PIQUE
glotte n'est pas connu, mais il-est fort possible que le thymus y joue un rôle peut être très important. L'intervention ne fera pas disparaître complètement les crises, mais du moins elle empêchera la mort subite. Nous résumons deux observations de M. Veau.
Observation I. — Garçon de vingt-deux mois, qui est pris brusquement d'une suffocation qui dura quatre à cinq minutes. Deux mois après nouvelle crise aussi intense que la première. A partir de cette époque, les crises deviennent de plus en plus
fréquentes. Légère masse arrondie dans la région sus-sternale ;
il semble qu’il y ait une légère voussure du manubrium sternal. Matité au niveau du manubrium. On enlève un fragment de thymus de 5 grammes. Aucun incidentet pendant un mois l’enfant reste guéri. Mais les crises reparaissent, cependant beaucoup moins nombreuses, beaucoup moins longues et ne sont plus accompagnées de cyanose. |
Cet échec relatif ne doit pas cependant décourager et ne doit pas porter le chirurgien à s'abstenir. Il faut au contraire continuer à pratiquer la thymectomie dans des cas semblables. Cette ligne de conduite est confirmée par une observation due encore à M. Veau, où un enfant présentant des crises analogues à celles relatées plus haut, est mort subitement. Il est vraisemblable de penser que la thyinmectomie lui aurait évité cette fin brutale. Mais nous n'insisterons pas davanage, nous n'avons pas à entrer dans ces considérations. Nous avons borné notre rôle à relater ce qui à été fait chirurgicalement sur le thymus.
D. — On est encore intervenu sur le thymus dans des cas de stridor. M. Veau a opéré trois malades qui présentaient du stridor, associé à des crises-de suffocation ou à de la dyspnée permanente.
On irouve dans la littérature cinq autres observations semblables dues à Ehrhard, Kœnig, Hinrich,
Le
Schwinn, d'Œlsnitz et Prat, Seuls les cas de d’(Ælsnitz et Prat d’une part et d'Hivrich d'autre part furent guéris. Quant aux autres ils ne furent pas modifiés.
En résumé que résulte-t-il de l'exposé qui précède ? Les opérations portant sur le thymus ne sont pasrares, et l’on s’aperçoit rapidement que les insuccès se sont trouvés surtout dans les débuts de la cure opératoire, au moment où la technique chirurgicale n’était pas définitivement établie, On a pratiqué des exothymopexies, on a fait des résections sternales. on a enfin pratiqué la thymectomie subtotale sous-capsulaire
telle que l’a décrite M. Veau. Cette dernière opé-
ration est admirablement supportée par lesenfants. Les résultats fonctionnels sont excellents : les crises de suffocation sont radicalement supprimées, la dyspnée permanente d’origine thymique est aussi très améliorée. Enfin la thymectomie dans certains formes de spasme de la glotte peut rendre le pronostic moins sombre.
Cependant les résultats globaux de la chirurgie du tbymus sont amoindris par certaines faits où la technique opératoire elle-même, il est vrai, n’a rien à voir. À plusieurs reprises, en effet, le chirurgien pärti pour enlever un thymus s’est trouvé en présence d'une adénopathie trachéo-bronchique et l’on trouve à ce sujet 3 observations de M. Veau rapportées à la Société de Pédiâtrie du 21 mars 1911, où il eut trois échecs: l’auteur pensait opérer pour de l’hypertrophie thymique, alors qu’en réalité il s’agissait d'adénopathie bronchique. La vérité oblige à dire qu'il est très facile de se tromper.
Aviragnet à ce propos pense que l’on a exagéré la fréquence de l’hypertrophie du thymus aux dépens des ganglions trachéo-bronchiques. Dans une communication faite en 1911, que l’on trouve rapportée dans les
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Archives de Médecine des Enfants, il en cite plusieurs exemples avec cornage, stridor inspiratoire et expiratoire, ombres radiographiques trompeuses, matité commune aux deux lésions. Il y a là évidemment des causes d'erreur, très importantes à éviter avant d’entreprendre l'opération, et il faut s'appliquer à faire un bon diagnostic.
Si, en définitive, on cherche à juger d’une façon impartiale la question de la chirurgie du thymus que voit-on ? Chaque fois que la thymectomie subtotale sous-capsulaire a été pratiquée pour de l’hypertrophie thymique les résultats ont toujours été excellents. Les insuccès ne sont survenus que lorsqu'on opérait en: suivant une technique maintenant abandonnée, ou bien dans quelques cas où il y eut erreur de diagnostic, une adénopathie trachéo-bronchique ayant été prise pour une hypertrophie du thymus. De plus, on ne peut; pour juger cette question de la chirurgie thymique, ne pas dire que là, comme toujours, lorsqu'il s’agit d'intervention chirurgicale il y a un danger à courir, aussi minime soit-il. Pour la thymectomie ce danger réside surtout dans l'infection. La jeunesse des petits opérés, leur moindre résistance les prédisposent aux complications pulmonaires, aux broncho-pneumoniés en particulier. Et l’on verra dans le tableau qui suit que plusieurs cas de morts sont survenus aïnsi après des thymectomies qui n’avaient présenté aucune difficulté. Il est entendu, comme nous l'avons déjà dit, que cette intervention est très bien supportée par les enfants. ]l n’en reste pas moins vrai qu’aussi rare soit l'infection secondaire, il en existe des cas indubitables, et c'est là un facteur dont il faut tenir grand compte pour bien juger de la valeur de l'intervention chirurgicale.
Le tableau ci-contre résume toutes les observations