, des glandes de Sieberkuhn de la muqueuse rectale, dont on aperçoit un fragment sur la préparation. Ces glandes, régulièrement espacées, sont tapissées d'un épithélium cylindrique dans lequel la proportion des cellules mucipares semble très augmentée. En se rapprochant du pôle opposé de la tumeur, les tubes glandulaires se disposent en groupes de plus en plus accusés; en même temps, ils deviennent plus larges et plus ramifiés ; leurs conl tours sont sinueux et réguliers. Ils paraissent à peu près perpendiculaires à la surface du polype, bien qu'un très petit nombre d'entre eux viennent y déboucher. Dans les groupes qu'ils constituent, les tubes glandulaires sont tantôt séparés les uns des autres par une mince bandelette conjonctive, tantôt directement accolés, parfois disposés linéairement et présentant plusieurs étranglements. Leur épithélium, assez régulier, est presque exclusivement formé de cellules mucipares.
Enfin, dans la région la plus éloignée du pédicule, les tubes glandulaires sont devenus do plus en plus rares et irréguliers. Quelques-uns sont transformés en grosses cavités kystiques (ayant au delà de 1 millimètre de diamètre), tapissées d'un épithélium Irès mince (5 à 10 [j. ); on n'en voit jamais plus de 2 ou 3 sur la même coupe. Les autres tubes ont un épithélium très régulier; les cellules mucipares ont parfois complètement disparu, et l'on remarque, faisant saillie dans la lumière des glandes, de nombreuses végétations formées par des cellules très grandes et présentant une hypertrophie notable de leur masse protoplasmique, alors que les noyaux sont arrondis et plus ou moins atrophiés, et font même parfois complètement défaut.
Les végétations peuvent être aussi constituées par des cellules mucipares très grosses, polymorphes et presque séparées les unes des autres.
A la périphérie do la tumeur, on [)eut observer en deux ou trois régions quelques bandes d'épithélium cylindrique recouvrant la surface. Cet épithélium se continue d'ordinaire avec celui d'une glande voisine. Il est constitué pardes cellules à plateau avec un noyau assez petit, souvent atrophié, avec quelques cellules mucipares. En certains points, les cellules ne sont plus soudées entre elles sur toute leur hauteur et deviennent polymorphes.
ADÉNOMES
Tissu conjonctif. — Le tissu conjonclif est entièrement formé de fibrilles plus ou moins intimement soudées les unes aux autres et contenant des cellules lymplialiquesà un ou plusieurs noyaux. Il n'y a pas de réticulum visible.
Les vaisseaux sont des capillaires, surtout abondants vers la périphérie.
Caractères communs aux adénomes ; conclusions générales. — Nous devons à présent mettre en relief les caractères communs à tous ces adénomes et chercher à les interpréter.
Ces tumeurs sont toujours constituées par des glandes revêtant parfois l'aspect de kystes, et par du tissu conjonctif. Les proportions relatives de ces deux éléments sont variables ; mais bien qu'il existe, d'après certains auteurs, des cas où les glandes sont réduites à quelques tubes isolés, nous devons regarder l'élément épithélial comme prédominant.
Forme et disposition des tubes glandulaires. — Les glandes sont plus ou moins augmentées de volume; leur diamètre est presque toujours supérieur à la normale, et elles sont plus ou moins ramifiées. Leur longueur est aussi fréquemment augmentée ; leur forme est variable et elles sont ordinairement sinueuses et irrégulières ; ce sont là des faits signalés par tous les auteurs. Mais il nous a semblé, contrairement à l'opinion généralement admise, que dans toutes nos observations, la presque totalité de ces glandes étaient closes, et que leur ouverture à la surface du polype constituait un fait exceptionnel. En effet, d'une part, la coupe longitudinale de ces glandes nous montre que leur longueur est toujours peu considérable relativement aux diamètres du polype ; d'autre part, si nous examinons les adénomes les plus riches en tubes glandulaires, nous ne trouvons jamais sur nos coupes que deux ou trois glandes débouchant à la surface, et encore ces glandes sont-elles peu profondes ; leur épithélium est toujours plus ou moins altéré et elles sont tout à fait différentes de celles qui forment le reste de la tumeur. Nous croyons volontiers, d'ailleurs, que dans les premières phases de développement de nos polypes, les glandes primitives débouchaient à l'extérieur; dans ce cas, l'embouchure de celles-ci est vraisemblablement représentée ici par les tubes altérés qui viennent s'ouvrir à la surface, tandis que les tubes clos qui forment la masse de nos tumeurs figureraient au contraire les culs-de-sac de ces glandes, qui se seraient isolés par suite
HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
de leur prolifération . Les tubes les plus petits et les plus semblables aux glandes de Lieberkulin se trouvent presque toujours dans le voisinage du pédicule ; les plus gros et les plus déformés se rencontrent à l'extrémité opposée et à la périphérie.
