‹ Chirurgie et Radiothérapie du ThymusChapitre 10 sur 16 · RENTREE · texte numérisé non relu

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fallut à Friedlander 12 séances et à Myers 47 pour obtenir la guérison de leurs malades. Mais il n’y a rien là que de très ordinaire. Ces auteurs étaient les premiers à expérimenter cette thérapeutique et de même que dès son débui la chirurgie du thymus ne fut pas parfaite, de même il était très difficile d’avoir une technique radiologique sans. aucun défaut dès son apparition.

Dans ce chapitre, notre intention est de suivre une une ligne de conduite en tout semblable à celle que nous avons suivie dans le chapitre précédent. Nous voulons dire seulement ce qui a été fait depuis 1909, c’està-dire depuis les premières expériences de Friedlander et de Myers jusqu’à notre époque. Cependant nous dirons aussi très rapidement quelle est à l'heure actuelle ia technique des radiologistes pour traiter l’hypertrophie thymique. Puis, à la fin de ce chapitre nous donnerons un tableau récapitulatif des cas rapportés de thymus hypertrophiés traités par les rayons.

Comme nous le disons plus haut, le traitement radiothérapique ne fut inauguré qu ‘après de nombreuses recherches expérimentales, qui furent: ‘pratiquées sur les animaux. Lorsque Heinecke eut constaté l’action des rayons sur le tissu lymphoïde, il n’oublia pas le thymus et constata que cet organe ne faisait pas exception à la règle. Il fut ainsi le premier qui aperçut le parti que l’on pourrait tirer de l'emploi des rayons X pour le traitement du thymus hypertrophié. Après lui, en ce qui concerne l’irradiation du thymus deux publi: cations seules sont à retenir : l’une de Rudberg (1907) el l’autre d'Aubertin et Bordet (1909) qui montrent toutes les deux la transformation du parenchyme thymique sous l'influence des rayons. Comme Heinecke, Aubertin et Bordet pensèrent à la possibilité de traiter par.la radiothérapie les hypertrophies du thymus. Mais

aucun d’eux ne tenta l'expérience. Et cependant, avant eux, Friedlander et Myers, dont les noms ont été déjà

cités, avaient appliqué avec succès cette méthode thé.

rapeutique dans 2 cas de thymus hypertrophiés. Friedlander, dont l'observation ne parut qu’en 19097; avait en réalité opéré en 1904, et en 1908 Myers publiait son observation. Après ces auteurs, ce furent

“Weil. et Péhu qui, sur les conseils de Crémieuw

employèrent. les rayons avec succès. Depuis cette époque et surtout depuis la thèse de Crémieu (thèse de Lyon, 1912) les applications des rayons: sur les gros thymus se font de plus en plus nombreuses. D'ailleurs dans les années qui suivirent immédiatement 1912, il semble qu'il ÿ ait eu une sorte d’engouement en faveur de laradiothérapie comme thérapeutique nouvelle dans les cas de thymus hypertrophiés. La chirurgie est attaquée. Rapidement, on voit apparaître de nombreuses statistiques comparant les résultats obtenus chirurgicalement et ceux obtenus avec les rayons. Parker rapporte une mortalité de 33 1/2 0/0 par l’intervention sanglante : sur 50 cas que l’auteur signale il y a 17 morts. Nous savons pour l'avoir vu dans le précédent chapitre qu'il ne faut pas trop tenircompte de ces chiffres, où sont compris les décès survenus à la suite d'une mauvaise technique. Mais à cette époque où l’on était enthousiasmé par le traitement radiologique tout nouveau il semble bien que l’on n’ait pas pris tout le soin désirable pour contrôler de plus près les résultats

chirurgicaux. Si bien que les idées médicales, tout en

faveur de la thymectomie deux années auparavant, subirent une évolution un peu trop rapide, car nous verrons que la radiothérapie, comme la chirurgie, n’est pas exempte de dangers.

En 1913 in American Journal of Diseases of Children

Friedlander signalait l'évolution des idées médicales sur

su JR 2

le traitement de l'hypertrophie thymique, et il comparait une statistique de Parker, dont nous parlons plus haut, accusant une mortalité post-opératoire de 33 r/2 o/o avec une statistique de lui-même portant sur 25 cas (dont deux de M. Veau) d’hypertrophies du thymus trailés avec succès par la radiothérapie. Il cite en outre d’autres observations provenant de différents auteurs (D'Ælsnitz, Rachford | X Ray treatment. of status lymphaticus. American Journ. Med. Sc., oct. 1910]). En plus, Lange de Cincinnati, dans une communication personnelle, lui donna connaissance de huit autres cas traités avec succès et qui n’ont jamais été publiés. Et Friedlander de conclure comme Crémieu un an auparavant : « Avec le trailement par les rayons X du thymus hypertrophié, le succès est assuré. »

