ABCÈS SUPERFICIELS
abcès en soiis-sphinctériens et intra-sphinctériens ; cette distinction nous semble sans intérêt, un certain nombre de ces abcès étant à la fois sous et intra-sphinctériens. Il importe cependant de distinguer Vabcès soascutaiiéo-muqueux proprement dit de Vabcès tubéreux et de Vabcès hémorrho'idaire ou phlébilique circonscrit.
Les abcès tubéreux., dits quelquefois à tort tuberculeux, regardés par Ghassaignac comme le résultat « d'une irritation des lymphatiques contenus dans l'épaisseur de la peau )),sont généralement rattachés aujourd'hui à l'inflammation d'un des appareils glandulaires de la peau de la région. Ils sont toujours au-dessous du sphincter, le plus souvent même en dehors des plis rayonnés. Ils font un relief régulier, du volume d'un gros pois, s'accompagnent d'une douleur variable, se ramollissent au bout de trois ouquatrejours et s'ouvrentspontanément, donnant un peu de pus séreux, quelquefois sanguinolent ; ils guérissent le plus souvent sans laisser de fistule. Dans certains cas, en particulier dans ceux de ces abcès développés assez près des plis de l'anus, là où le tissu sous-cutané, d'adipeux à aréoles bien limitées, devient lâche et presque séreux, il se forme, surtout si l'individu ne se soigne pas, une (;ollection suppurée plus grande, due à un véritable abcès phlegmoneux surajouté. Dans ce cas, après incision large du foycM', il n'est pas rare de trouver au milieu du pus un petit bourbillon qui indique nettement la nature initiale de l'abcès.
Vabcès phlébilique circonscrit., bien indiqué par Ghassaignac, est formé par la suppuration d'une ampoule hémorrhoïdaire isolée du reste de la circulation. G'est un petit abcès sans grande importance, s'ouvrant généralement dans le canal anal et devant son intérêt principal à la fistule borgne interne qui le suit généralement.
Vabcès sous^cutanéo-muqueux se montre le plus souvent sous la forme bien connue, dite abcès de la marge de Vanus; il nous semble lié à une lymphangite réticulaire née d'une inoculation du canal anal. G'est lui qui est le point de départ le plus habituel de la fistule à l'anus.
Sa marche est des plus variables.
Dans certains cas, chez les phtisiques en particulier, il se développe.
ABCÈS
pour ainsi dire, à l'insu du malade. C'est tout au plus^s'il y a un peu de gêne et de pesanteur dans le petit bassin. La collection se forme sans aucun phénomène fébrile ; quelquefois même Tabcès crève dans un effort de défécation et la fistule est immédiatement constituée. Lorsqu'on examine ces malades avant l'ouverture de l'abcès, on constate l'existence d'une tuméfaction étalée, manifestement fluctuante, sans grande réaction inflammatoire locale, tuméfaction qui remonte en général dans le canal anal.
D'autres fois l'abcès revêt des caractères qui lui méritent absolument le nom d'abcès phlegmoneux sous lequel il est assez souvent décrit. La tuméfaction, qui occupe, comme dans le cas précédent, la marge et le
FiG. 54. — Abcès sous-cutanéo-muqueux. A gauche, l'abcès est développé principalement sous la peau ; à droite, il remonte sons la muqueuse.
canal anal, est globuleuse, chaude et douloureuse ; les téguments sont rouges ou violacés. La région est le siège de douleurs pulsatiles, souvent intenses, devenant excessives par le moindre attouchement. Le malade ne peut s'asseoir, il est obligé de rester couché sur le côté ; la défécation est des plus pénibles ; le moindre effort même, soit pour uriner, soit pour se moucher, est douloureux. 11 y a de la fièvre, de l'inappétence, un état saburral. Ces symptômes continuent en augmentant d'intensité pendant quelques jours et la fluctuation devient manifeste du côté de la peau ; quelquefois cependant, lorsque l'abcès ne s'étend pas vers l'extérieur, il faut la rechercher avec deux doigts, l'un dans le rectum, l'autre sur la tuméfaction cutanée. Toujours cette exploration