Ces tubes sont toujours disposés par petits groupes ; ceux-ci ne cessent d'être distincts que quand les tubes deviennent trop nombreux ou que de gros kystes, par leur volume, modifient le rapport des éléments. Dans chaque groupe, les glandes sont séparées les unes des autres par de minces travées conjonctives ; souvent, plusieurs glandes sont contenues dans la même loge sans interposition d'aucune cloison, ou bien l'on voit simplement une glande unique présentant plusieurs étranglements successifs. Comme on peut observer dans la majorité de nos adénomes tous les intermédiaires possibles entre ces différentes formes, et que, d'autre part, cette disposition n'existe que pour les glandes relativement peu dilatées, à épithélium non dégénéré et paraissant les plus susceptibles de prolifération, il s'agit là vraisemblablement d'une segmentation des tubes glandulaires par division ou par bourgeonnement, et il ne semble pas que ce fait puisse être interprété d'une autre manière.
Il arrive d'autres fois que la segmentation se produit à l'intérieur même de la glande : la paroi épithéliale de celle-ci se déprime en cul-desac du côté de la lumière, sans participation aucune du tissu conjonctif, et ce cul-de-sac se pédiculisant de plus en plus, la portion invaginée finit par se séparer complètement de l'épithélium qui lui a donné naissance. Il arrive souvent que cette portion iuA^aginée se déprime à son tour et forme dans sa propre lumière un nouveau tube glandulaire. C'est l'interprétation que nous donnons à la figure 8 de Branca [loc. cit.) ; nous avons nous-mêmes représenté (fig.6 et 7, pl. I) deux phases de cette segmentation particulière. On conçoit facilement, lorsque les choses se passent ainsi, que le tube de deuxième ordre soit formé d'éléments dont le sommet est tourné du côté opposé à la lumière, tandis que ceux du tube de troisième ordre sont orientés normalement. Mais dans certains polypes, on voit quelquefois que, dans le tube de deuxième ordre, les éléments ont aussi leur sommet dirigé en dedans.
ADÉNOMES
Nous aA^ons constaté également le même fait dans un cas d'ulcération simple du rectum (fig. 2), et dans un ou deux tubes (fîg. 3), on peut saisir le début de cette formation. On voit que, dans la glande de premier ordre, la plupart des noyaux sont situés à la partie supérieure des éléments épithéliaux, correspondant à ceux du tube de deuxième ordre qui semble ainsi s'être détaché en bloc du premier par la division transver-
FiG. 2. — Coupe de muqueuse rectale ulcérée (grossissemeut, 105 diamètres).
sale de chaque cellule ; à gauche de la figure, une partie des noyaux de la glande de premier ordre aurait repris sa position normale. La double rangée de cellules que l'on rencontre parfois sur les parois de certaines glandes rend probable cette interprétation (1).
Épithélium glandulaire. — L'épithélium qui tapisse les glandes
(1) QuKN0 etLANDEL Caucer du rectum, iieo. de Chlr., nov. 1897, fig. li, p. 878.
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est surtout remarquable par les caractères suivants : variation de forme et de hauteur ; présence de végétations ; prédominance des cellules mucipares ; polymorphisme des éléments cellulaires ; dégénérescences spéciales du protoplasme et du noyau.
Au point do vue de sa forme, l'épithélium doit être envisagé séparément dans les glandes peu dilatées et dans les grandes cavités kystiques. Dans les premières, il est cylindrique ; sa hauteur, très variable, est ordinairement inégale dans les diverses régions d'une même glande, mais,
FiG. 3. — Ulcération du rectum. Coupe d'une glande. Gross., 315 diâm.
en général, elle est notablement augmentée. A mesure que les cellules s'allongent, elles deviennent plus étroites ; lorsqu'elles dépassent leurs voisines, elles s'élargissent souvent en éventail au-dessus d'elles, et tout se passe comme si la loge conjonctive, étant devenue trop étroite pour contenir l'épithélium glandulaire, les éléments épithéliaux exerçaient, par ce fait, une forte pression les uns sur les autres. Aussi ceuxci sont-ils souvent très allongés, et souvent aussi, au lieu d'être situés sur un même plan, sont-ils enclavés les uns dans les autres et disposés à différentes hauteurs ; quand les limites des cellules ne sont pas très visibles, il en résulte que l'épithélium paraît avoir plusieurs rangées de noyaux.