Il faut signaler aussi que Wyckoff dans un article paru en 1913 in The Cleveland médical Journal et intitulé Rœntgen Ray treatment of thymus hypertrophy où il publie 2 cas nettement guéris, fait allusion en outre à une quinzaine d’autres cas qui auraient bénéficié de la thérapeutique, mais dont, malheureusement, il ne donne pas les observations.

ie Friedlander dans un nouvel article publié in er Journal of Diseases of Children et paru en juillet 1917, cite 100 cas d’hypertrophies du thymus traités par les rayons X avec 4 morts seulement. Ces [00 Cas ajoutés aux 49 signalés dans le tableau qui est à la fin de ce chapitre nous donnent un total de 149 cas trailés par les rayons X, publiés jusqu’à maintenant. Sur ces 149 cas, on trouve 4 morts et 2 résultats nuls, soit 6 cas où D thérapeutique s’est montrée A soit 4,03 0/0 environ (un peu plus de 4o O

Technique dela radiothérapie duthymus (1). — Après des recherches nombreuses, dues surtout aux radiologistes français Ribadeau-lDumas, Albert Weil et Gros et après des perfectionnements progressifs on est arrivé

à employer la technique suivante : on utilise deux

voies pour l'application des rayons:une voie antérieure correspondant à la base du sternum et une voie postérieure au niveau des dernières vertèbres cervicales.

La cure est en général obtenue après deux séances faites à vingt-quatre heures d'intervalle avec une dose totale de 10 H. Chaque séance est donc de 5 H. On a soin de filrer les rayons comme Albert Weil le recommande avec un filtre d'aluminium de 4 millimètres au moins.

Quinze jours après le traitement, la guérison clinique est survenue, confirmée par la radioscopie et laradiographie.

Les appareils actuels permettent de faire des dosages exacts et, grâce à leur puissance, la durée des applications peut-être réduite à quelques minutes.

Cette technique doit cependant être modifiée dans lescasurgents dedyspnée thymiqueintense : en une seule séance on pourra alors atteindre 15 H. filtrées comme toujours par 4 millimètres d’aluminium.

Ainsi présentée, la question semblerait se résoudre en faveur de la radiothérapie. Là, pas d'infection à craindre, là pas de conséquences fâcheuses au cas d’un diagnostic erroné et où une adénopathie trachéobronchique auraitété prise pour unehypertrophie thymique, étant donné que la rœntgénisation est tout aussi indiquée et doit donner des résultats tout aussi favo-

1. D'après M. Chaufferon, assistant de radiologie à l’hospice des Enfants-Assistés.

TABLEAU RÉCA PITULATIE

TRAITEMENT RADIOTHÉRAPIQUE DU THYMUS HYPERTROPHIÉ

SA |: NOMBRE sol . MORTS Ep,

È TEURS 5 Dates Nombre de cas É ë . de séances Aucune modification LÉ et ml 1904 Friedlander :

(publiée I Cas. 1 |12 séances en un mois.

en 4907) ER AR 1908 Myers : F'eagçh lit 47 Séances en trois : mois 1912 ‘(| Veau: 2 cas.

1912 Albert Weil .:

. 4 cas.

1912 E. Weilet Péhu:

2 Cas. l:2 |8 séances en un mois MORE A * è et demi | ss f 1912 Grenet : 1 cas. Résultat défavora- 1914 Albert Weil : ble.

4cas. 4 1° 8 séances en 10 semaines.

2 cas. 2 2° { séances :

en 2 semaines.

1913 F. Schweizer : # i 4 I Cas. 7 Aucun succès.

2 2 séances.

5 séances.

I Cas.

1 2 séances.

A. Weil et Gros :

I Cas,

: 11 séances:

Total : 49 cas.

; ie : | G.-W. Wyckof:

rables dans l’adénopathie trachéo-bronchique que dans l'hypertrophie thymique. | 1.

Mais, on constate aussi quelquefois, comme le montre le tableau ci-dessus qu'avec cette méthode on a des insuccès, soit que la radiologie se montre impuissante, soit même qu’elle cause des cas de morts (4 cas de Morts sur les 100 observations de Friedlander). Elle

n’en serait. pas moins cependant la méthode de choix, si elle n’était cause parfois d'accidents extrémement graves, mortels même, he font le sujet du chapitre suivant.

