‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 101 sur 147 · AFFECTIONS KYSTIQUES, ONGLE INCARNÉ · texte numérisé non relu

AFFECTIONS KYSTIQUES, ONGLE INCARNÉ

a. injections de chlorure de zinc. — Depuis quelques années, M. Th. Anger a expérimenté avec assez de bonheur (bien que la question soit loin d'être complètement résolue) la méthode des injections de chlorure de zinc dans les kystes et en particulier ceux qui sont à contenu muqueux. Nous venons de voir, plus haut, l'application qu'il a faite de ce mode de traitement aux kystes de la glande vulvo-vaginale, il l'a étendue à bien d'autres variétés de poches kystiques. Les substances irritantes en effet, utilisées sous forme d'injections dans la grenouillette, l'hygroma, etc., échouent le plus souvent contre la résistance que le liquide visqueux, auquel on les mélange, oppose à leur diffusion. De là les méthodes plus radicales : ouverture du kyste, cautérisation à ciel ouvert qui n'offrent pas, certainement, de grands dangers, mais qui cependant peuvent exposer à des accidents.

Pousser l'irritation de la paroi assez loin pour la modifier profondément et écarter les chances de récidive, mais pas assez pour provoquer la formation du pus ; faire concourir à la résorption du contenu les modifications chimiques que son mélange avec le chlorure de zinc doit forcément y apporter, tel est le but que s'est proposé M. Th. Anger par l'emploi du chlorure de zinc.

M. Le Dentu (1) a lu un rapport sur ce mode de traitement et, tout en faisant la part des réserves que l'on doit émettre à son sujet, n'en a pas moins conclu jusqu'à un certain point en sa faveur.

Dans deux cas é'hygroma, opérés par M. Th. Anger, la guérison complète a été obtenue, en trois semaines et en quinze jours, par une injection de trois gouttes.

Dans un premier cas de grenouillette, après une injection de trois gouttes (c'est celui que nous avons observé dans le service de Dolbeau), il y eut douleur très-violente, inflammation intense de tout le plancher buccal, et guérison complète au bout de quinze jours. Mais dans un second cas de grenouillette, après l'injection d'une seule goutte, il y eut une douleur et une inflammation encore plus violente, récidive et abcès sus-hyoïdien à la suite d'une seconde injection.

. Hygromas, grenouillette, kyste muqueux du testicule, des grandes lèvres, du corps thyroïdien, peut-être même certains kystes de l'ovaire, sont autant d'affections qui seraient susceptibles d'être

(1) Le Dentu, Bull, de la Soc. chir., 8 décembre 1875.

traitées par ce moyen. Les expériences que M. Th. Anger a faites sur l'application de cette méthode, à l'hydrocèle simple, n'ont encore reçu aucune consécration : il n'est pas irrationnel, toutefois, d'admettre la possibilité de l'utilité de ce moyen.

b. ongle incarné. — Lambeau taillé, puis réappliqué. — M. Th. Anger (1) taille par transfîxion sur le bord correspondant au côté malade, mais en dehors de la partie ulcérée, un petit lambeau dont la base correspond à 2 millimètres environ en avant de l'articulation phalangienne et dont l'extrémité libre arrive jusqu'au bout de l'ongle. D'un second coup de bistouri, il fait sauter comme un copeau toute la partie de l'ongle malade jusqu'à l'os. Puis le petit lambeau est aussitôt réappliqué et maintenu à l'aide d'une petite bandelette : il entoure l'orteil d'une épaisse couche -d'ouate, la guérison complète exige de 8 à 10 jours.

(1) C. J. Dupont, Étude critique sur le traitement de V ongle incarné. Th. inaug. Paris, 1873.

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