Dans les kystes, la hauteur de l'épithélium est également variable,
<jrÉS"U Br IIAUTMAXK. II — 3
ADÉNOMES
mais ici elle est diminuée, probablement sous l'intluence de la pression du liquide contenu dans la cavité du kyste. Suivant les cas, cet épithéliumpeut devenir cubique, pavimenteux, ou même disparaître tout à fait.
Les végétations se rencontrent surtout dans les glandes moyennement dilatées et dans les plus voisines de la surface du polype. Elles sont parfois simplement constituées par des cellules de Fépithélium devenues brusquement plus allongées que leurs voisines ; mais souvent, elles sont formées par une véritable superposition de cellules, entassées les unes sur les autres.
Dans certains cas, les limites de ces cellules ne sont pas visibles ; il y a simplement de nombreux noyaux entourés de protoplasme. Ces végétations rappellent, au premier abord, celles des épithéliomas cylindriques ; mais en les examinant de plus près, on voit qu'elles ont une structure bien différente. Les végétations cancéreuses, en effet, sont surtout remarquables par l'abondance et la grosseur des noyaux qu'elles contiennent ; ces noyaux renferment de gros nucléoles et de nombreux grains chromatiques. Dans les végétations de l'adénome, au contraire, la quantité du protoplasme reste proportionnelle au nombre des noyaux, comme si la végétation était formée de cellules épithéliales ordinaires dont les contours ne seraient plus visibles; en outre, la taille des noyaux, loin d'être plus considérable qu'à l'état normal, est souvent diminuée, les végétations étant ordinairement le siège de dégénérescences nucléaires. Ces différences suffisent à rendre la distinction facile.
Les éléments de l'épithélium sont des cellules à plateau et des cellules mucipares ; mais le nombre de ces dernières est toujours en moyenne considérablement augmenté ; c'est là un des caractères les plus constants des adénomes. On constate aussi une extrême irrégularité dans leur répartition, et il n'est pas rare de rencontrer des tubes glandulaires non dégénérés qui en soient à peu près dépourvus. Dans certaines glandes elles sont tellement abondantes qu'elles paraissent à elles seules constituer l'épithélium. Il est impossible d'admettre ici que les cellules à plateau constituent deux espèces distinctes, comme l'ont soutenu quelques auteurs au sujet de l'épithélium intestinal ; car on rencontre toutes les
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formes de passage possibles entre les deux éléments, et il est même exceptionnel, si l'on emploie de bons réactifs delà mucine, de ne pas retrouver des traces de substance muqueuse dans les cellules épithéliales, soit à l'état de diffusion dans le réticulum protoplastique, soit vers le sommet de la cellule. Nous rappellerons ici que les cellules mucipares tendent à disparaître dans la grande majorité des épithéliomas cylindriques du rectum (1).
Les cellules mucipares et les cellules à plateau rappellent, en beaucoup de points, celles de l'épithélium intestinal ; mais, d'une façon générale, elles sont beaucoup plus polymorphes. Les cellules mucipares varient depuis l'aspect sphérique jusqu'à celui d'un cylindre allongé ; le mucus s'y rencontre en plus grande quantité que dans les cellules caliciformes normales ; leur réticulum muqueux est plus développé et se colore plus intensivement par les réactifs; parfois, ses caractères microchimiques sont modifiés (obs. 4 et 5). Los cellules sans mucus ont aussi des formes variables ; généralement cylindriques, elles sont souvent irrégulières, plus larges à l'une de leurs extrémités, polyédriques dans certaines végétations. Leur protoplasme est plus dense, d'aspect réticulé aux plus forts grossissements et ses l'éactions microchimiques sont à peu près les mêmes que pour les cellules à plateau ordinaire.