Nous donnons ci- aprés le résumé de quelques. obser: vations de thymus suars par les rayons :

Observation: I (Friedlander, 1907).— Enfant né en décembre 1904, âgé de cinq semaines au moment où commence cette observation. Il présente de la dyspnée paroxystique accompagnée de cyanose de la face et des extrémités. L'enfant qui est

- anxieux présente du tirage inspiratoire sous-costal, avec une

température normale et 70 respirations par minute. Rien aux

poumons, rien au cœur. La palpation du cou permet de sentir

une masse ronde et dure au-dessus du sternum. Diagnostic ; hypertrophie thymique avec crises asthmatiformes.

Malgré un traitement bromuré, les crises augmentent de fréquence et d'intensité, la masse thymiqéé augmentant elle-même de volume. C’est alors que fut commencé le traitement par les rayons X. Après 12 séances en un mois, chacune d'elles ayant une durée progréssivement croissante, les crises s’espacent et disparaissent, en même temps qu’à l'inspection on ne constate plus de tumeur sus-sternale ét que la palpation du cou ne révèle plus rien d'anormal. Son état satisfaisant persiste et l'enfant se He normalement.

Observation II (Myers, 1908). — Fille née en juillet 1907. Rien de particulier à la naissance. Au bout d’une semaine on constate un bruit inspiratoire anormal, qui augmente de jour en jour d'intensité. L'examen montre une enfant bien dévelop-

.pée. Mais l’inspection du thorax révèle une respiration labo-

rieuse accompagnée d’un bruit intense. Matité sternale nette, que la palpation permet de rattacher à une masse rétrosternale, très bien perçue pendant l'expiration. Diagnostic : hypertrophie du thymus. Traitement radiologique : 47 séances en trois mois. La matité thymique disparut complètement, de même que le bruil inspiratoire. L'enfant est alors normale.

Observation III (Weill et Péhu, 1911). — Enfant de trois semaines présentant des menaces de syncope avec pâleur subite,

se produisant surtout quand on faisait pencher en avant la tête du nourrisson. Aussi est on obligé de le laisser en permanence dans l'extension la plus complète. Léger ronflement pendant le sommeil, mais jamais de stridor, pas de dyspnée, pas de dysphagie. On pense à une hypertrophie du thymus et ce diagnostic est confirmé par la radiographie.

On décida alors de soumettre cet enfant à des séances d’irradiation, d'autant que la thymectomie sous-capsulaire, en raison des tendances lipothymiques, aurait pu être fort dangereuse. Eù un mois et demi, on applique au malade huit fois la dose o du chromoradiomètre de Bordier, sous filtre de 1 millimètre d'aluminium électrolytique. L'amélioration fonctionnelle se dessina rapidement, les états syncopaux se. montrèrent de moins en moins fréquents, et, peu de jours après les premières séances on put sans danger mettre l’enfant dans la position assise, La radiographie montra une diminution manifeste de l'ombre thymique.

Observation IV (Weillet Péhu, 1911). — Enfant de 13 mois, présentant des accès de suffocation à répétition durant trois minutes environ, etsurvenant toujours à l'état de veille. On constate une matité nette au niveau du manubrium et pendant l'expiration un gonflement au niveau de la fourchette sus-sternale. La radiographie montre une ombre anormale de la région supérieure du médiastin antérieur. On commence un traitement par les rayons X et on obtient assez rapidement une réduction du volume du thymus. Une radiographie montre une ombre normale de la région du médiastin.

Observation V (Wyckoff, 1913). — Enfant de 7 mois atteint d'hypertrophie thymique. Traitement radiothérapique : 8 séances en dix semaines. Guérison,

Observation VI (Wyckoff, 1913). — Enfant de 17 mois ayant un gros thymus. On le soumet à un traitement radiothérapique et on lui fait 4 séances en deux semaines. Guérison.

Observations VII, VIII, IX, X (Franchetti 1916). — Hypertrophie du thymus chez une fille de 1 mois, un garçon de 1 mois

et demi, un garçon de 3 mois, une fille de 6 mois. Traitement radiothérapique et guérison.

RÉSEAU SD SE Fm: € S

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FRE XI, XII, XIII (Cook, 1917). — - Enfants de 10 semaines, 20 mois et 3 jours atteints Ra VERS thymique Diagnostic confirmé par la radiographie. Le thymus avant

l'application des rayons était énorme. Après le traitement, on LE trouva fortement diminué de volume.

Observations XIV et XV (Mamerto Acuna, 1917). — Deux cas d'hypertrophie du thymus : garçon de 8 mois et demi et fille de trois ans. Dans le second cas, les rayons X montrent une ombre rétro- sternale étendue se continuant avec celle du cœur. Traitement : après insuccès de la liqueur de Donovan (iodure d’As.) on essaye la radiothérapie. Après 3 séances de rayons X, légère amélioration. Il semble LR les phénomènes de compression s’atténuent. É

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