Les noyaux de tous ces éléments, ordinairement ovalaires, parfois sphériques ou très allongés, sont situés à la base de la cellule; chaque cellule n'en contient ordinairement qu'un seul. Leurs contours sont réguliers, et ils ne sont pas sensiblement plus gros qu'à l'état normal. Ils contiennent un ou plusieurs petits nucléoles sphériques ou ovalaires et très peu de grains chromatiques ; le réseau chromatique y est rarement visible. Dans les épithéliomas cylindriques, au contraire, les cellules ont un protoplasme dense et finement granuleux, et contiennent souvent plusieurs noyaux ; ceux-ci sont très augmentés de volume et leurs contours sont anfraducux ; ils ont de gros nucléoles irréguliers, de nombreux grains chromatiques et un réticulum plus ou moins visible aux forts grossissements (fig. 24 et 25, pl. m, et fig. 30, 37 et 38. pl. IV). Dans les cellules mucipares des adénomes, les noyaux sont parfois très riches en
(1) QnÉNU et Laxdel. Loc. cit.
ADÉNOMES
substance chromatique et se colorent même d'une façon homogène par les réactifs ; mais ce phénomène est lié à la production du mucus et se retrouve dans Tépithélium de l'intestin.
Les dégénérescences cellulaires sont à peu près constantes dans les adénomes, au moins pour les glandes de la périphérie, et elles s'étendent parfois à lajîlus grande partie des glandes. Il ne s'agit cependant pas là, à proprement parler, d'une dégénérescence, mais plutôt d'une altération spéciale, les cellules n'ayant pas complètement perdu la faculté de proliférer, à en juger par la présence d'abondantes végétations dans la glande altérée, alors que les glandes peu modifiées n'en contiennent pas. L'altération la plus commune consiste surtout dans une atrophie du noyau qui devient plus petit, se colore en masse d'une façon peu intense et semble avoir perdu ses corpuscules figurés : le protoplasme de la cellule devient dense et granuleux ; celle-ci prend des formes plus ou moins aberrantes.
On observe fréquemment la présence de mitoses dans les glandes des adénomes ; elles se remarquent principalement dans les culs-de-sacs glandulaires et ne présentent pas de caractères spéciaux. Il est possible que les cellules se reproduisent également par division directe, bien qu'il soit difficile de constater ce phénomène.
Membrane propre. — Dans tous nos adénomes, nous n'avons trouvé la membrane propre de l'épithélium glandulaire que d'une façon très inconstante; nous savons, d'autre part, qu'on la retrouve parfois dans les épithéliomas cylindriques du rectum; aussi, n'attachons-nous pas à sa présence une très grande valeur (1).
Leucocytes de V épilhélium . — Comme dans la muqueuse normale, on rencontre fréquemment des leucocytes entre les cellules épithéliales, et on en trouve souvent aussi dans la lumière de la glande. Ces leucocytes sont beaucoup plus abondants dans les glandes voisines de la surface et principalement dans celles qui viennent s'y ouvrir. Ils sont alors presque toujours polynucléés; il est probable qu'ils jouent alors le rôle de phagocytes, mais nous n'avons pas eu encore l'occasion de le constater.
Épiiliéliiiin de la surface. — Dans une partie de nos adénomes, nous
(1) Contraireraeut ù COUNIL et IvANVlEU. Loc. cit.
HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
avons constaté la présence d'épitliéliutn en certaines régions de la surface. Cet épithélium représente évidemment celui de la muqueuse rectale, lorsqu'il est peu altéré ; on le retrouve avec tous ses caractères. Mais, la plupart du temps, la forme et la structure de ses éléments sont très modifiées : ceux-ci deviennent petits, polymorphes, le noyau se colore mal et d'une façon uniforme ; toutefois, on rencontre presque toujours quelques cellules mucipares.
Cet épithélium n'existe guère dans les anfractuQsités du polype, dans le voisinage du pédicule, et en général sur les parties protégées contre les frottements extérieurs.
Nous pouvons donc constater que les éléments épithéliaux des adénomes nous montrent, non seulement dans leur disposition, mais encore dans leur structure, des caractères propres par lesquels ils diffèrent à la fois de l'épithélium normal des glandes de Lieberkuhn et de celui des épithéliomas cylindriques du rectum.
Tissu conjonctif. — Le tissu conjonctif est toujours un tissu jeune ; il rappelle le chorion de la muqueuse rectale. Son stroma présente, cependant, une trame plus serrée, d'aspect réticulé ou fibrillaire, généralement ces deux formes se trouvent dans le même polype et la première prédomine toujours au voisinage de la surface. Les véritables fibres conjonctives y sont toujours peu abondantes.
Les éléments cellulaires y sont présentés par un petit nombre de cellul(>s fixes du tissu conjonctif et par une grande quantité d'éléments lymphatiques ; ces derniers appartiennent aux variétés qui se rencontrent dans le voisinage des glandes de l'intestin : Ij-mphocytes jeunes et adultes à un ou plusieurs noyaux contenant des granulations graisseuses ou des granulations colorables comme la chromatine du noyau ; les leucocytes plurinucléés sont toujours plus abondants vers la périphérie où le tissu conjonctif forme d'ordinaire une zone continue, les glandes ne se rencontrant qu'à une certaine distance de la surface. On remarque aussi, dans le tissu conjonctif, des amas plus ou moins considérables de gros leucocytes ressemblant davantage à des follicules clos qu'à des îlots inllammatoires, bien que ces derniers puissent également se rencontrer dans certains cas. Avec ces éléments, il faut noter la présence proba-
ADÉNOMES
blement constante de fibres musculaires lisses qui ne sont pas toujours facilement visibles. Les vaisseaux sont des artérioles et des veinules de petit calibre et toujours abondants ; ils se distribuent dans la tumeur en se dirigeant vers la périphérie, où ils envoient de nombreuses ramifications qui atteignent la surface du polype.
Pédicule. — Nous n'avons pas eu l'occasion d'en faire une étude très approfondie ; il nous a paru formé par des vaisseaux, des fibres conjonctives bien développées et des fibres musculaires lisses. Ces éléments cheminent parallèlement et divergent au niveau de l'insertion du poh'pe dans lequel ils se distribuent. Le pédicule prend donc naissance au-dessous de la musculaire de la muqueuse.
De toutes ces descriptions, il résulte que les polypes adénomateux du rectum ne peuvent être séparés des productions malignes, comme le prétendent la plupart des auteurs, ni par la régularité, ni par l'absence de segmentations ou d'involutions normales des tubes glandulaires, ni par la présence de membrane propre, ni même par l'absence de végétations épithéliales. Ils s'en distinguent essentiellement parles caractères de leur épithélium glandulaire, que nous opposons à ceux des épithéliomcs cylindriques du rectum dans le tableau suivant :
Adénomes.
Augmenlalioii du nombre des cellules mucipores.
Végétations dans lesquelles la proportion de l'élément protoplasmique par rapport à l'élément nucléaire est la même que s'il agissait d'un ensemble de cellules épithéliales ordinaires ; les noyaux sont souvent atrophiés, mais jamais augmentés de volume.
Protoplasme peu dense, paraissant réticulé, très peu ou point colorable par les réactifs. (Ce caractère ne s'applique qu'aux éléments non dégénérés.)
Noyau très peu ou pas augmenté de
Épithéliomes cylindriques.
Disparition des cellules muciparcs(l).
Végétations dans lesquelles l'élément nucléaire est en proportion considérable par rapport à l'élément protoplasmique ; les noyaux sont toujours plus volumineux que dans les cellules de répillu'lium normal.
Protoplasme toujours très dense, finement granuleux, fortement colorable par les réactifs et, en particulier, par la liqueur de Flemniing.
Noyau notablement augmenté de vo-
(1) Nous faisons abstraction ici des épithéliomes ù, évolution muqueuse dont les cellules sont, au contraire, toutes mucipares ; ces tumeurs, relativement rares, ont des caractûres tellement spéciaux, qu'elles ne peuvent prêter à aucune confusion.
PATHOGENIE ET EVOLUTION
volume, souvent atrophié, ayant des formes variées^ mais des contours réguliers, se fragmentant rarement et généralement unique dans chaque cellule.
Augmentation peu marquée ou nulle de la chromatine dans le noyau (exception faite de certaines cellules calicil'ormes) ; afïïnité pour les matières colorantes non augmentée ; nucléoles petits, ovales ou arrondis, mais à contours très réguliers ; grains chromatiques très petits et peu nombreux ; réseau rarement visible.
Figures karyokinétiques normales.
lume.très exceptionnellement atrophié, se fragmentant très souvent en plusieurs parties, à contours irréguliers ; les noyaux sont souvent multiples dans chaque cellule.
Augmentation notable de la chromatine dans le noyau ; affinité pour les matières colorantes très augmentée ; nucléoles gros et à contours irréguguliers ; grains chromatiques nombreux et réseau souvent apparent.
Figures karyokinétiques souvent anormales, s'accompagnant fréquemment de chromatolyse très accentuée.
Pathogénie et évolution. — Les premières phases de la formation des adénomes n'ont pu être étudiées que chez les individus porteurs de polypes multiples. Sur des rectums enlevés chirurgicalement ou à l'autopsie, onA^oit de nombreuses petites élévations de la muqueuse de la grosseur d'une tète d'épingle à celle d'un pois ; sur la coupe microscopique pratiquée à ce niveau, on constate un épaississement de la couche glandulaire et les tubes sont déjà plus ou moins ramifiés ; leur surface est encore recouverte par l'épithélium normal.
A côté, on observe des productions un peu plus volumineuses, légèrement étranglées à leur base et formées par des glandes ramifiées et par du tissu conjonctif jeune. On voit enfin sur les mêmes pièces des pol^q^es avec un pédicule tantôt court et large, tantôt long et étroit, qui sont des adénomes bien développés. 11 est vraisemblable que toutes ces formations d'aspects différents représentent les différents stades de développement de ces tumeurs.
Dans nos propres observations, nous avons presque toujours constaté un centre de prolifération situé dans le voisinage immédiat du pédicule et vers le milieu du polype. En cette région, les glandes, relativement petites, présentent toutes les phases de segmentations décrites plus haut ety constituent des groupes plus ou moins importants. A mesure que Ton se rapproche de la surface, les tubes deviennent plus gros, moins abon-
ADÉNOMES
dants, leurs éléments épithéliaux sont altérés et ils ne semblent plus se segmenter. La tumeur paraît donc s'accroître du centre et de la base vers la périphérie, de telle sorte que les tubes glandulaires voisins du pédicule peuvent être considérés comme les plus jeunes, les tubes voisins de la surface comme les plus anciens .
Les tumeurs adénomateuses, en se développant, gardent-elles toujours leur nature, ou sont-elles susceptibles de transformations qui les rapprochent des autres tumeurs épithéliales, des cancers en particulier? C'est là une question très importante que nous nous réservons d'étudier plus loin à propos des polyadénomes.
Étiologie. — La plus grande fréquence des adénomes pédiculés chez les enfants est un fait admis par presque tout le monde ; il n'y aurait lieu de faire des réserves que pour les polypes multiples. Sur une douzaine de cas personnels, nous n'avons guère que deux observations de monopolypes adénomateux chez l'adulte, et encore chez une malade pourrait-on, non sans raisons, rapporter le début de l'affection à l'enfance. Lorsque nous avons eu besoin d'avoir rapidement à notre disposition des pièces de polypes rectaux, nous n'avons eu (\nî\ nous adresser à notre collègue et ami M. Broca, chirurgien d'uu hôpital d'enfants, pour en obtenir 7 à 8 dans l'espace de 2 ans.
L'adénome a été observé chez les enfants en bas âge, de 3 mois (Schlegel) (1), de 6 mois (Denonvilliers) (2).
Dans nos observations l'âge oscille entre 5 ans et demi et 10 ans; les enfants observés par Bokay (3) avaient de 7 à 14 ans, ceux de Stolz de 1 à 12 ans. A l'extrême, Wriglit a vu un adénome papillomateux occasionnant une obstruction complète chez ime femme de 70 ans (4) mais n'était-ce pas plutôt une tumeur villeuse? Lamalade adulte de Mouchet (5) avait 22 ans, la nôtre 26.
Les observations (radénome rectal elicz l'adulte sont, en résumé, dans
(1-2) CitCs par Félizet et Branca.
(3) 130KAY. Ucbei- Mastdariii Tolj'pe bei Kindern. Jahrhuch fiir KhuJcrhcilh., Bd IV, p. 271, d'après Gosseliii.
(4) Wkight. Path. Soc. of Manchester, 16 avril 1890, in Brit. m. .T. ,20, avril 1890.
(5) Loc. cit.
ÉTIOLOGIE
une infime proportion; il n'en est plus de môme si on envisag-e les polyadénomes ; il faut ici renverser les termes et on peut avancer que si les adénomes sont l'apanage de renCancc, la polypose adénomateuse, les polyadénomes appartiennent à l'âge adulte et à l'âge mûr.
La fréquence absolue de l'adénome rectal est difllcile à préciser. Bokay de Pesth n'en a observé que 25 cas sur 59,970 enfants, Allingham 40 ; Kronenberg (1) seulement 4 cas pendant 19 ans, en traitant annuellement 6,000 enfants. En revanche, Guersant en aurait observé 6 à 8 par an, et nous avons dit plus haut qu'un seul service de chirurgie d'enfants nous en avait livré 7 à 8 en 2 ans. Tout ce qu'on peut conclure c'est que l'adénome est plutôt une affection i-are.
Doit-on admettre une influence héréditaire ? D'après Esmarch , les polypes auraient été observés plusieurs fois chez les membres de la même famille, « par Barthélémy chez deux jumeaux, par Langenbeck chez 4 frères et 5 sœurs » ; ces faits, s'ils étaient plus nombreux, seraient susceptibles d'une autre interprétation : celle-ci, par exemple, c'est que ces enfants se sont trouvés soumis aux mêmes influences encore inconnues qui engendrent l'adénome intestinal; en réalité, nous sommes très peu avancés sur la pathogénie des adénomes.
L'influence de l'inflammation, ce qui veut dire aujourd'hui l'infection, trouverait un appui dans les observations de colites suivies ou accompagnées de polypose et dans celles de diarrhées précédant l'apparition des adénomes, mais la diarrhée est un trouble si commun chez l'enfant et l'adénome est relativement si rare ! Les partisans de l'origine infectieuse invoqueront aussi les recherches de Belleli, d'Alexandrie.
Ce médecin a publié dans le Progrès médical^ en 1885 (p. 54), un court travail intitulé : « Du rôle des parasites dans le développement de certaines tumeurs fibro-adénomateuses du rectum produites par les œufs du distomium hit-matobium ». On sait que ces distomes, qui vivent dans la veine porte et dans les veines vésicales, arrivés à l'état adulte déposent leurs œufs dans les petites veinules des parois de l'intestin et de la vessie. « C'est dans le rectum que la formation des tumeurs par les œufs est surtout fréquente, ils déterminent des phénomènes variés et en parti-
(1) Cité par Bossert.
ADÉNOMES
culier des hémorrhagies et de la diarrhée ; ces tumeurs ont souvent la grosseur d'une noix ou d'une amande ; plusieurs médecins d'Egypte nous ont cité des exemples de tumeurs du rectum consécutives à la bilheirzia qui avaient atteint le volume d'un œuf. »
La malade qui fait le sujet de l'observation de Belleli est une enfant de 12 ans qui, à la suite de symptômes hématuriques et dysentériques, s'aperçut qu'une tumeur apparaissait à l'anus pendant les efforts de défécation. Le toucher rectal révélait àla distance de 5 à 6 centim. de l'anus une tumeur implantée par une large base sur le côté gauche du rectum et d'une coloration rouge. L'examen histologique de cette tumeur montra qu'il s'agissait d'un adénome. Dans le tissu conjonctif séparant les tubes glandulaires, il existait un nombre considérable d'œufs et d'embrj'ons de distomium hœmatobium. Antérieurement à Belleli, en 1882, Zancarol (1) avait présenté à la Société médicale des hôpitaux un exemple d'altérations intestinales occasionnées par la bilharzia hœmatobium; ces lésions consistaient en saillies polj'piformes de la muqueuse ; histologiquement on notait un développement excessif des glandes en tubes. Moins affirmatif que ne le fut plus tard Belleli, Damaschiuo concluait simplement en disant que comme Bilharz et Sonsino, et comme Zancarol il avait une tendance à rattacher une grande partie des altérations à la présence des œufs du distome.
Les observations de Zancarol et de Belleli seraient des plus intéressantes et de nature à jeter un grand jour sur le développement des tumeurs en général, si on ne pouvait leur objecter, ainsi que le font Branca et Félizet, que les adénomes sont sujets à l'infection comme les tissus normaux, et qu'il ne suffit pas d'y trouver les microbes pour en déduire leur action pathogénique. Nous avons jadis fait les mêmes réserves à propos des adénomes thyroïdiens dans lesquels Jaboulay et Rivière ont rencontré des staphylocoques blancs (2) ; néanmoins nous ne nions pas l'influence adénomatogène du distome, nous demandons à ses partisans de multiplier leurs observations et de nous prouver que la présence des œufs de bilharzia hœmatobium ou d'autres parasites entraîne constamment la formation d'adénomes.
(1) Rapport de Damaschino.
(2) DuPLAï et Reclus. Traité de chirurgie, i'^ édit., t. I, p. 349.